Alors qu'une série de meurtres teinte de rouge la si belle campagne enneigée du Vercors, Édouard, dentiste, revient dans son village après la mort de ses parents. Il y retrouve Renaud, un vieil ami d'enfance, et se lie avec Anna, une jeune serveuse. Édouard pensait connaître ses parents, mais il n'est pas au bout de ses surprises... Ce séjour qui ne devait être qu'une simple formalité administrative va peu à peu glisser vers l'abîme du passé et bouleverser définitivement son avenir...
Je tiens à remercier Taurnada pour cet envoi qui nous emprisonne dans des frissons glacés. Vous aurez compris aisément que j’ai aimé la lecture de ce roman glacé. Un roman, qui dès les premières pages, m’a happé dans son monde. Je vais donc vous dire ce que j’ai apprécié dans cet univers enneigé pour essayer de vous donner l’envie de le lire et de l’apprécier.
Tout d’abord, le lecteur n’a pas tout de suite la vue d’ensemble de l’affaire mais il la découvre petit à petit, flocon après flocon. Comme le dit le résumé, lecteur que nous sommes, pensons qu’Edouard va juste signer des papiers pour le décès et l’enterrement mais chaque page, chaque chapitre renferme un rebondissement qui va donner un autre aspect et donner une autre apparence à l’histoire. L’histoire est comme un boulet de canon dévalant une pente. Au début, cette sphère démarre lentement et nous pouvons la suivre en marchant et puis, au fur et à mesure de sa descente, nous commençons à accélérer le pas, à trottiner, à courir, à sprinter. Ce qui nous apparaît comme un tragique décès devient en réalité une affaire sordide et surprenante et cette découverte est appréciée par le lecteur. Après le premier rebondissement, nous voulons – curieux que nous sommes - connaître l’intégralité de ce qu’il se passe dans ce petit village du Vercors. Ce roman joue donc sur la curiosité du lecteur. Dans le cas de ce livre, l’intrigue est justement cette curiosité inassouvie avant la lecture de la dernière page du roman. Comme vous l’avez donc deviné, cette intrigue est assez bien écrite car nous voulons savoir la suite, nous sprintons pour arriver à la dernière page et assouvir notre soif de curiosité. Pour avoir la vue d’ensemble, il faut ajouter toutes les pièces au puzzle et j’invite donc au lecteur de placer ces 204 pièces pour une histoire à vous glacer le sang. Ensuite, nous avons également la présence de deux histoires parallèles dans le roman. Ces deux histoires nous apparaissent distinctement et nous ne comprenons pas où cela va arriver par la suite et nous découvrons cela juste avant la fin. Ces deux histoires rassemblées nous donnent un goût sucré de victoire mais d’amers frissons pour la suite des péripéties, le dénouement de l’histoire. Comme je vous l’ai dit, nous ne savons pas ce que les deux histoires ont en commun. Soit je suis un piètre détective soit l’auteure a réussi ce qu’elle voulait et nous donne une interrogation en plus dans le livre. Sauf que je sais que vous êtes en train de lire cette chronique avec avidité. Je pense dès lors que je ne suis pas un mauvais détective. Ces deux histoires sont comme les lacets d’une chaussure. Au début, ils sont très distincts l’un de l’autre mais après quelques coups de main, après quelques dizaines de pages lues, ils se rapprochent pour former un nœud et c’est ce qui se passe dans ce livre. Les deux histoires se rejoignent et s’attachent par un nœud bien solide, un nœud composé d’angoisse, de vengeance et de curiosité. L’angoisse pour les personnages. La vengeance pour les autres. La curiosité pour le lecteur. Ces deux histoires distinctes sont un peu comme une plus forte poussée sur ce boulet de canon décrit dans le premier argument car notre curiosité va être encore plus grande. Nous voulons encore plus avoir la fin devant les yeux. Cela nous frustre. Nous avons les deux bouts de ficelle en main mais nous n’arrivons pas à les nouer et pourtant, quand nous arrivons à le faire avec l’aide de l’auteur, nous trouvons cela tellement simple. Encore bravo à l’auteur. Pour terminer, les personnages sont assez surprenants car quand nous croyons les connaître, tout bascule et notre avis change. Nous avons les personnages principaux mais également secondaires et au fur et à mesure que le boulet de canon dévale la pente en y arrachant l’herbe, nous voyons ce qui se cache sous la carapace des personnages. C’est encore un phénomène qui émerveillera le lecteur. Nous – en tant qu’humains – pensons toujours avoir raison mais lorsque notre illusion se brise en quelques lignes, nous sommes dépaysés et poussons un peu plus cette boule de fer vers le bas de la pente pour voir pourquoi on s’est trompé. C’est un peu comme un étudiant. Je prends cet exemple car j’en suis un. Imagions l’étudiant qui fait son job et étudie parfaitement sa leçon pour le lendemain. Il réalise son interrogation et pense avoir tout juste et il découvre qu’il a beaucoup de réponses mauvaises. Son premier réflexe est de voir où se trouvent ses erreurs et d’essayer de savoir la bonne réponse. Quand nous apprenons que notre point de vue sur les personnages est erroné, nous cherchons, comme l’étudiant, les bonnes réponses, les failles pour corriger notre test, notre point de vue. Comme quoi, les apparences sont souvent trompeuses et ce livre illustre cela. Nous trouvons que certains personnages que l’on considérait comme des victimes sont des crapules et inversement mais je vous laisse découvrir cela.
