De 2017 à 2021, Sabica Senez a été gestionnaire et intervenante dans un refuge pour hommes en situation d’itinérance. Les confidences de ces hommes en quête d’un lit et de quoi manger lui ont imposé de rendre hommage à leur parole de grands oubliés.
UN LOURD MANTEAU : de courtes proses itinérantes composées comme un album photos, des portraits spontanés qui révèlent plus que la seule misère qu’ils semblent pourtant mettre en évidence.
Le livre précédent de Sabica Senez s’intitulait « Nulle part ailleurs ». Celui-ci pourrait s’intituler, comme la narratrice le constate à force de fréquenter des hommes en situation d’ininérance, qu’ils n’ont « Nulle part où aller ». Les portaits concis qu’elle dresse sont troublants parce que réalistes. À lire!
Geez ... une vraie claque au visage. Je n'ai pu faire autrement que m'imaginer le quotidien de ces humains en détresse et confrontés au pire que la vie a à offrir. J'ai senti le lourd manteau à chaque page. À lire !
C’est beau, quoique déchirant. La misère et la bienveillance se côtoient au fil des strophes qui relèvent pratiquement du kanji. Ça bouleverse, ça choque. J’en aurais pris plus.
« Les malheurs ont la couenne dure, comme ceux qui les portent.
Mais qui veut d'une force de caractère et d'un courage forgés à grands coups de ventres vides, de cœurs flétris, de dettes, d'enfance brisée, de peau brûlée et de solitude?
Je vois bien que vouloir aller mieux les tue à petit feu. »
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« Ici, j'ai accès à leur intimité: à l'expression de leurs souffrances, de leurs désillusions; aux lambeaux d'espoir qu'ils traînent par tous les temps, à leurs blessures et aux rares sourires des jours moins durs.
C'est un lourd manteau à porter. »
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« À ceux qui arrivent en disant qu'ils ne sont pas comme « eux autres» - les poteux, les BS, les fous, les fuckés, les drogués, etc. -, je rappelle qu'ils ont au moins une chose en commun.