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La colère d'Izanagi

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La vie possède mille facettes ; la mort, une seule. De retour dans son village natal à l'occasion d'un triste anniversaire, Hayato Ishida, jeune détective, se voit contraint de regagner Tokyo alors qu’un gigantesque incendie décime Shinjuku, le plus grand quartier d’affaires du monde. Tandis que la ville est plongée dans la stupéfaction, le jeune capitaine de police Hayato, maladivement solitaire mais au QI largement au-dessus de la moyenne, doit faire équipe avec Noémie Legrand, une franco-japonaise affable et empathique. Dans le même temps, un couple d'étudiants de l‘université des Arts, qui a vu partir en fumée le job qui lui permettait de subsister, a vent d'un forum en ligne qui pourrait bien les sortir de l'impasse : la Bergerie. Tous ne le savent pas encore, mais, devant eux, la porte des Enfers vient de s'ouvrir...

336 pages

Published February 20, 2025

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Cyril Carrère

12 books8 followers

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5 (7%)
1 star
3 (4%)
Displaying 1 - 13 of 13 reviews
Profile Image for Iris Rassios | Thereadingiris.
88 reviews12 followers
March 6, 2024
Le nouveau roman de Cyril Carrère, La colère d'Izanagi est bien plus qu'un simple, énième thriller français. Il s'agit d'une expérience immersive et palpitante qui nous transporte au coeur de Tokyo, où l'action et le suspense ne nous laissent aucun répit.

Écrit par un Français expatrié au Japon, le récit dépeint une version extrêmement réaliste de l'archipel nippon sans jamais sombrer dans la caricature. Dès le prologue sous haute tension, le récit nous happe et ne nous lâche plus jusqu'à la dernière page. L'atmosphère est saisissante, les descriptions sont riches et détaillées et les personnages sont remarquablement bien développés.

D'ailleurs, la musique suggérée par l'auteur pour accompagner la lecture du prologue joue un rôle majeur dans l'immersion. Elle crée une ambiance unique, renforçant la tension palpable tout au long du récit. Cyril excelle à manipuler les sens du lecteur, ajoutant une dimension immersive à l'intrigue.

Les deux protagonistes, Hayato et Noémie, sont des personnages exceptionnels qui se révèlent au fil des pages. Hayato, flic prodige et solitaire, nous dévoile son passé douloureux, sa motivation profonde, et la tragédie qui le hante. D'un autre côté, Noémie, franco-japonaise hyper-empathique, offre une perspective unique qui contre-balance Hayato. Sans oublier Suzuka et Kenta, que je vous laisse découvrir par vous-même. Complexes et attachants, chacun a réussi à me toucher à sa manière.

Ce livre m'a rappelé le côté captivant et fou d'Alice in Borderland que j'avais déjà retrouvé dans la nouvelle MaNifesto, mais il est encore plus poussé et travaillé ici. La Colère d'Izanagi est selon moi le roman le plus abouti de Cyril, un chef-d'oeuvre sous tous les aspects. L'auteur prend des risques audacieux, mais le résultat est époustouflant. Chaque roman de Cyril est une réinvention, mais celui-ci atteint un niveau supérieur.

Cyril Carrère aborde également des problèmes sociétaux contemporains très présents au Japon, de manière intelligente et tout en restant fidèle à la réalité. À travers les personnages et les événements du roman, il soulève des questions qui traversent la société japonaise et nous offre matière à réflexion.

La précision millimétrée de l'intrigue atteint son apogée dans les 100 dernières pages. Il m'a fait vivre des montagnes russes émotionnelles qui m'ont nouée la gorge et m'ont laissée sans voix. le twist final (que je n'ai absolument pas vu venir) est à couper le souffle et l'émotion palpable de la fin m'a fait pleurer à chaudes larmes.

