« Avant d’apprendre la profession de son père, j’étais prêt à me damner, à devenir daltonien. À inventer de l’iris vert dans le bleu de son regard ! J’étais prêt à tout accepter, tout admettre. Tout mais pas un militaire ! Pas un officier ennemi alors que les frères se battent, les mains presque nues, face à une puissance surarmée ! Au maquis ou en prison, ils meurent par dizaines depuis quatre ans, pour reconquérir notre dignité bafouée. »
Algérie, la guerre d’indépendance couve. Salim, un jeune garçon du douar, rentre à l’école et s’éveille aux autres, à ses désirs, ses révoltes et à ce déchirement qui le gagne inexorablement. Tel est le propos de ce roman d’apprentissage qui répond autant à l'exigence d’une mémoire personnelle qu’au souci de célébrer l’amour de vivre dans un pays en proie au fracas de l’histoire.
Tes yeux bleus occupent mon esprit a reçu le prix Maghreb de l'Association des Ecrivains de langue française (Adelf) 2007.
Un magnifique roman de la littérature algérienne de la mémoire coloniale. À travers les yeux de Salim, on grandit avec lui dans une Algérie profondément marquée par plus d'un siècle de colonisation. C'est un récit à la fois tendre, poignant et profondément humain, où l'intime se mêle à la grande Histoire.
Et cette fin... Je ne m'y attendais pas du tout. Ce petit retournement a complètement changé ma perception de tout ce que j'avais lu jusque-là, au point de me donner envie de reprendre le roman depuis le début.
Je trouve dommage que ce livre soit si peu connu. Pourtant, il a reçu le prix Maghreb-Afrique méditerranéenne de l'ADELF en 2008 et mérite, à mon sens, d'être beaucoup plus lu.