de près le caractère propre et singulier de ce genre de cause. Ce qui la caractérise, c’est que suivant le point de vue où l’on se place, le même fait peut être pris soit comme cause, soit comme effet. La santé est sans doute la cause de la promenade ; mais elle en est aussi l’effet. D’une part la santé n’arrive qu’après la promenade, et par elle : c’est parce que ma volonté, et, par ses ordres, mes membres ont exécuté un certain mouvement, que le bien-être s’en est suivi ; mais d’un autre côté, en un autre sens, c’est pour obtenir ce bien-être que je me suis promené : car sans l’espoir, sans le désir, sans la représentation anticipée du bienfait de la santé, peut-être ne serais-je pas sorti, et mes membres seraient-ils restés en repos. Un homme en tue un autre : en un sens, la mort de celui-ci a eu pour cause l’action de tuer, c’est-à-dire l’action d’enfoncer un poignard dans un corps vivant, cause mécanique sans laquelle il n’y aurait point de mort ; mais réciproquement cette action de tuer a eu pour cause déterminante la volonté de tuer ; et la mort de la victime, prévue et voulue d’avance par le coupable, a été la cause déterminante du crime.