La colère d'Izanagi est un roman brillamment construit, où chaque détail est soigneusement orchestré pour créer une expérience de lecture inoubliable. Il s'agit d'un véritable chef-d'oeuvre que je ne suis pas prête d'oublier et que j'ai déjà hâte de relire. Avec ce polar unique en son genre, Cyril Carrère nous prouve une fois de plus qu'il est un maître dans l'art de captiver ses lecteurs et qu'il mérite sa place parmi les plus grands auteurs de polar de ce siècle. Un tour de force littéraire qui mérite d'être lu et relu.

Donc n'attendez plus et lisez-le (c'est un ordre).
Profile Image for Aude Bouquine Lagandre.
725 reviews224 followers
March 11, 2024
« La colère d’Izanagi » s’ouvre sur une photographie de Tokyo la nuit. Comme pour d’autres villes très cosmopolites, vivant de jour comme de nuit, « Tokyo souffrait d’insomnie chronique ». Dans ces villes qui ne dorment jamais, la nuit peut être le témoin d’évènements qui sortent de l’ordinaire. Malgré la fourmilière dans laquelle évoluent bon nombre d’hommes et de femmes, certains cherchent un calme rare et l’apprécient avant de rentrer chez eux. C’est le cas de Noémie Legrand, qui, comme presque tous les soirs, vient gravir ce qu’elle appelle son phare : l’observatoire supérieur de la Tokyo Skytree. Alors que la majorité des Tokyoïtes profite de l’obscurité pour s’affranchir « du cadran rigide de la société nipponne » en allant engloutir mets et bière, Noémie cherche la tranquillité. Ce sera pour un autre soir, car cette nuit-là, en contrebas, des couches de fumée s’échappent de la Velvet Tower. Ce qu’elle y contemple alors, fait penser à cette scène terrifiante diffusée sur tous les écrans du monde, au moment de la chute des Twin Towers le 11 septembre 2001 : le building qui vomit ses occupants, des bombes humaines tombées du ciel, des os qui craquent et explosent, des gens brûlés vifs. Une scène d’entrée atomisante.

C’est grâce ou à cause de cet évènement que Noémie et Hayato Ishida vont se rencontrer et devoir travailler ensemble dans une nouvelle unité. « J’ai souhaité la création d’une cellule d’investigation spéciale avec un objectif clair : m’assurer que les affaires les plus délicates, médiatiques ou risquées soient traitées par nos meilleurs agents ». Ensemble, ils devront résoudre l’incendie de la Velvet Tower.

Dans « La colère d’Izanagi », Hayato est un ancien capitaine de la police criminelle. Signe distinctif, un odorat surdéveloppé appelé hyperosmie qui lui permet même de « caractériser les personnes en fonction de leur odeur. » Hayato voit « autrement qu’avec les yeux ». Il est également doté d’un appétit à toute épreuve, l’occasion pour Cyril Carrère de nous allécher avec tous les plats dévorés par ce passionné de nourriture. En sus de cette hyperosmie, Hayato a aussi été diagnostiqué HPI. Il a un haut sens de la justice, n’aime pas beaucoup les gens et préfère travailler en solo et les autres le lui rendent bien.

Noémie est maman d’une petite fille qu’elle voit très peu, tant elle est passionnée et investie dans son travail : enquêtrice au sein d’une équipe des affaires, non résolues. À 35 ans, mère célibataire, elle dénote dans un pays qui valorise le mariage et la famille. Elle juge la société japonaise, rétrograde, sexiste et refuse de se laisser enfermer dans ce schéma de codes patriarcaux. Signe distinctif, un sens de l’empathie très développé.

C’est grâce aux personnages de Noémie et de Hayato que Cyril Carrère va lentement déconstruire l’image très occidentale que nous avons du Japon.

Parallèlement, le lecteur fait la connaissance de deux étudiants à l’université des arts de Tokyo, Kenta et sa petite amie Suzuka. En brossant leurs portraits, l’auteur insère une spécificité dans la personnalité de Kenta dont souffrent beaucoup de Tokyoïtes : l’anxiété chronique. Cette maladie invisible, véritable névrose, empêche cet étudiant de vivre normalement puisqu’il a toutes les peines du monde à sortir de chez lui et à avoir des interactions sociales. « Pour le commun des mortels : un asocial, un freak, un gamin capricieux. » Son anxiété est telle que la moindre activité « le plonge dans des abîmes de souffrance. » Qu’est-ce qui relie exactement ce couple d’étudiants avec le couple d’enquêteurs ? Je vous laisse le découvrir, mais sachez que l’auteur vous a réservé de belles surprises.

