Et si traquer la vérité réveillait nos propres démons ?
1995. Un corps est retrouvé, soigneusement mis en scène. Rien d'un crime ordinaire. D'autres morts suivent, toutes marquées par des détails troublants.
Pour le commandant Victor Dufresne, l'affaire devient obsessionnelle. Derrière chaque indice, il devine un fil invisible, une histoire ancienne qui remonte à la surface. Mais à mesure qu'il approche de la vérité, il se heurte à ses propres failles...
Ce roman explore les cicatrices invisibles, les liens d'emprise et la frontière fragile entre victime et coupable.
L'histoire 1995 : le commandant Victor Dufresne, anéanti depuis la perte de son épouse, se voit confier une enquête sur un meurtre à la mise en scène troublante. Les victimes s'accumulent, toujours selon le même mode opératoire. La quête d'indices pour relier ces affaires va virer à l'obsession, poussant le policier à affronter ses propres failles.
Mon avis Une histoire en double temporalité, comme je les aime, de 1995 avec Victor aux années '80, où nous découvrons Nina, qui tente de grandir au sein d'une famille dysfonctionnelle ! Elle n'est pas non plus épargnée à l'école, où brimades et humiliations font son quotidien. Nous voguons ainsi entre les deux principaux protagonistes, luttant chacun contre ses propres démons. J'ai apprécié l'approche psychologique, notamment la ténacité avec laquelle le policier mène son enquête, suivant un lien ténu vers le passé, tel un puzzle dont les pièces s'assemblent au fil des pages. C'est une plongée dans le psychisme des différents personnages, montrant la façon dont leurs personnalités se construisent, les poussant dans des quêtes obsessionnelles que tout oppose. Les descriptions sont justement dosées, on ressent l'atmosphère pesante dans la vie de Nina, les notes olfactives sur les scènes de crime, l'exactitude contextuelle des années '80. Un bel hommage également à Daniel Balavoine... Un premier roman des plus prometteurs, dans lequel le suspense est au rendez-vous, nous tenant en haleine jusqu'au bout. L'histoire est aboutie, avec une fin inattendue, qui me permet d'espérer le retour de Victor pour une nouvelle affaire...
Quand les blessures de l’enfance façonnent les monstres d’aujourd’hui…
Avec « Obsessions », Émilie Chani signe un thriller psychologique sombre et percutant, qui explore la violence sous toutes ses formes et ses répercussions durables sur les individus. Ce roman noir interroge la mémoire traumatique, l’emprise et cette frontière fragile entre victime et coupable.
Une construction narrative en deux temps au service du suspense
Le roman repose sur une construction narrative en deux temps, qui alterne entre passé et présent, donnant, à la fois, une belle profondeur psychologique au récit et un tempo bigrement efficace !
Nina : une enfance brisée par la violence
On suit Nina depuis son enfance, marquée par la violence familiale. Elle grandit et se construit dans un climat de rejet perpétuel. Je ne vous en dis pas plus !
Pour survivre à ce quotidien, Nina se réfugie dans la littérature, qu’elle dévore depuis toujours, et dans la musique. Les chansons de Daniel Balavoine, chargées de colère et de lucidité, deviennent pour elle une forme de refuge émotionnel, une manière d’exprimer ce qu’elle n’a jamais pu dire à voix haute.
« Elle choisissait ses lectures comme on choisit une arme, selon l’émotion qu’elle voulait éprouver, la leçon qu’elle voulait retenir. »
Sa rencontre avec Valentine marque un tournant. Mais Valentine n’est pas une sauveuse, là aussi, je ne vous en dis pas plus.
Victor : un commandant de police hanté par le passé
En parallèle, le roman suit Victor, commandant de police, profondément marqué par la mort de sa femme dans un accident de voiture. Une femme qui n’a jamais été acceptée par ses parents, ajoutant une couche supplémentaire à son deuil.
Chargé d’une enquête sur plusieurs meurtres à la mise en scène troublante, Victor découvre d’étranges similitudes entre les crimes. Peu à peu, il comprend qu’un fil invisible relie ces morts. À mesure qu’il s’approche de la vérité, l’enquête vient réveiller ses propres failles et fissurer ses certitudes.
« Victor Dufresne n’était pas du genre à prendre du recul. Il fonçait, toujours. Il creusait, il fouillait, il s’acharnait jusqu’à ce que quelque chose cède. »
Des personnages complexes et profondément humains
L’un des grands points forts du roman réside dans ses personnages. Nina et Victor sont profondément travaillés, complexes, crédibles dans leurs failles comme dans leurs zones d’ombre. Aucun n’est idéalisé. Aucun n’est totalement innocent. Émilie prend le temps de creuser leurs psychologies, leurs traumatismes, leurs contradictions. On ne lit pas seulement une enquête, on entre dans des existences fracassées, façonnées par la violence, le silence et l’abandon.
Des thèmes forts, abordés sans détour
« Obsessions » explore des sujets lourds, au cœur du roman noir contemporain : la violence conjugale et familiale, le harcèlement, l’emprise psychologique, la frontière trouble entre victime et coupable.
