Souvent, quand on traîne devant la télé en mangeant des tartines, je m’empêche de roucouler " mais que tu es belle". Si je lui dis qu’elle a un cou de cygne et des yeux de faon, elle s’en fout, elle ne me croit pas. Et moi, je suis persuadée d’avoir fabriqué ce qui se rapproche le plus d’un mélange entre la fée Clochette et un soliflore en cristal. Mais voilà, personne ne m’avait expliqué qu’en grandissant, la gosse me regarderait de haut et de travers. Elle se crispe quand je corrige sa grammaire, souffle quand je lui demande de se-coucher-il-est-tard, se lève si je parle pendant le film. Je crois que parfois, elle me trouve un peu conne.
Nadia Daam élève seule sa fille adolescente, et c’est toute une histoire. Son humour féroce révèle les contradictions qui traversent notre époque – et nous avec.
3,5⭐️ - « Ça me scandalise, parce que si j’avais eu un garçon, j’aurais juste eu à lui dire de foutre la paix aux filles saoules, sinon je lui casse la gueule. Si j’avais eu un garçon au sujet de l’alcool, j’aurais eu à l’éduquer et pas à le prévenir. Et donc à m’inquiéter. Ce qui est foutrement ironique, parce que je n’ai jamais autant bu que pour envoyer valser l’inquiétude . » -P.46