Dans « La colère d’Izanagi », Cyril Carrère nous fait voyager dans un Japon bien loin des images d’Épinal, un Japon vécu de l’intérieur puisqu’il y vit depuis 2018, qu’il y parle même la langue. Loin de l’image touristique et de l’ambiance zen que l’on peut éprouver en visitant le pays, il vient gratter des strates un peu plus opaques de la société japonaise, et comme pour tous les face-à-face, le résultat n’est pas forcément reluisant : sexisme et place des femmes dans la société, poids de la valeur travail, l’exigence dans tous les domaines, mais aussi poids des traditions, gestion du deuil, marginalisation de ceux qui sortent de l’ordre établi prôné par le fonctionnement de la société. Qui mieux qu’un expatrié pouvait raconter tout cela en apportant une vraie force au récit ?

Je lis les romans de Cyril Carrère depuis ses débuts et je l’ai donc vu évoluer. Dans « La colère d’Izanagi », j’ai senti plus d’engagement (parler de ce que l’on connaît bien reste une vraie chance), une vraie force dans l’écriture où chaque description devient cinématographique, où chaque dialogue est percutant. La création du duo Noémie, qui possède la double culture et de Hayato, japonais pure souche, est savoureux à souhait et leurs joutes verbales jubilatoires. On n’apprend jamais autant que dans nos différences… et même lorsqu’on se croit totalement opposés, on peut découvrir, à travers l’autre, de vraies richesses qui nous aident à grandir. Paradoxalement, malgré sa forte cohésion, le Japon fait face à des problèmes d’isolement social et Cyril Carrère le démontre fort bien. À terme, cet isolement pourrait avoir de sérieuses conséquences sur la santé mentale. Rajoutez à cela une immersion totale dans les nouvelles technologies et vous obtenez un cocktail détonnant pour les années à venir !

Si j’ai aimé la dimension sociale, l’inclinaison à montrer la face cachée d’une société qui semble lisse, j’ai également aimé me plonger dans le Mythe d’Izanagi dont le titre « La colère d’Izanagi » est tiré et que je ne connaissais pas du tout. (si cela vous intéresse, je vous en parle à la fin *) Opposer ainsi mythes et légendes à une réalité plus concrète et plus franche offre à Cyril Carrère une occasion unique de décortiquer la culture, la société et les réalités quotidiennes du Japon. Il permet aux lecteurs français d’élargir leurs horizons et de mieux comprendre la complexité et la diversité de la société japonaise. Il fournit des informations précises et des analyses approfondies sur différents aspects de la vie au Japon sous couvert de la fiction et sensibilise le public français à la réalité japonaise, au-delà des clichés véhiculés par les médias ou le fantasme. En démystifiant l’image que les Français ont du Japon, il nous offre une perspective unique de découvrir ce pays de l’intérieur.

En conclusion, « La colère d’Izanagi » de Cyril Carrère offre bien plus qu’un simple récit policier : c’est une plongée profonde dans les complexités de la société japonaise contemporaine. À travers une narration captivante et des personnages riches, l’auteur déconstruit les stéréotypes occidentaux sur le Japon, nous invitant à découvrir sa réalité complexe et nuancée. En explorant des thèmes tels que le sexisme, l’isolement social et les défis de la modernité, Cyril Carrère offre une réflexion profonde sur la nature humaine et la société dans un contexte japonais. Grâce à son écriture cinématographique et son engagement palpable, l’auteur réussit à captiver le lecteur tout en lui offrant une nouvelle perspective sur un pays souvent mal compris. « La colère d’Izanagi » est bien plus qu’un simple roman policier ; c’est une œuvre qui éduque, inspire et captive, laissant une impression durable sur ceux qui s’aventurent dans ses pages.

