Dernier rejeton de l'illustre famille Morelli, aujourd'hui en pleine décrépitude, fils bâtard, Narcès veut percer le mystère de la mort de sa mère, survenue dix ans plus tôt. Cette recherche de la vérité l'amène à retracer, grâce aux rumeurs, aux archives de la famille et, surtout, à la mémoire d'un domestique, Absalon, non seulement l'histoire de sa famille mais aussi celle d'une société massacrée où rien n'a changé depuis quatre siècles. Haïtien exilé à Montréal, Emile Ollivier s'interroge sur l'exil, la solitude et la culpabilité face à la " Mère " : Haïti.
Ce roman, d’un auteur de la diaspora haïtienne, qui s’inspire de l’histoire familiale d’Ollivier du côté maternelle, retrace l’histoire d’une famille dans un village fictif. J’ai eu de la difficulté à embarquer dans ce roman où je n’arrivais pas à démêler les nombreux personnages de cette saga familiale, au récit non linéaire. Mais j’ai persisté et j’ai été récompensée à la fin. Au-delà des périodes historiques qu’il décrit en trame de fond, ce monde fictif évoque l’oppressif régime des Duvalier.
Quelle écriture, riche en descriptions imagées! On voit, sent et entend la pauvre Haiti, la vie à Trou Bourdet. Un roman avec des bribes de réalisme magique qui ne laisse pas indifférent puisqu'il rend compte des horreurs de la dictature mais aussi celles du passé. La famille Morelli bien que choyée financièrement n'échappe pas à la répression - le personnage central du roman est Nacès Morelli, élevé par son oncle et sa tante, qui cherche à savoir ce qui est arrivé à sa mère. Touchant, complexe et émouvant.
Je pense que j'en ai manqué des bout. Il y a certaine paries que j'ai trouvées formidables, mais j"étais souvent perdue dans l'histoire. Superbe écriture.