Rien n’est survolé. Émilie ne cherche pas à choquer gratuitement, mais à montrer comment les traumatismes s’accumulent, se transforment et parfois explosent. Le roman pose une question dérangeante : à partir de quand cesse-t-on d’être une victime pour devenir autre chose ? Et cette frontière existe-t-elle vraiment ?
Un rythme rapide et une plume fluide
Malgré la noirceur des thèmes, la lecture reste fluide. Le rythme est soutenu, les chapitres s’enchaînent sans temps mort, alternant efficacement entre les deux intrigues. La plume d’Émilie est directe, précise, efficace, ce qui renforce encore l’impact émotionnel du récit.
Mon avis de lectrice
« Obsessions » est une lecture éprouvante, parfois inconfortable, mais difficile à lâcher. Ce n’est pas un simple thriller, c’est un roman qui dérange parce qu’il touche juste. Parce qu’il montre que la violence ne disparaît jamais vraiment, qu’elle change de forme, qu’elle se transmet. J’ai été particulièrement marquée par le personnage de Nina, par la façon dont la littérature devient pour elle un outil de survie, puis un élément presque ironique face à la noirceur de ce qu’elle traverse.
Faut-il lire « Obsessions » d’Émilie Chani ?
Sans hésitation oui !
« Obsessions » est un thriller psychologique intense, sombre et profondément humain, porté par des personnages forts et une réflexion exigeante sur la violence et ses conséquences. Un roman qui laisse une trace durable et qui s’adresse aux lecteurs amateurs de romans noirs psychologiques qui n’ont pas peur de plonger dans les zones les plus sombres de l’âme humaine.
« Une nuit, alors qu’elle tentait de trouver le sommeil malgré la faim qui lui nouait l’estomac, elle se fit une promesse : un jour, elle ne dépendrait plus de personne et elle ne laisserait plus jamais personne lui marcher dessus. »
Un grand merci aux Editions Taurnada pour cette lecture.
« La vie ne m'apprend rien. J'aimerais tellement m'accrocher, prendre un chemin. Prendre un chemin… » Comme il a raison Balavoine, ange gardien de Nina. On dirait qu’il parle d’elle dans cette chanson : Nina qui cherche ce chemin, celui d’un bonheur. Elle qui a vécu dans le silence de la violence étant enfant. Celle de son père infligeant la gifle de trop à sa mère. Celle des ados qui l’ont malmenée et insultée. Et puis adulte, celle des hommes qui ressemblaient à son père…
Jusqu’au jour où tout bascule, une prise de conscience, une rencontre qui va métamorphoser cette jeune femme fragile en femme fatale. Mais ces blessures refoulées de son cruel passé ne la mèneront-elles pas à franchir un seuil plus dévastateur ?
Des meurtres d’une précision machiavélique, une mise en scène troublante et constante, l’enquêteur Victor Dufresne pense qu’un tueur en série sévit depuis quelques années. Lui, l’électron libre, ira à contre-sens de sa hiérarchie pour prouver l’existence de ce meurtrier. Lui, dont la vie est brisée, a peut-être trouvé une raison de revivre.
Nina, Victor… Deux âmes brisées qui vont se croiser dans cette histoire sombre et sanglante où la mort ne sera qu’obsession.
Premier roman d’Émilie Chani, OBSESSIONS est un très bon thriller psychologique, assez addictif et surprenant. Surprenant dans sa construction avec cette description ciselée et puissante sur les conséquences des actes violents du passé sur une personne. Ne vous attendez pas à des courses-poursuites ou des recherches scientifiques pour résoudre l’enquête, Émilie capte notre attention essentiellement en ciblant les pensées et les comportements troubles de ses protagonistes. Et elle y arrive aisément avec une écriture fluide, forte. J’ai été impressionné par la subtilité avec laquelle l’autrice arrive à nous faire passer d’une émotion à une autre : empathie, rejet, dégoût,… Dialogues entre les acteurs ou moments introspectifs, Chani nous plonge constamment dans l’esprit des personnages rendant la trame intéressante et questionnante. Ce livre est l’exemple parfait du roman où l’on peut décrypter les failles psychologiques d’actes traumatisants et leurs séquelles sur l’être humain. Une très belle surprise que ce premier roman, Madeleine de Proust pour les fans des années 80. Une lecture courte, accrocheuse, aux personnages hyper-travaillés et attachants. Seul bémol pour moi (et même si je sais que la quintessence de l’intrigue est d’ordre psychologique), je n’ai pas été surpris par la fin. Très aboutie au demeurant, mais il me manquait ce petit plus en tournant la dernière page. Ce qui n’empêche que je suivrai attentivement cette autrice, déjà très mature au niveau psy et qui va certainement plaire à énormément de lecteurs de polar/thriller.
Dès les premières je dois dire que j’ai happée par la plume de l’autrice tout en devinant que je plongeais dans une histoire dont je ne ressortirais pas indemne. Dans son premier roman, Émilie Chani s’intéresse avant tout aux mécanismes de l’obsession, aux traumatismes enfouis et à la façon dont le passé façonne, parfois violemment, les individus. C’est un roman sombre, parfois dérangeant, mais toujours très bien maîtrisé.