*Histoire du Mythe d’Izanagi. Il raconte l’histoire de la création du Japon et des divinités qui y habitent. Avant que le monde ne prenne forme, il n’y avait qu’un océan primordial, où flottait une île céleste. Cette île, appelée Takamagahara, était le royaume des dieux. Deux divinités, Izanagi et Izanami, sont nées sur cette île céleste. Ils ont reçu la tâche de créer les terres et les divinités qui peupleraient le monde. Ils se sont tenus sur le pont céleste et ont utilisé une lance sacrée pour remuer les eaux primordiales, créant ainsi les îles du Japon. Après avoir créé les terres, Izanagi et Izanami se sont mariés et ont donné naissance à de nombreuses divinités et éléments naturels, y compris les montagnes, les rivières et les forêts. Malheureusement, leur dernier enfant, le dieu du feu, Kagutsuchi, est né avec une telle chaleur qu’il a brûlé Izanami lors de l’accouchement. Profondément attristé par la perte de son épouse, Izanagi a tué Kagutsuchi. Dans son chagrin, Izanagi décide de rendre visite à Izanami dans le monde des morts, appelé Yomi. Cependant, il découvre qu’Izanami est devenue une déesse décharnée et hideuse, et il est forcé de fuir lorsqu’elle tente de le retenir. Après avoir fui le monde des morts, Izanagi se purifie dans une rivière. Alors qu’il se nettoie, plusieurs divinités naissent de différentes parties de son corps. Ces divinités deviennent les dieux du vent, des montagnes, des rivières, et d’autres éléments de la nature.
Profile Image for Sonia Pupier Goetz.
859 reviews36 followers
June 22, 2024
Un thriller percutant qui nous fait découvrir le vrai visage du Japon.

Cyril nous propose une liste de personnages en début de roman, et j’ai trouvé ça super. Les noms et prénoms japonais sont difficiles à appréhender pour nous, occidentaux. Du coup, cette petite attention évite de nous perdre en cours de route. Merci !

Noémie Legrand, 35 ans, vit à Tokyo avec sa fille et ses parents. Nous découvrons cette pratique courante en Asie de vivre avec ses parents et l’importance de la famille et de la collectivité. Cette responsabilité intergénérationnelle est bien démontrée ici.

« – Tu sais aussi bien que moi que le vrai épanouissement pour une femme tient dans le mariage et la vie de famille. Pas dans les heures sup au travail.
– Ça suffit, maman. C’est à cause de ce type de raisonnement que les choses stagnent dans ce fichu pays. »

Hayato Ishida, 27 ans, est un policier d’un genre que je qualifierais de bizarre : il préfère travailler seul, il est HPI (Haut Potentiel Intellectuel, si vous ne connaissez pas la série tv…) et il doit vivre avec l’hyperosmie (odorat exacerbé). Il mène néanmoins ses enquêtes à la perfection faisant de ses inconvénients une force.

Ces deux personnages aux caractères vifs, bien trempés et totalement opposés vont faire équipe pour découvrir qui a incendié la Velvet Tower. C’est sur cet incendie que s’ouvre « La colère d’Izanagi » et je dois dire que j’en ai eu la chair de poule. La description de l’incendie, avec les gens coincés à l’intérieur, préférant sauter par les fenêtres plutôt que mourir brûlés vifs m’a fait remonter le temps de l’autre côté de l’Atlantique, un certain 11 septembre. Immersion directe, le lecteur est happé instantanément.

J’ai ressenti beaucoup d’empathie envers Noémie et Hayato. Noémie est une occidentale, mère célibataire de surcroit, elle cherche à faire ses preuves, professionnellement parlant, sacrifiant sa vie de mère. Dilemme que connait toute mère. Le Japon ne fait pas exception, les changements sociaux, culturels prennent du temps, l’égalité homme-femme est encore loin…Grâce à ses origines (mère asiatique et père européen), ce personnage permet également de mieux appréhender la multiculture, les problèmes identitaires et les discriminations (à dose homéopathique, ne vous inquiétez pas).

