Au départ, il y a ce secret que tu me confies, ton histoire de douleur. Puis l’enquête que je mène, à la rencontre d’un neurologue à la Pitié-Salpêtrière, d’un enfant qui hurle dans un bus et de jumeaux qui naissent en Californie. Et puis c’est le vertige : celui de nos troubles et de nos addictions contemporaines, comme celui de l’attention portée à nos remèdes et à nos façons nouvelles d’aimer.
Ce que l’on conçoit bien s’énonce clairement, Et les mots pour le dire arrivent aisément. (Boileau, des fois, ça fait du bien.)
Je passe donc sur la forme. Pour le reste, ce qui est certain c'est que l'autrice est totalement subjuguée par son propre esprit et qu'elle voit de l'universel dans la moindre de ses pensées. Malheureusement, elles sont souvent bêtes (record total dans le chapitre sur les générations et les civilisations) ou enfoncent des portes ouvertes. Parfois, j'admets, une phrase bien troussée m'a fait sourire.
Ce livre est juste parfait. Il y a tout dedans ! A la fois autobiographie, humour, drame, amour, roman... C'est magnifique la façon dont l'auteure parle. Ça part un peu dans tous les sens, comme ses pensées que l'ont suit à travers tout le livre. C'est un livre difficile à qualifier : à la fois une ode aux morts, à l'analogie, à l'amour et surtout à la douleur. Il n'y a pas de tabou, c'est beau. Une nouvelle forme de littérature, si avant/gardiste. J'adore.
Un peu labyrinthique, un peu décalé, un livre qui papillonne entre ses sujets (douleur(s), amour(s) et allers-retours) et qui mérite qu'on ne fasse pas de même avec lui (ce que j'ai malheureusement fait, me faisant perdre le fil plusieurs fois). Je n'ai jamais rien lu de semblable, et je trouve que le sous-titre "roman sans histoire" lui va à merveille. Je n'avais, non plus, jamais rien lu en (auto)fiction d'aussi recherché sur la douleur, avec de nombreuses références et autant de récits. C'est une pépite sur ce point, même si pas un coup de cœur par ailleurs.