Dans le Harlem des années 1950 se nouent les destins de quatre adolescents : Julia, l’enfant évangéliste qui enflamme les foules, Jimmy, son cadet, Arthur, le talentueux chanteur de gospel et Hall, son frère aîné. Trente ans plus tard, Hall tente de faire le deuil d’Arthur et revient sur leur jeunesse pour comprendre la folle logique qui a guidé leur vie. Pourquoi Julia a-t-elle subitement cessé de prêcher ? Pourquoi le quartet s’est-il dispersé ? Pourquoi Arthur n’a-t-il jamais trouvé le bonheur ? Un roman magistral, où la violence et l’érotisme sont maîtrisés par la tendresse et l’humour du poète.
James Arthur Baldwin authored plays and poems in society.
He came as the eldest of nine children; his stepfather served as a minister. At 14 years of age in 1938, Baldwin preached at the small fireside Pentecostal church in Harlem. From religion in the early 1940s, he transferred his faith to literature with the still evident impassioned cadences of black churches. From 1948, Baldwin made his home primarily in the south of France but often returned to the United States of America to lecture or to teach.
In his Giovanni's Room, a white American expatriate must come to terms with his homosexuality. In 1957, he began spending half of each year in city of New York.
James Baldwin offered a vital literary voice during the era of civil rights activism in the 1950s and 1960s. He first partially autobiographically accounted his youth. His influential Nobody Knows My Name and The Fire Next Time informed a large white audience. Another Country talks about gay sexual tensions among intellectuals of New York. Segments of the black nationalist community savaged his gay themes. Eldridge Cleaver of the Black Panthers stated the Baldwin displayed an "agonizing, total hatred of blacks." People produced Blues for Mister Charlie, play of Baldwin, in 1964. Huey Newton, co-founder of the Black Panther Party, defended Baldwin.
a plusieurs reprises j'ai vérifié la date de publication du roman, tellement 50 ans plus tard le roman résonne toujours aussi fort, si ce n'est plus. c'est une magnifique ode a l'amitié et à l'amour, qui prend son temps et s'étale un peu mais qui récompense le lecteur très souvent. je vais porter ce quartet longtemps avec moi
"Elle est à la fois présente et très ailleurs, d'une beauté que je n'ai rencontrée que chez ceux qui ont été contraints de souffrir jusqu'à la stupéfaction et au-delà. Une beauté terrifiante parce qu'elle est impossible à nier et impossible à posséder ; tout en étant totalement à la merci de l'être humain, elle échappe à tout secours humain."
"Eh bien, je crois qu'il faut du temps - plus de temps que quiconque n'aime à l'imaginer - pour démêler les choses en soi, puis essayer de les mettre en ordre et enfin tenter - pas tant de leur donner un sens que de les voir. Voilà pourquoi peut-être ce qui semble le passé devient plus clair que ce qui semble le présent."
"Certains hommes et certaines femmes paraissent avoir été créés pour enflammer le désir : il semble que ce soit là leur fonction. Il semble évident que leur intention soit de répondre au désir - à votre désir - et que leur sourire ou leur regard soient censés faire part de cette intention. Or ce n'est pas leur intention du tout. Ils ne vous ont, très probablement, qu'à peine remarqué et sont bien trop innocents pour imaginer ce que vous imaginez. Ces gens sont traités avec une incroyable brutalité, une brutalité d'autant plus abominable qu'elle se déguise en amour. Et, en tout cas d'après mon expérience, ces gens qui sont l'objet d'un désir à la fois abstrait et dévorant, savent rarement comment s'en défendre. Ils ne savent pas, jusqu'à ce qu'il soit trop tard, qu'ils ont des raisons de le faire. Cela grâce à leur invincible innocence : d'ailleurs, moins innocents, ils seraient moins séduisants - éveiller l'innocence à une passion frénétique et totalement brutale est un rêve enraciné dans l'imagination de chacun. Il fait tourner la tête, peut-être fait-il tourner la Terre. Ce qui manque dans ce rêve, c'est cette sueur de l'amour qui s'appelle le respect."
