Proche-Orient, 2017 : le monde a rendez-vous avec l’histoire.
Lors de fouilles archéologiques dans la vallée du Jourdain, Rachel Avital fait la découverte inattendue d’un crâne de jeune femme. Mais sa satisfaction et son émerveillement sont de courte durée : à peine a-t-elle le temps de dissimuler sa trouvaille qu’un barbouze au fort accent russe et lourdement armé l’enlève. L’homme fait-il partie de ces mercenaires qui opèrent en Syrie alors partiellement contrôlée par l’État islamique ? Il prétend, en tout cas, être détenteur d’un manuscrit découvert il y a peu dans l’une des grottes, censée être vide, situées à l’ouest de Qumran. Que recèle donc ce mystérieux document pour que les Russes, les Israéliens, les Américains et tout ce que la planète compte d’officines plus ou moins officielles soient à sa recherche ? Et quel sera le rôle de Rachel dans cette quête qui pourrait bien entraîner des répercussions mondiales pour des siècles et des siècles ? Thriller d’espionnage mené tambour battant, le nouveau roman de Stéphane Przybylski plonge au cœur des mythes qui ont fondé les civilisations monothéistes et les déchirent encore, des milliers d’années plus tard.
Dans la Syrie actuelle, l’archéologue Rachel Avitar est enlevée par des hommes qui veulent la forcer à traduire un manuscrit millénaire. En parallèle de ça, nous suivons Raraelle et sa « meute » qui vivaient en Mésopotamie au 85ème siècle avant JC et qui se retrouvent confrontés à des êtres mystérieux, les Veilleurs. ⠀ J’étais vraiment curieux en lisant le pitch de ce roman. On nous parle d’un manuscrit ancien qui pourrait remettre en cause les origines de toutes les religions, et d’une civilisation très avancée qui côtoyait nos ancêtres lointains il y a des milliers d’années. Sur le papier, ça donnait vraiment envie. ⠀ Maintenant, j’ai très vite été dérangé par un élément du roman qui m’a pas mal braqué et m’a vraiment sorti de ma lecture : un sexisme ambiant assez décomplexé. On comprend assez rapidement que les femmes vont sans cesse être ramenées à leur physique lorsque la toute première description de Raraelle nous parle de « ses seins aux tétons charnus ». Très vite on nous présente aussi les femmes comme des êtres qui manipulent les hommes grâce a la promesse du sexe, et malheureusement, ça revient plusieurs fois. Ça n’aurait pas été terrible si le roman datait du siècle dernier, c’est inexcusable pour une sortie récente. ⠀ Un autre truc qui m’a vraiment embêté, c’est la façon dont la tribu de Raraelle est traitée. On nous parle de meute, de mâles et de femelles qui s’accouplent… Je n’y connais rien, peut-être que d’un point de vue anthropologique ce traitement a du sens, mais dans ce cas les intentions prêtées à ces personnages ne sont pas cohérentes avec cette animalité puisqu’elles semblent trop sophistiquées, ou en tout cas en décalage par rapport à la caractérisation des personnages. ⠀ Bon, si on fait abstraction de ces points (même si c’est difficile), l’intrigue n’est pas désagréable à suivre. Ça fonctionne plutôt bien même s’il y a quand même des facilités et incohérences/absurdités scénaristiques (comme une otage qu’on décide d’emmener faire une balade en bateau pour lui changer les idées et qui décide qu’elle n’a rien de mieux à faire que bronzer topless et « défier les satellites espions de l’alliance occidentale avec ses tétons »…). Il faut aussi accepter que les parties se déroulant de nos jours sont parasitées par une quantité astronomique de jargon militaire que j’ai trouvée assez indigeste, sans que ça apporte tant que ça à l’histoire. ⠀ Je ne vous cache pas que le twist final et la résolution au sens large m’ont pas mal déçu aussi. Je me suis tellement braqué sur tous les points problématiques du roman que c’est difficile de dire à quel point ça a joué sur mon ressenti final. Je pense que ça m’a rendu plus attentif à certains détails que je n’aurais peut-être pas relevé sans ça, mais je ne crois pas que ma lecture aurait nécessairement été une réussite quoi qu’il arrive… ⠀ Du coup je vous laisse là-dessus. Il y a assez peu de nuances dans cet avis, et ça m’embête un peu, mais je ne pouvais pas faire de miracle vu l’expérience de lecture que ça a été malheureusement. ⠀ Collaboration commerciale non-rémunérée.