Hayato m’a fait rire, c’est un estomac sur pattes ! J’ai bavé devant les plats qu’il dévore sans vergogne. J’adore la nourriture asiatique. Solitaire, je le suis également. Je me suis reconnue à plusieurs reprises dans ses répliques et agissements.

Les chapitres s’enchaînent, le point de vue change, c’est au tour de deux étudiants à l’université des Arts, Suzuka et Kenta, d’entrer en scène. Kenta souffre de phobie sociale et d’anxiété chronique. Là aussi, c’est l’occasion pour le lecteur de découvrir une pathologie dont souffrent beaucoup de japonais. Pour tenter de résoudre ses problèmes financiers, Kenta va se lancer dans une épopée plus que périlleuse, dans le Darknet pour vous donner un indice.

La construction du roman est classique. On suit alternativement les deux arcs narratifs, en se doutant qu’ils se rejoindront à un moment ou à un autre. Le suspense est maintenu tout le long du récit, il faut rester attentif afin de récolter les informations dévoilées par chaque duo pour tenter de résoudre l’enquête (bon courage !). La plume de Cyril est vive et travaillée.

J’ai vraiment apprécié les thèmes développés dans ce roman, ainsi que l’immersion au Japon. On découvre ce pays et ses habitants depuis l’intérieur, nous sommes loin des portraits brossés par les guides touristiques. Cyril vit au Japon depuis plusieurs années, c’est un avantage indéniable ! Il connaît ce dont il parle. Il a précisé dans ses remerciements qu’il souhaitait démystifier le Japon et la vision que l’on peut en avoir. Pari réussi !

« Tu sais, une personne disparue ne meurt pas tant qu’il reste au moins quelqu’un pour penser à elle, qui continue à perpétuer son souvenir. »

Le titre est tout trouvé et prend tout son sens. Izanagi est un personnage de la mythologie japonaise (un conseil : n’allez pas voir tout de suite qui il est, cela vous spoilerait une partie de l’intrigue).

La fin est juste « Wouah », perso, je n’ai rien vu venir. Un twist final magistral, qui donne une furieuse envie de relire le roman. Histoire de déceler les ficelles qui nous sont passées sous le nez. Et peut-être retrouverons-nous Noémie et Hayato dans une autre enquête ? Qui sait ? Si c’est le cas, j’en serai !

Je vous conseille la lecture de « La colère d’Izanagi » pour le dépaysement et la découverte du Japon. Un roman qui mélange parfaitement traditions et manière de vivre japonaise.

« Pour elle, la vie se nourrissait de contacts humains, de dialogues, d’éclats de rire, de larmes, d’émotions. De petites histoires, de rituels, de réactions, d’échanges, de souvenirs. Comment pouvait-on être heureux en restant confiné dans un monde aussi abstrait, froid, artificiel et impersonnel que celui du Net ? »

#LacolèredIzanagi #CyrilCarrère #Denoël
Profile Image for Yoy.
392 reviews
September 26, 2024
Ames sensibles s'abstenir !

Un auteur qui maitrise l'art de mettre en opposition des émotions comme douceur et amour profond, versus violence sanguinaire et cruauté. Cette cruauté n'est pas seulement physique mais aussi pyshologique, et avec le contraste douceur - amitié le roman en devient réellement cruel.

Le suspense est tangible. Les personnages sont bien développés et attachants. Enfin, les 'bons' sont attachants. Le décor du Japon est rendu de façon réaliste, cela veut dire qu'il n'est pas idéalisé, par exemple la misogynie fait partie d'un des thèmes. Le dénouement surprend, je n'avais pas du tout vu arriver ce que l'auteur nous réservait !
Bref, un thriller japonais fort bien réussi !
Mais il est cruel et âmes sensibles, s'abstenir.

Je trouve qu'on peut lire les remerciements avant de commencer le livre. L'auteur ne révèle aucun sercret du livre. Il y a juste une chose, qu'on rencontre de façon adaptée dès le premier chapitre. Et c'est bon de le savoir, ainsi on se rend compte que l'auteur n'a pas tout à fait tout inventé de cette histoire (même s'il reste loin des faits réels).