"Ils croyaient détester les Blancs. Ils étaient encore loin d'avoir compris qu'ils ne pouvaient simplement pas supporter d'être méprisés, loin d'avoir appris que presque tout un chacun l'est, incapables de concevoir que le monde, ou du moins le monde que nous connaissons, puisse être aussi massivement peuplé de gens qui se méprise soi-même."
"Elle marchait à pas lents, freinée par l'attention des hommes et des jeunes gens dans l'avenue. Elle marchait à longues et lentes enjambées, en balançant légèrement son sac : elle était à la fois provocation et mystère. Elle marchait comme si elle ne voyait pas les gens qu'elle dépassait - et elle ne voyait pas : elle brûlait, brûlait, et c'est pourquoi les hommes et les jeunes gens étaient obligés de la regarder passer. Impossible de savoir si elle était une enfant déguisée ou une femme ardente et consumée. [...] Julia pressentait en elle un pouvoir qui cependant - et avant même qu'elle ait commencé à vivre - avait peut-être commencé à la détruire. Elle cherchait, cherchait - on peut dire qu'elle était perdue et seulement comme ceux qui ont été sauvés peuvent être perdus. [...] C'est ainsi qu'elle marchait, bien qu'elle ne le sût point, et c'est pourquoi elle provoquait les regards. Son ardeur engendrait l'ardeur, et c'est pourquoi elle marchait si lentement. C'était la seule attention humaine qu'elle eût jamais connue."
"J'ai l'impression que les jeunes ne peuvent tromper personne sauf ceux qui le souhaitent. Les jeunes vous disent ce que vous voulez entendre et c'est ainsi qu'ils apprennent à vous mépriser et à se mépriser et que leur jeunesse devient sans valeur pour eux : en tout cas, de toute sa vie, Arthur ne réussit jamais à tromper personne."
"Quelquefois, dit-il, une personne a besoin qu'on la prenne dans ses bras, et alors tout peut arriver - une chose en amène une autre -, tu me comprends ? - Je crois que oui. - Sais-tu que pour rien au monde je ne te ferai du mal ?"
"Et dans sa voir pénétra alors une douceur solitaire d'une telle puissance d'émotion que les gens en demeuraient pétrifiés, métamorphosés : il chantait leur amour et leur inquiétude, il chantait leur espoir. Avec son chant, il se confessait en public au pied du trône de la miséricorde et, tandis que sa voix s'élevait, il se savait racheté, aux mains d'un pouvoir plus grand qu'aucun sur la terre. Son amour fut sa confession, son témoignage, son cantique."
"Joel choquait l'homme en moi, il me rendait malade de honte ; mais j'avais placé une si grande distance entre son état d'homme et le mien qu'il ne pouvait pas me menacer, il n'avait aucun pouvoir sur moi ; mais il n'en allait pas de même pour aucune femme. Je pouvais me dissocier de Joel. Elles ne pouvaient pas se dissocier de Julia. Il ne m'était pas difficile de me protéger contre le possible Joel en moi, d'effacer sa présence complètement. Mais, comme je le voyais maintenant, il n'était pas si facile pour Martha de supprimer de ses jours et de ses nuits le cordon qui la reliait à la vierge violée."
"Aujourd'hui, elle était là, marchant et bavardant à mes côtés et j'en savais trop sur elle pour savoir quoi que ce fût. Je savais seulement ce qu'elle me faisait éprouver : la profondeur du bouleversement qu'elle suscitait en moi m'amenait, pour la première fois, à oser m'interroger sur le bonheur, la joie, à oser, presque, espérer. Je ne voulais pas espérer. Je ne savais pas comment me l'interdire."
"Un sourire au coin des lèvres, Arthur le contemplait : il ne pouvait s'en empêcher. Jimmy le contemplait aussi, avec ce regard ébloui, vulnérable, et Arthur comprit que Jimmy ne se laisserait jamais tromper par ce qu'Arthur pourrait dire. Il ne l'écoutait pas, il le regardait."