J’ai particulièrement apprécié la profondeur de l’ensemble des personnages. Imparfaits, tourmentés, souvent plus que moralement ambigus. Rien n’est jamais simple ni manichéen, et c’est précisément ce qui rend la lecture prenante. On sent une vraie volonté de comprendre plutôt que de juger, ce qui apporte une dimension presque introspective au récit qui nous pousse à nous aussi nous poser des questions sur certains sujets. Et en parallèle de cela, le roman continue à nous déranger de par les événements qui se déroulent, les secrets dévoilés..
L’ambiance est lourde, oppressante, dérangeante et l’autrice sait installer une tension durable sans avoir besoin d’en faire trop. Certains passages prennent leur temps, d’autres se déroulent plus rapidement, mais cela servait totalement l’atmosphère et notre immersion dans l’histoire. Tout était calculé, maîtrisé, nous rendant incapable de poser le livre tant on veut en savoir plus, sur les secrets, sur l’enquête, sur les personnages en tant que tels, sur les liens qui commencent à se tisser entre tout les éléments présentés.. enfin bref c’était un rythme aussi addictif que dérangeant tant nous plongeons dans une noirceur dont on ne connaît pas la fin ni la limite. On n’est pas sur un thriller qui va à toute vitesse, mais sur un roman qui s’installe et s’infiltre, à nos risques et périls.
Je ne peux donc que fortement conseiller ce roman que je trouve épatant de par la plume de l’autrice, les thématiques abordées et la noirceur persistante dans ce roman qui ne peut absolument pas laisser indemne.
J’ai été happée dès les premières pages, "Obsessions" t'attrape et ne te lâche plus! C'est une lecture immersive, dérangeante parfois, mais impossible à poser.
Dès le départ, le ton est donné : « Et si traquer la vérité réveillait nos propres démons ? » 1995. Un corps est retrouvé, soigneusement mis en scène. Rien d’un crime ordinaire, très vite, on comprend que ce ne sera pas juste une enquête de plus. Pour le commandant Victor Dufresne, l’affaire devient obsessionnelle ... et pour le lecteur aussi.
La plume de l'auteure est percutante et sensible à la fois. Elle va droit au but, mais avec une vraie finesse émotionnelle.
La double temporalité est brillamment maîtrisée. Passé et présent s’alternent dévoilant peu à peu les zones d’ombre. Et quelles zones d’ombre… Le roman aborde des thèmes lourds mais essentiels : violences conjugales, harcèlement scolaire, emprise, manipulation, ces mécanismes invisibles qui enferment et détruisent lentement.
Voilà un thriller psychologique intense, intelligent, parfois profondément inconfortable mais tout est parfaitement maîtrisé. La construction est subtile, les personnages fouillés, complexes, crédibles. Et ce final… aussi brillant qu’inattendu!
Mention spéciale pour l’hommage à Daniel Balavoine, cité à plusieurs reprises dans le roman. Un clin d’œil d’autant plus marquant quand on sait que le roman est sorti le lendemain du 40ᵉ anniversaire de sa mort.
Obsessions est un premier roman, et c’est clairement une réussite. Une auteure à suivre ...
J’ai accroché dès les premières pages. La plume est incisive et immersive.
Nous plongeons dans les années 80/90. Nina grandit dans une famille dysfonctionnelle, sans amour, et subit le harcèlement scolaire. Rejetée de tous, elle devient une adulte cabossée, marquée par ses traumatismes. Victor, flic, enquête sur une série de meurtres qu’il sait liés entre eux ; des scènes trop propres, trop ritualisées pour être innocentes.
Je me suis laissée porter par ce retour vers le passé, les références sont justement dosées (la mode, la musique, des objets qui ont marqué mon enfance) pour une immersion immédiate. C’est aussi le reflet d’une autre époque, où la police ne disposait pas encore des avancées scientifiques actuelles, où l’ADN et les profilers n’étaient pas encore au cœur des enquêtes.
Je me suis posé mille questions sur Nina et Victor pendant toute ma lecture. Leur psychologie, leurs failles, leurs traumatismes. Qui est vraiment qui ? Faux-semblants, bourreau/victime, vengeance…l’atmosphère est lourde, pesante. Les personnages sont en souffrance, et on sait que ça finira mal sans savoir quand ni comment.
Finalement, je me suis laissée embarquer dans une théorie et j’ai eu tout faux !
« Obsessions » est un premier roman prometteur d’Emilie Chani. Elle a une plume agréable à lire, elle arrive à créer une ambiance particulière, à rendre ses personnages touchants et réalistes. Elle nous propose des thématiques intéressantes sans jugement et elle a plutôt bien rythmé ses enquêtes. La seule chose que je regrette dans ce livre, c’est le manque de duels, de tensions et de manipulations entre les personnages. C’était le récit parfait pour embrouiller tout le monde, quitte à laisser une fin ouverte et qu’on ne sache jamais qui a commis ses meurtres, mais l’auteur est resté un peu timide sur ce point. Je lirai néanmoins son prochain roman avec plaisir, il y a déjà une très bonne base !