L'auteur s'est installé au Japon en 2018. Avec sa façon de penser française, il a observé le Japon (qu'il aime beaucoup !) avec ses avantages et ses inconvénients. Ou comme il le dit lui-même :
Il était important pour moi de "démystifier" le Japon. De le dépeindre sous son visage quotidien, du point de vue d'un habitant lambda. La vision qu'on en a en Europe est souvent altérée, déformée, pur ne pas dire erronnée. Les réseaux sociaux et le règne des influenceurs de tous bords ont parfois tendance à l'idéaliser, en se concentrant (souvent à l'extrême) sur ce qui est différent de chez nous, en montrant le pays sous son meilleur jour.
Bien sûr, certaines différences culturelles sont flagrantes, mais nous retrouveons aussi beaucoup de choses connues dans nos contrées. Je m'efforce donc de vous présenter le Japon tel qu'il est, sans artifices, en abordant des thèmes importants, comme le handicap et sa perception dans la société nippone, ainsi que les dérives qu'il peut occasionner.
L'immersion, la vraie, passe par la somme de petits détails que l'on peut observer au quotidien et qui sont intégrés de manière fonctionnelle au récit.


Et aussi :
La Bergerie s'inspire d'une plateforme qui a réellement existé au Japon, sur le darknet, sur laquelle des étudiants venaient piocher des missions peu louables (vols, agressions, destructions) à effectuer contre rémunération, en majorité dans la région de Tokyo. Cette affaire, qui a défrayé la chronique et dont toutes les ramifications n'ont pas encore été dévoilées, est en cours de jugement. J'ai bien entendu pris des libertés vis-à-vis de cette procédure pour bâtir mon intrigue.


Quelques citations du livre :

- Je ne vais pas rester plantée là, à ne rien faire, tout en sachant que tu es exposé à autant de dangers ! Tu ne vas pas traverser cette épreuve tout seul. On est dans le même bateau, répliqua Suzuka d'un ton qui n'admettait aucune discussion.
Kenta fut bouleversé par cette déclaration.
(...)
- Pourquoi ?
- Parce que je t'aime, Ken.


Elle se força à sourire pour masquer l'angoisse qui lui vrillait l'estomac.


La gorge de Hayato se noua. Sa vue se brouilla sans qu'il esquisse un seul mouvement. Pendant une bonne minute, il fut incapable de réagir. Il se sentait ailleurs. Son esprit voyageait, l'amenant à l'époque insouciante où tout allait pour le mieux. Avant la tragédie.


A cet instant, Hayato n'était plus un capitaine de police. Mais un enfant désemparé, vulnérable, terrifié à l'idée de perdre sa seule famille. Si sa mère venait à succomber, il se retrouverait orphelin. Sans confident. Sans pilier.
Sans rien.


Le mont Fuji, majestueux, dominait l'horizon, sa cime jouant à cache-cache avec une chape de nuages bas. Un rayon de soleil déclinant illumina brièvement la pièce, forçant Hayato à protéger ses yeux secs et rougis par l'épuisement. Dans sa main, il tenait une bouteille de thé à peine entamée, qu'il manqua de renverser sous l'effet de la fatigue lorsqu'un médecin réanimateur s'approcha de lui.
Profile Image for Vivi Doleig.
85 reviews4 followers
March 22, 2024
La lecture de La Colère d’Izanagi est un véritable régal pour nos sens. Les ruelles aux restaurants miniatures qui embrasent nos narines, les parcs arborescents qui dévoilent leurs feuilles et leurs fleurs aux couleurs infinies, les paysages qui mêlent à merveille tradition et modernité ; tout est là, tout est reconstitué pour s’imprégner de l’atmosphère angoissante instillée par l’auteur.

