La science-fiction est un genre populaire, en particulier grâce au cinéma. En dépit de ce succès, ou à cause de lui, elle est restée marginalisée, voire méprisée par l'institution littéraire. Déjà, Jules Verne, le créateur du genre, n'était guère pris au sérieux par ses contemporains. La science-fiction mérite mieux que cette condescendance, car, au-delà du divertissement, les aventures extraterrestres, le voyage dans le temps et les sociétés imaginaires confrontent le lecteur ou le spectateur aux grandes peurs de l'homme : l'autre, la mort, l'avenir, l'inconnu. Ce livre tente d'abord de définir la S-F, d'en fixer les frontières, d'en expliquer les origines et l'évolution. Puis il explore les grands thèmes que sont la conquête spatiale, les intelligences artificielles ou les utopies, afin d'en dévoiler l'arrière-plan politique, historique, philosophique et social. Toutes les formes sont abordées : littérature, cinéma, bande dessinée, séries télévisées, arts graphiques... On trouvera en annexes une imposante bibliographie-filmographie, ainsi qu'une présentation des grands maîtres du genre.
Bon essai sur le genre, malgré son pessimisme à propos de la qualité des oeuvres des deux dernières décennies du 20ème siècle.
La première section est, selon moi, la plus intéressante, là où il est question de définir le genre, de le confronter aux genres proches (fantasy, fantastique, etc). La section historique est aussi intéressante. Par contre, le corps de l'oeuvre est constitué d'un panorama des différents thèmes chers à la science-fiction. Pour certains, on refait l'évolution historique, alors que pour d'autres, tout est pêle-mêle, malgré le désir de faire ressortir une chronologie, une évolution. L'exercice n'est pas toujours un succès et, parfois, les conclusions semblent précéder l'étude, alors elles ne sont pas très bien liées à la description les précédent.
Néanmoins, le livre permet une réflexion sur le genre et a le mérite de ne pas se limiter à la littérature, mais à toucher - même si c'est assez sommaire - à la BD, au cinéma et à la télévision. Notons tout de même des tendances nettes chez les auteurs, qui affichent des choix parfois plutôt arbitraires (Brian Aldiss est surreprésenté. Et pourquoi autant de référence à Star Trek Voyager, non mais POURQUOI? alors qu'il n'y a AUCUNE référence à Doctor Who dans toute la section sur le voyage temporel???). Le tout laisse aussi l'impression que les auteurs ne sont pas allés au-delà de ce qui a été traduit. Ce qui peut se comprendre, mais devient frustrant parfois.
Donc: un bon petit panorama pour se donner une idée de toute la polyvalence et la multiplicité de la science-fiction et pour entamer certaines réflexions sur le genre.