« Hier j'ai eu dix-neuf ans, mais il y a sous mes mains cette nuit une femme qui se met à exister dans ma chambre, bavarde et vieille. Elle descend le clavier comme un escalier d'honneur. Une femme très âgée qui parle et me survivra. C'est moi. »
Paris sous l'Occupation. Claire attend son chef de réseau, dont le retard laisse présager le pire. Elle devrait quitter l'appartement. C'est la règle. Mais elle reste et tape à la machine, inventant sa vie avec cet homme qu'elle aime en secret : les baisers sur les toits, l'amour fou, les enfants, la mer, la vieillesse heureuse, et tous les miracles ordinaires d'un temps de paix. Dans l'urgence de cette nuit où l'existence ne tient qu'à un fil, Claire se sauve par les mots et crée sur le papier l'espace d'une vie entière.
Habitué des récits au long cours – Tobie Lolness, Vango, Alma –, Timothée de Fombelle célèbre ici en quelques pages virtuoses la toute-puissance de l'écriture et de l'imaginaire.
Toute la puissance du récit de Timothée de Fombelle prend vie grâce à la finesse d'Edith Proust, incarnant à merveille la rêverie d'une héroïne qui, en une seule nuit, rêve toute une « vie entière».
As a child... Timothee de Fombelle was born in the heart of Paris in 1973, but often accompanied his architect father on his travels to Africa. Each summer his family left for the countryside (the west of France), where the five brothers and sisters lived like wild horses, making huts in the trees, playing in the river and losing themselves in the woods. In the evening they performed plays for their parents and devoured the books in the library. Childhood remains for him the lost paradise which he re-discovers through writing.
As an adult... After becoming a literature teacher, Timothee taught in Paris and Vietnam before choosing the bohemian life of the theatre. Author of a dozen plays, he writes, designs, builds sets and directs the actress he admires the most, his wife Laetitia. They have a young daughter, Jeanne Elisha, who already loves climbing trees. Toby Alone is his first novel and has already been translated into 22 languages.
As an artist... Passionate about books and theatre, Timothee has been writing since he was young. The stage has been his testing ground but it is life, with its joys and trials, which inspires his real work. A great traveller, Timothee recognises that the writing of Toby Alone has been his best journey so far.
J’aurais tant voulu aimer d’avantage ce court roman…qui réunissait de nombreux thèmes qui me sont chers (l’évasion par le récit, la force de l’imagination, la survie par les mots, etc.) !
Si je trouve absolument sublime et d’une profonde humanité l’idée d’inventer la suite de sa propre vie comme un dernier acte de résistance, d’évasion et de survie, je suis pourtant resté trop en retrait de cette histoire.
Je ne saurais pas vraiment dire si c’est du à la formulation de certaines phrase, un peu décousues, ou au court format de ce récit qui aurait rendu plus difficile de s’attacher aux personnages…
Je sais que beaucoup d’amis libraires ont eu un vrai coup de cœur pour ce texte, ce qui me rend encore plus déçu de ne pas l’avoir autant apprécié, dommage !
sur le papiers c'est touchant, mais rien me m'ancre au récit. Je n'ai rien ressenti à la lecture de ce texte. L'exercice pas si bien réalisé ? Peut-être que c'est moi jsp
Moins de cent pages pour une vie entière, pour les joies, pour les peines et les espoirs, pour tous ses petits riens qui composent une existence. Une nouvelle qui se lit comme un poème, et où l'on termine les larmes aux yeux.
Il n’y a pas un mot de trop dans ce court roman. Timothée de Fombelle pousse l’art de l’épure à son apogée et pourtant il y a toute l’intensité d’une vie. De l’amour, du danger, des rêves, des espoirs. Une belle prouesse !
J’aime beaucoup Timothée de Fombelle en tant qu’auteur jeunesse. J’étais curieux de le lire en tant qu’auteur pour adultes. Il est ici question d’une résistante qui attend son contact dont elle est amoureuse, sous l’Occupation. Elle imagine le futur qu’elle pourrait mener avec lui (d’autant plus improbable que son retard laisse présager le pire) et se souvient d’éléments de sa jeunesse. J’ai trouvé les phrases plutôt belles et joliment rythmées. J’aime le concept des aller-retour présent, passé, futur potentiel. Objectivement tout était là pour un gros coup de coeur, d’autant que ça se lit d’une traite ce qui plonge le lecteur dans le livre. Mais pourtant je suis un peu resté à côté. Je crois que les aller-retour étaient trop rapides pour que j’ai le temps de complètement accrocher. Sans que ça soit mauvais, loin de là, les premières pages m’ont suffisamment surpris pour que je m’attende à être plus touché, ce qui n’a pas été le cas. Mais une bonne lecture malgré tout
Petite larmichette dès le résumé. C’est court et très beau, l’auteur n’en fait pas trop, il suscite l’émotion par des petites phrases percutantes, et sauve le lecteur de la déprime absolue non pas par le biais de l’espoir mais par la beauté des images qu’il évoque, aux contours suffisamment flous pour paraître universelles.
Se projeter dans toute une vie, être parée de souvenirs pas encore advenus alors même que tout peut s’effondrer. L’imagination et l’écriture pour marquer les esprits, un peu.