En conclusion, je recommande ce livre qui m’a emmené au bout de ces 204 pages de manière assez rapide. Il en vaut le coup malgré qu’il ne comporte pas beaucoup de pages.
Sang blanc raconte deux histoires en une. Il y a tout d’abord Cassandre, une jeune fille de Rencurel, qui décide de sortir faire la fête avec des amies. Pendant sa soirée, tout ne se passe pas comme prévu et elle finit par rentrer en voiture avec un groupe de jeunes très alcoolisés. Le lendemain, le village est sous le choc : Cassandre a été violée et tuée. Nous faisons ensuite la connaissance d’Édouard, un jeune homme qui revient à Rencurel, son village natal, pour procéder à l’enterrement de ses parents, tués dans un accident de la route. Petit à petit, des liens commencent à se nouer entre ces deux histoires par le biais d’un village commun.
J’avoue que j’ai eu grand-peine à me plonger dans ce récit. Le début était trop lent à mon goût et manquait cruellement d’action. Il m’a bien fallu atteindre la moitié (même presque les deux tiers) du livre avant d’enfin ressentir un peu de tension et de suspense. Je trouve que c’est un peu décevant pour un thriller. Certes, le livre est court, donc même une moitié se lit très vite, mais cela reste proportionnellement trop long pour moi. Bien que j’aie trouvé cette première partie trop lente et un peu plate, elle aura au moins eu l’avantage de me faire découvrir plus en détail le caractère et l’état d’esprit d’Édouard, ce qui est très important pour apprécier la suite et la fin de l’ouvrage. D'ailleurs, autant le dire tout de suite, si le début ne m'a pas convaincue, la fin a su me surprendre et me captiver.
À cela s’ajoute un problème de temporalité narrative, qui se retrouve tout au long du livre. Les chapitres sont découpés et titrés selon les jours de la semaine (donc lundi, mardi, etc.) Toute l’histoire se déroule sur huit-dix jours environ, ce qui rend incroyablement peu crédibles certains éléments. Par exemple, un matin, Édouard rencontre Anna, une serveuse, avec qui il se lie vite. Qu’ils se jettent l’un sur l’autre dès le premier soir, cela les regarde, ils font ce qu’ils veulent, c’est tout à fait crédible. Par contre, je trouve peu probable qu’il veuille emménager avec elle et tout lui donner tellement il est fou amoureux d’elle, alors qu’ils se connaissent depuis quarante-huit heures… Ce n’est pas le seul cas de temporalité qui pose souci. À un moment, un personnage dit que lui et son collègue doivent retourner à Grenoble le jeudi, et l’autre lui demande pour être sûr : « dans deux jours ? », alors que le titre du chapitre nous annonce que nous sommes samedi… Vous me direz que ce n’est pas grand-chose, mais cela a suffi à me déstabiliser et je n’ai pas pu réellement croire à la relation entre Édouard et Anna, qui du coup sonnait beaucoup trop faux dans ma tête. Forcément, une fois que j'ai eu repéré un ou deux de ces détails, je me suis involontairement focalisée dessus : ils m'ont donné une impression d'histoire précipitée et superficielle.
En ce qui concerne la plume de Noémi Krynen, elle est plutôt agréable à lire. Ses descriptions, principalement de l’état d’esprit des personnages, sont vraiment bonnes. Dommage que ce problème de temporalité m’ait empêchée de croire davantage à leurs histoires.
Mon avis sur ce livre est donc quelque peu mitigé. J’ai adoré la fin, qui est originale et cohérente, grâce à la présence de plusieurs informations cruciales glissées discrètement au fil des pages. Une fois la dernière page tournée, on prend conscience rétroactivement de l’importance de certains éléments, c’est top. De plus, l’imbrication des deux histoires fonctionne plutôt bien malgré la temporalité que je trouve précipitée et boiteuse. Malheureusement, la lenteur de la première moitié du roman et cette impression que certaines choses sonnaient faux m’ont déplu. J’ai donc beaucoup de peine à donner un avis tranché et me sens un peu obligée de prendre en compte mes différents ressentis pour le début ainsi que pour la fin de l'histoire. Je tiens à féliciter le choix du titre, dont j’avais apprécié la sonorité avant lecture et dont j’ai adoré l'image après. Je m'en suis aperçue lorsque je l’ai évoqué une fois le livre terminé et cela m’a fait sourire.
