Le bruit assourdissant que font les statues qu'on déboulonne et qui tombent de leur piédestal. Abbé Pierre, contre-enquête, celle qui débunke le saint, l'icône. Tout le CV revu à l'aune de ses méfaits sexuels. Tout le monde savait, depuis le début, mais tout le monde s'est tu. Personnalité excessive, exaltée, malade physiquement et psychiquement, dont on peut se demander s'il n'était pas maniaco-dépressif (bipolaire dit-on aujourd'hui), profitant de son statut d'icône pour agresser les faibles et démunis qui constituaient son fond de commerce, par ailleurs très mal géré comptablement et juridiquement. Une leçon : gardons-nous des 'saints', des êtres exceptionnels, et évitons de porter l'encens (ce que font les thuriféraires), pratiquons le scepticisme : tous les êtres humains sont faillibles, peut-être encore plus ceux qui cherchent leur salut dans une illusion, comme aurait dit Freud. Il reste son oeuvre charitable, sa seule postérité qui continuera sans son nom, et dont nous n'aurions pas besoin si nos sociétés avides pratiquaient la simple justice sociale.