Chaque instant décisif, la moindre petite parcelle d’intrigue nous plongent dans une immersion totale au cœur de Tokyo. Un Tokyo ultra réaliste, bien loin des clichés occidentaux qui dépeignent le Japon et sa capitale de manière lisse, à la beauté exquise et enchanteresse, aux qualités quasi parfaites, sans jamais se pencher sur les traits les plus interlopes et sinistres qui font partie de son quotidien.

Je conseille plus que vivement aux lecteurs qui ne sont pas familiarisés avec les paysages tokyoïtes, d’aller observer des photos des différents lieux qui apparaissent au fil des pages. L’imaginaire ainsi que l’immersion dans l’histoire n’en seront que plus intenses.

Hayato et Noémie… Voilà deux nouveaux personnages des plus singuliers qui m’ont ravie tellement rapidement, qu’avant de le réaliser vraiment, j’étais tombée en amour pour ce duo hors norme ! Ils détonnent de façon très nette dans le Tokyo très orthonormé assailli dès potron-minet par tous ses salarymen en costume, craignant d’avance de devoir rendre des comptes à leur patron respectif. Le tandem qu’ils sont menés à former sublime leurs atouts personnels et leur caractère bien trempé. Leur sensibilité diamétralement opposée est savamment utilisée aux fins de l’enquête dont on savoure le déroulement.

Les détails culturels typiquement japonais que Cyril Carrère distille tout au long du roman, achève de parfaire notre expérience tokyoïte. Toute la civilisation japonaise se déploie à l’échelle du quotidien et permet de décrypter plus aisément l’état d’esprit japonais.

De toute évidence, La Colère d’Izanagi est une très grande réussite. Tant sur le fond que sur la forme. Cyril Carrère nous envoûte du début à la fin, nous offre une intrigue passionnante et effrayante, avec un niveau de stress maximal ! Je rêve de voir cet ouvrage adapté pour le cinéma tant certaines scènes sont mémorables.

Désormais, je n’attends qu’une chose avec impatience, une suite !
Profile Image for CharlyyGentlePhoenix.
780 reviews4 followers
March 1, 2024
La Colère d'Izanagi de Cyril Carrère (Français, né en 1983). Denoël éditions (21/02/2024).
« La colère est nécessaire ; on ne triomphe de rien sans elle, si elle ne remplit l’âme, si elle n’échauffe le cœur ; elle doit donc nous servir, non comme chef, mais comme soldat. »
Aristote
« L’alcool insufflait le désir, déliait les langues, réchauffait l’atmosphère. L’heure tournait avec davantage de voracité dans ces moments de dépravation. »
On parle de fission nucléaire et de tourisme…
Les personnages sont présentés brièvement dans une introduction type « Dictionnaire » …
Une découverte du Japon, son envers et sa face publique.
Même si j’ai apprécié le début et que le style était « bien », peut-être que j’avais fantasmé ce Livre avec cette vision Dark du Japon, le fait qu’il soit tout récent, la question de la colère. Qui est une émotion assez courante chez moi, de John Locke à Hulk… En fait je m’attendais à croiser Hulk ou Asura Wrath … Peut-être si je n’avais pas eu de telles attentes je n’aurais pas été autant déçu.
Désolé pour le flop.
Phoenix
++
Profile Image for Mademoiselle Cup Of Tea.
435 reviews17 followers
March 7, 2024
Je suis absolument ravie de redécouvrir la plume de Cyril Carrère. Si j’avais déjà beaucoup aimé son précédent thriller « Avant de sombrer », celui-ci est à couper le souffle. J’ai été bluffée. J’ai adoré la façon dont l’auteur nous présente Tokyo à travers des choses aussi insignifiantes (pour le développement de l’histoire en tout cas) que des melonpan, par exemple. J’ai absolument adoré ce roman, et c’est donc sans surprise que je peux vous le recommander si vous aimez les thrillers et le Japon !

