Il nous arrive d’entendre cette formule : nos politiques ne sont pas à la hauteur. C’est évident dans le cas de l’écologie, puisque rien ou si peu n’est fait par le gouvernement pour enrayer la machine infernale. Mais sa responsabilité, tout comme celle des multinationales et du fameux 1 %, n’est (presque) plus à prouver.
Clément Sénéchal s’attèle ici à comprendre les autres causes, plus discrètes, qui conduisent l’écologie politique à l’échec : celles qui s’enracinent dans son propre camp. Structurellement, l’écologie, fruit de l’environnementalisme, s’est constituée comme une cause des élites. Dès les années 1970, ses militants, les ONG et certains politiques ont fait d’elle un objet de lutte pour privilégiés, morcelable, négociable et, surtout, profitable. Et, ce faisant, ils et elles ont réduit la lutte à une mise en scène, une morale abstraite, éloignée des citoyens et des citoyennes.
Ces acteurs de l’écologie B.C.B.G., s’ils ne cessent de marteler les constats scientifiques, se montrent nettement moins diserts sur leur propre échec. Pour construire les victoires de demain, il est pourtant nécessaire de regarder les impasses de cette « écologie du spectacle » bien en face. Un essai fort, qui pose enfin des mots sur une évidence politique.
Diplômé de sociologie et de philosophie politiques, expert des enjeux climatiques, Clément Sénéchal a été porte-parole dans une grande ONG environnementale pendant plusieurs années.
J'ai adoré cette lecture qui est une excellente porte d'entrée à toute personne intéressée à s'investir pour la cause écologiste de manière concrète, en commençant par découvrir les formes d'action qui brassent de l'air depuis les années 70. L'auteur revient sur les échecs de l'écologie du spectacle depuis ses débuts et critique "l'insoutenable légèreté des ONG" (d'après le titre d'un chapitre de son récit, vécu de l'intérieur d'une ONG internationale) de manière percutante et sourcée pour aller plus loin dans la réflexion et dans l'action.
J'ai bien appris, sur le fait que les ONG Greenpeace & co sont œuvres de dépolitisation dont pas mal de cadres transitent ensuite chez Les Écologistes/Macron par pur pantouflage. Bon globalement les rageux.se diront qu'il faut remplacer la transition écologique par le fin du capitalisme
J'aimerai coupler cette ouvrage à d'autre lecture pour affiner le propos mais j'ai trouvé ça très pertinent. Pour compléter je recommande fortement l'Itw de l'auteur sur l'émission écoloscope de @Auposte ✨
Remonté historique intéressante. Vision politique hyper intéressante et piste de réflexion encourageante pour l’union du mouvement ouvrier et écologique.