Comme par enchantement raconte la mythologie intime d’une revenante de Rivière-Malbaie atteinte de mélancolie. Dans cette mosaïque faite de récits et d’essais se dessine un monde perdu fait de grandeurs ordinaires, de trajectoires minuscules. C’est un Charlevoix rugueux et plein d’aspérités qui y prend place. Les personnages tentent de s’y tenir debout, chambranlants malgré les séismes, les peurs et les saisons mortes. Des voisins s’haïssent la face, des femmes chiquent de la gomme pour oublier, des vieux craignent la mort sous les néons froids de leur cuisine, des nudistes s’accaparent des coins de plage.
Lu en une soirée, au retour d'une fin de semaine polaire aux Éboulements. Un texte qui éclaire d'une autre lumière ce séjour.
« Quand on me demande d'où je viens, une fierté étrange monte d'ailleurs en moi pour prononcer le beau nom de Charlevoix. Cet orgueil, je sais d'où il vient. Ce qui parle à travers moi, ce qui parle à ma place, c'est le folklore, la fiction du récréotourisme et de la villégiature. Or, avec le temps, ce discours s'est mis à sonner faux et à s'éloigner de mon expérience du paysage. Au spectacle de la beauté, j'en suis consciente aujourd'hui, il manque la grafigne des épreuves. Derrière les couchers de soleil époustouflants, le long de la route des saveurs, où les produits du terroir fusent, de multiples récits se taisent, dissimulant des couleurs rugueuses et de grands silences. » (p. 34)
Un coup de chance littéraire : je suis tombée sur ce petit bouquin par hasard à la bibliothèque et j'ai trouvé le titre charmant. Il est bourré de petites pépites bien tournées (j'ai noté celle-ci, entre autres : « Comme on était chez des gens de peu, le strict minimum était exigé en tout. » *chef's kiss*) J'ai bien aimé l'idée d'opposer des parcelles de la vie ordinaire au caractère pittoresque de Charlevoix. Ma seule déception est de l'avoir lu en plein été. C'est un livre qui sent l'automne, le feu de camp et la boue vaseuse du Saint-Laurent.
Un livre rempli d’anecdotes nostalgiques, cocasses et touchantes. L’auteure nous apporte dans son patelin, dans son coin de pays comme si nous y habitions également.
J'ai aimé. Qu'on me dise mon lieu d'appartenance à travers les yeux d'une autre fille qui est née et a grandi dans Charlevoix, une fille de Rivière-Malbaie. Partir à l'Extérieur et ne jamais vraiment en revenir tout en restant là à appartenir à ces lieux magnifiques où, surtout, vivent les gens qu'on aime. Peut-être ne suis-je pas aussi mélancolique que l'autrice (ou pas encore), mais je me suis reconnue dans chaque propos, dans chaque tournure de phrase.
Lagage de région, récits familiaux, territoire… Une écriture honnête, décontractée, juste; y’a pas grand chose que j’ai pas aimé. J’ai acheté ce livre comme par réflexe au mois d’août 2024. J’étais en période transitoire, m’apprêtant à quitter Rimouski pour Charlevoix pour une durée de quelques semaines, sans savoir vraiment de quoi le livre traitait. Un beau hasard.