Pour résumer, Sang blanc est un livre qui n’a pas su pleinement me convaincre, mais dont j’ai apprécié la seconde moitié et le personnage principal. Quelques éléments auraient peut-être gagné à être un peu retravaillés, mais la fin, surprenante et claquante, est très bien telle qu’elle est. Je suis juste déçue de ne pas avoir été emportée dès les premières pages.
Je tiens à remercier les Éditions Taurnada de m’avoir fait découvrir cet ouvrage, ainsi que le forum A&M.
Bon, bon, bon, voici une histoire intéressante mais un peu lente à démarrer pour un petit livre comme celui-ci. Il faut vraiment attendre bien les 3/4 du livre pour avoir un peu de mouvement dans ce trou perdu du Vercors. Je dis ça parce qu'au final, j'attendais avec impatience l'action, ainsi que le dénouement et l'auteure Noémi Krynen, le fait avec brio puisqu'elle nous fait bien patienter. Du coup, l'histoire devient vachement addictive vers le milieu du livre quand certains éléments arrivent enfin, l'un après l'autre pour finalement te laisser croire que c'est peut-être ça ou pas. On devient limite détective. On mène un peu, doucement l'enquête avec Edouard qui vient de perdre ses parents dans un accident de voiture. Bien longtemps qui l'a quitté cette ville pour devenir dentiste à Paris. Alors quand il apprend cette triste nouvelle, il décide de revenir dans la maison familiale. Mais depuis son retour, les meurtres s’enchaînent. Nous suivons également une autre histoire en parallèle, une histoire qui débute dès les premières pages du livre. L'histoire de Cassandra. Deux histoires, deux polices d'écriture pour bien différencier tout ça mais qui se joignent, s'assemblent pour ne former qu'un. Alors au début, on ne comprend pas trop où l'auteure veut en venir. On capte les deux histoires, on sait qu'il y a un lien mais quoi ?! Et bien évidemment, c'est sur ça que l'auteure joue. Délicatement bien fait. Elle ne s'attarde pas sur les détails mais sur certains détails qui peuvent mettre la puce à l'oreille.
En conclusion : Un petit thriller prévisible une fois que tout est capté mais qui accroche le lecteur, même si pour moi, le début a été long à se mettre en place. J'avais d'ailleurs trouvé le personnage principal un peu fade mais il s'est vite révélé très intéressant vers la fin:)
Je recommande même si ce n'est pas un coup de coeur !!
Noémi a su me tenir en haleine du début à la fin de son livre.
Bien que le début soit un peu lent, je trouve, une fois passés les débuts, nous sommes dans un univers de souvenirs, de réflexions, de vengeance, nous menons nous aussi l'enquête au fil des pages.
Nous sommes dans le présent, mais également dans le passé, où un meurtre a été commis. Cassandre, une jeune fille en virée avec ses amies et sa soeur, est retrouvée morte, violée et assassinée par un groupe de fêtards enivrés par l'alcool et les joints. Dans le présent, ce sont plusieurs meurtres violents qui sont commis, après la mort dans un accident de voiture, des parents d'Edouard qui, après des années loin de ce village où il a grandi, doit y revenir pour les formalités suite aux décès de ses parents, et pour leur enterrement.
Une histoire bien ficelée, telle une toile d'araignée, sur fond de vengeance et de souvenirs oubliés, ainsi que de souvenirs qui remontent violemment à la surface.
Jusqu'au moment de la révélation, à aucuns moments je ne me doutais de ce qui allait arrivé, je suis vraiment une bien piètre enquêtrice. Heureusement je ne suis pas détective car je ferais faillite avant d'avoir commencé.
Une histoire intéressante, une intrigue bien menée même si le début est un peu lent... 2 histoires différentes qui finissent par se rejoindre. Un bon thriller sous forme de souvenirs aussi bien oubliés que cachés mais remontant à la mémoire, de vengeances... Je me suis prise au jeu de suivre également l'enquête avec une fin dont je n'aurai pu me douter tout au long de ma lecture. Seul petit bémol : les flashbacks peuvent parfois déstabiliser un peu car on n'arrive pas à les situer dans le temps...
L'auteure Noémi Krynen a su nous emmener dans son thriller par une écriture fluide et simple. Tous les éléments essentiels à un bon thriller sont rassemblés.