Ma chronique complète : https://mellecupofteabouquine.wordpre...
Profile Image for Patricia B..
97 reviews
July 15, 2024
Des personnages d'emblée sympathiques englués dans deux histoires parallèles qui tardent à se rejoindre : patience et confiance sont nécessaires pour poursuivre au-delà de la première partie.
La suite reste confuse et la conclusion ne dissipe que peu cette impression de décousu. Dommage... j'en attendais tellement plus.
Profile Image for adeline Bronner.
569 reviews8 followers
April 9, 2024
Tenace impression d’avoir déjà lu les premiers chapitres dans un autre roman, mais ce n’est peut être qu’une impression. Un regard sur le Japon trop caricatural pour mon goût, tous les préjugés y sont. La lecture reste assez agréable cependant
Profile Image for Delphine.
293 reviews28 followers
May 15, 2024
Bof bof bof.

La partie enquête policière est nullissime et sans intérêt. Autant ne mettre aucun flic dans l'histoire si c'est pour y mettre un truc aussi indigent.

La "fenêtre sur le Japon" est surtout une fenêtre sur "le Japon vu par un Français (et c'est pas très intéressant)".
Franchement, lisez plutôt des polars écrits directement par des Japonais. Outre qu'ils connaissent bien mieux leur pays et la psychologie de ses habitants, vous y apprendrez bien plus de choses sur le Japon. Cet roman aurait pu se passer en France, les différences auraient été minimes. Vois pas l'intérêt, du coup.

L'histoire pourrait être intéressante, mais les événements comme les personnages ont tous l'épaisseur d'une feuille de papier. C'est vraiment du polar facile et rapide à lire pour quand on ne veut pas se prendre la tête.

Dernier point, mais péché cardinal en ce qui me concerne : la conclusion est encore un de ces summums de psychophobie qu'aiment tant les auteurs de polars. Vous êtes tous des merdes, les auteurs de polar. Pas bisous.
Profile Image for Moncoinlecture.
2 reviews1 follower
June 6, 2024
J'ai adorée lire ce livre, suivre le déroulé de l'enquête et encaisser plots twist sur plots twist 👌🏽
Franchement je n'ai rien à redire malgré le fait que ça ne soit pas un coup de coeur.
297 reviews1 follower
July 6, 2024
Bon, peut-être un léger intérêt pour la vision très très rapide du Japon moderne, mais sinon l'intrigue policière est creuse, les personnages qui se voudraient atypiques caricaturaux.
Profile Image for Aude - Sempiternelle.
153 reviews10 followers
March 22, 2024
Une plongée dans le Japon moderne, vu par un Français expatrié dans ce pays du soleil levant. Spoiler alert: j’ai tout simplement adoré et dévoré ce roman et, au-delà des pages, j’ai rencontré une très belle personne car Cyrile Carrère est quelqu’un d’adorable et de très accessible (et en plus on a les même refs).
J’ai beaucoup aimé le regard nouveau que porte Cyril sur ce pays qui me fait rêver depuis tant d’années. Il nous dépeint un Japon authentique et moderne, loin des versions édulcorées que l’on peut en général en avoir (mais, attention, cela donne toujours autant envie d’y aller!). L’atmosphère qu’il réussit à créer très rapidement dans son roman est envoûtante et j’ai vraiment beaucoup accroché aux personnages, qui possèdent une réelle profondeur émotionnelle. Hayato et Noémie continueront de m’habiter un moment.
J’ai été fascinée par cette plongée dans le dark web au travers du site de La Bergerie et, en miroir de cela, par les démons intérieurs qui peuvent habiter tout un chacun. « La colère d’Izanagi » explore des thèmes tels que la vengeance, le sacrifice et la rédemption.
La construction du roman est très intelligente, l’auteur disposant des indices de ci de là pour nous accrocher à l’intrigue sans jamais trop en dévoiler et le twist final - que je n’avais clairement pas vu venir - m’a bluffée. Cyril maîtrise parfaitement l’art de dresser une intrigue captivante, tout en mêlant éléments mythologiques japonais aux rebondissements de l’histoire.
Enfin, par les événements qui se déroulent dans le roman et par ce que traversent les personnages, Cyril Carrère soulève des questions de société qui préoccupent le Japon de nos jours et cela pousse à la réflexion.
Displaying 1 - 13 of 13 reviews

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