Je pense ne pas me tromper en disant que la plupart d'entre vous connaissent Éric Fouassier grâce à sa toute dernière série, ℒ𝑒 𝒷𝓊𝓇𝑒𝒶𝓊 𝒹𝑒𝓈 𝒶𝒻𝒻𝒶𝒾𝓇𝑒𝓈 𝑜𝒸𝒸𝓊𝓁𝓉𝑒𝓈. Pour ma part, j'ai voulu remonter à la source et, avant toute chose, découvrir l'auteur à travers ces deux romans, publiés respectivement en 2009 et 2011, et republiés cette année, revus et corrigés.
Et c'est pour une simple et bonne raison que je publie un seul post pour ces deux romans : tous deux se valent par le style, qui est à l'image du titre de chacun, et par l'intelligence narrative, bien que l'approche soit différente.
Si, pour illustrer mes propos, je devais comparer le premier tome à l'oeuvre d'un auteur à la renommée planétaire, ce serait Dan Brown. En effet, hormis l'absence de quête ésotérique, nous avons un cadavre découvert dans un lieu emblématique, le Panthéon, et un poème épinglé sur sa poitrine, qui s'avère être en fait une énigme mathématique et dont la résolution mène à un nouveau cadavre. Mais toute ressemblance s'arrête là. Éric Fouassier a un style qui lui est propre. Et c'est justement ce style, où calembours et contrepèteries se jouent de la langue française, qui insuffle au récit sa dynamique.
Quant au deuxième tome, Éric Fouassier prouve qu'il a plus d'un tour dans son clavier : si le style demeure inchangé, le ton donné au récit est tout autre. On commence d'ailleurs par la fin, avec un parfum d'antan, et ce n'est pas le protagoniste qui dira le contraire. En effet, on le retrouve chez lui, immobilisé par une jambe cassée, à l'instar de James Stewart dans le célèbre thriller d'Alfred Hitchcock, « Fenêtre sur cour ». Si, toutefois, il n'assiste pas à un meurtre, de sa fenêtre, il nous ouvre pourtant une fenêtre sur les événements qui l'ont mené à se retrouver cloitré – et quels événements ! L'auteur nous emmêle les pinceaux tout du long ; alors que l'on pense voir finalement le tableau dans son entièreté, voilà que les couleurs des sous-couches prennent une tout autre teinte et que ce que l'on pensait être n'est plus, tout en prenant tout son sens.
Bref, bien que l'intrigue de chacun de ces deux tomes soit menée différemment, ne serait-ce que par la construction narrative, elles n'en sont pas moins menées en main de maître. Je ne saurais vous dire lequel des deux j'ai préféré.