Claire, 17 ans, tape à la machine. Dans un Paris occupé par les allemands, elle vit seule dans son appartement, attendant la visite de Blanche. Blanche, qui vient lui dicter des textes destinés à la résistance. Mais il est en retard, elle craint de ne jamais le revoir, regrette de ne pas lui avoir dit qu’elle l’aimait. Alors Claire imagine la suite. De sa propre vie. De leur vie à deux. Avec les enfants, les vacances en bord de mer, et la vieillesse heureuse qui viendra conclure leur histoire. Mais il y a aussi le présent de Claire, la clandestinité, les membres du réseau qui tombent les uns après les autres. Elle sait que son tour viendra. Mais cela ne l’empêche pas de se rêver un futur meilleur. Un micro-roman (à peine 80 pages) qui laisse paradoxalement une impression de grande ampleur. Le tour de force de l’auteur est de condenser une vie entière en si peu de mots. L’économie de moyens n’empêche pas une véritable ambition littéraire. On alterne entre le présent vécu et l’avenir rêvé de Claire sans transition ni connecteur logique, et pourtant tout reste limpide. La jeune femme se projette vers un futur fantasmé, elle se crée “des souvenirs d’avance” pour fuir l’insoutenable réalité. Ce faisant, elle célèbre l’imaginaire avec urgence et douceur, écrivant cette vie qu’elle n’aura pas, à la fois pour tenir face à l’instant présent et se projeter vers un ailleurs aussi hypothétique que radieux. Une ode à la résistance intime.
J'ai vu il y a quelques jours En haut des marches de Paul Vecchiali, j'ai eu ce même sentiment de « histoire passée, racontée par une femme », mais en mode « bonne interprétation ». En vrai, j'ai eu le sentiment de lire un roman écrit par une femme, mais par quelqu'un qui les as lu, les a interprétées, imitées, réfléchies et a tenté un TRUC. On sent l'exercice de style, l'envie de faire quelque chose de profond, de tragique, une histoire de jeune femme amoureuse d'un z'homme, dans un moment intense de l'histoire (l'Occupation c'est parfait pour ça, mais c'aurait pu être tout autre moment de l'histoire moderne que ça n'aurait rien changé). Sauf que les phrases courtes percutantes c'aurait marché peut-être il y a 40 ans, écrit par une femme qui a vécu, maintenant ça fait suranné mais surtout réinventé. Une imitation incroyable, qui sent l'imitation, goûte l'imitation et qui fait imitation. Cela dit, je comprends le côté "wah" avec pathos un peu faciles de "tout est une citation", mais du coup... la pauvre écrit à la va-vite, à 17 ans, son histoire de vie et fait un enchainement de citations ? Huh. Je sais que c'est l'âge des citations, mais censément un peu pressée et réalité terrible, peut-être que y a pas le temps de pondre 80 pages de niaiseries. J'honore la qualité de l'écriture, mais j'ai du mal, de mon côté à sentir quelque chose de vrai, plus un patchwork.
76 pages pour dire tant de choses... Claire attend son contact dans son petit logement. Dactilo elle tape ce qu'il lui dicte, des tracts, des journaux de résistant. Cette nuit il est en retard. Elle devrait fuir, c'est la règle. Mais elle reste. Et commence alors une expérience d'écriture bouleversante, tendue et libre. Claire écrit sa vie après la guerre, cet homme qu'elle aime en secret, l'avant et surtout l'après. Les enfants, les premiers baisers, la vieillesse à deux. Elle s'évade grâce à l'écriture. Cela dure une vie. Cela dure quelques heures. Cela dure jusqu'à ce qu'on vienne l'arrêter. C'est rempli de phrases qu'on a envie de recopier sur des bouts de papier, pour les relire ou les offrir..
Ou comment raconter et inventer une vie en quelques pages. De Fombelle manie à la perfection les mots et les temps, entre imparfait, futur et présent, il décrit tout avec une vivacité et un attrait émotionnel infinis, tout en restant vague et imprécis. Ce qui sert le récit, c’est cette poésie, cette façon unique de raconter l’histoire en la suggérant, en la faisant passer en second plan de celle qu’on imagine.
Mais ce qui sert le roman, le dessert également. Il était un peu trop court, un peu trop vague. Mais je ne pense pas qu’un changement dans ce sens là aurait été bénéfique. C’est un exercice de funambule qui est tout de même très très bien réussi.
Claire est amoureuse mais ne reverra sûrement jamais celui qu’elle aime en secret. Alors elle imagine sa vie avec lui.
« J'ai des souvenirs d'avance, serrés à l'intérieur, roulés ensemble. Tout est déjà là. Le bout de la laine entre les dents, la pelote sur mon cœur. Et je la jette loin devant. »
« Je peux décrire chaque instant de ce qui n'existera pas, la tiédeur de la brique, le vertige là-haut, au-dessus du monde, le goût du vin dans sa bouche, les mots, la nuit blanche, l'averse qui nous chassera du toit avant l'aube. Je peux écrire sans rien avoir connu. »
Paris sous l’occupation. Claire attend son chef de réseau, dont le retard laisse présager le pire. Elle devrait quitter l’appartement. C’est la règle. Mais elle reste et tape à la machine, inventant sa vie avec cet homme qu’elle aime en secret.
Récit poétique, trop poétique j’ai pas tout compris. Peut être que je le lirai un jour hein
Toujours la poésie de Timothée de Fombelle, toujours une douceur infinie. C'était beau à lire et c'était doux. Toutes ces vies imaginées pour eux, tout ce qu'elle aura espéré pour eux, mieux que ce qu'ils ont eu. J'ai beaucoup aimé cette belle façon de nous offrir le récit de l'occupation.
J’avoue, je suis passée à côté de ma lecture. J’ai trouvé l’idée très intéressante et la plume très belle et poétique, mais je suis restée hermétique à l’histoire et honnêtement, j’ai l’impression que c’était indispensable de lire la 4e de couverture pour bien comprendre l’histoire.
Comment écrire une vie entière quand on n’apas vingt ans? Car le temps vient à manquee et qu’il faut dire au monde l’amour et les rêves qui s’évanouissent. 👏👏👏