Roman magnifique, touchant et tragique écrit avec une plume superbe.
- « L'ancienne Jenina d'El Djezair, plusieurs palais, de rares mosquées ottomanes si raffinées, plus d'un quart des monuments du centre d'Alger a disparu pour donner cette surface plate, cette place d'armes à la française, face à la mosquée el Ketchaoua devenant leur cathédrale ! Cette rapidité, cette efficacité barbare dans la destruction m'a toujours laissé pantois. »
- « -Je n'ai jamais su, quand j'écoutais ce jargon, si ce mot qui a fleuri ici avec l'indépendance, ce terme de « responsable » était venu de l'arabe (el Mes’oul) et avait été traduit ensuite en français... auquel cas, l'abus de sens est dans le français car el Mes'oul devrait être traduit par « celui qu'on interroge», ce qui suppose dialogue, parole de part et d'autre, ce qui signifie que ce mes'oul a à répondre à un questionnant, à dire, certes, ce qu'il peut savoir... mais pas à décider, lui, et surtout pas, au nom des autres. »