"Vous pouvez deviner ma terreur à l'idée d'aborder la fin de mon histoire. Je me suis souvent demandé pourquoi je l'avais commencée mais je sais pourquoi. C'est un chant d'amour à mon frère. C'est une tentative de faire face à l'amour et à la mort. J'ai eu très peur car il m'a fallu me mettre à nu moi-même. Défier ses craintes les plus inexprimables c'est défier le ciel. C'est attirer sur soi-même, chaque chose et chaque être que vous aimez, l'attention des dieux les plus implacables, qui pourraient ne pas vous pardonner votre impertinence, qui pourraient ne pas vous épargner. A la décharge de mon audace, je ne peux offrir que mon amour."
"Il est étonnant de contempler - de supporter - une beauté à laquelle vous êtes lié inexorablement et pour l'éternité, et qui jamais, jamais ne vous appartiendra, jamais ne se soumettra à vous. Il est bouleversant d'être confronté à la vulnérabilité qui fait céder la pierre et l'acier. Car la jeune fille que j'avais en face de moi mourait d'envie d'appartenir à quelqu'un. C'était la profondeur de son désir qui altérait la nature de la transaction, qui en démolissait les termes habituels. Elle avait eu trop profondément eu peur pour être facilement effrayée de nouveau, elle avait subi la possession bien avant de rêver d'amour. Ceci lui donnait, cruellement, une cruelle et intimidante liberté : qui oserait tenter de la posséder ?"
"Parfois, je pensais qu'il me haïssait pour la manière - les manières - dont je l'aimais. Je ne pouvait pas le cacher, où l'aurais-je caché ? Chaque centimètre d'Arthur était sacré pour moi."
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3.5 : "Harlem Quartet" propose une fresque humaine qui explore les complexités de la communauté noire américaine à travers la musique, l’amour, l’amitié et les luttes identitaires. Le roman suit Arthur Montana, un chanteur de gospel, et son cercle intime, tout en abordant des thèmes tels que l’homosexualité, le racisme institutionnalisé et le poids des traumatismes familiaux. Malgré une qualité d'écriture brillante et un regard lucide sur la condition afro-américaine dans les années 50-60 aux U.S., j'ai trouvé que c'était une œuvre trop longue dont le récit m'a laissé un sentiment d’essoufflement, multipliant les cantiques religieux. Mais c’est un roman qui peut captiver ceux qui apprécient les lectures denses et introspectives.
Harlem Quartet est sublime et devient un de mes livres préférés de la vie. Je veux en parler avec plein de gens pour en dire du bien lisez-le svp. L'écriture est brillante, on entend le Gospel même sans y faire attention, et la syntaxe crée des ponts entre la beauté et la violence, ça frappe. Baldwin est un génie magnifique tout simplement mais on le savait.
Un récit sur l’émancipation, sur les pages qu’on tourne et celles qu’on corne, sur comment on chemine dans l’adversité et comment on fait famille, sur ceux qu’on garde auprès de soi et sur ceux qui nous quittent et sur comment on fait pour continuer à avancer encore.
Très beau livre sur l’amitié, l’amour et la fraternité. J’avoue avoir décrocher à certains moments, d’où le fait d’avoir lu ce livre en si longtemps. Pas forcément fan des questions philosophiques individuelles et introspectives de chacun que je trouve parfois beaucoup trop longues et tirées par les cheveux. Je mettrais plus d’étoiles car je sais que c’est un beau livre mais je dois être honnête. Le cadre socio politique est très intéressant.
Je l'avais entamé, abandonné, puis repris car je déteste vraiment rester sur un abandon. Je ne regrette pas de l'avoir repris, mais je n'ai vraiment pas été embarquée à part dans une infime partie du livre. Je n'ai pas réussi à m'attacher aux personnages.