Dominique Demers raconte sans ambages les années qui ont suivi son diagnostic de cancer du sein. Nous nous rendons à l’hôpital dans les dédales de notre système de santé d’une inefficacité effarante, rencontrant avec elle, au passage, des médecins et infirmières tantôt empathiques, tantôt bêtes et dépassés. Nous apprenons les quelques épreuves qui, selon elle, auraient donné naissance à Igor, cette masse indésirable détectée au hasard, lors d’une nuit de fièvre. Nous découvrons aussi la défaite de sa mère contre cette vilaine maladie, qui met au jour tout le chemin parcouru par la pratique médicale depuis 30 ans. Ce récit autobiographique rappelle l’urgence de vivre sans ne rien remettre à plus tard. C’est un éloge sans prétention au positivisme, à la générosité humaine et à la liberté ainsi qu’un texte presque politique qui appelle à la révision du système de santé québécois. J’ai aimé la plume franche, spontanée et près de l’oralité de l’auteure. J’ai reçu ses propos comme des confidences, ce qui, faut-il l’avouer, m’a permis de verser quelques larmes.