Le roman tout entier s’affranchit de paragraphes et de ponctuation (des points exclamations toutefois et une seule et unique virgule, à la page 46 de l’édition poche « Titres 143 » que je soupçonne d’ailleurs d’être une erreur d’impression). La structure de l’écriture est cependant si solide et si « travaillée », malgré l’apparence de spontanéité, qu’on suit sans difficulté particulière. Il faut préciser qu’il y a aussi un usage raisonné des italiques. Chaque chapitre est à la fois assez accablant pour donner une sensation d’étouffement et assez bref pour que le lecteur reprenne à temps sa respiration.
Je vous invite à découvrir cet écrit plutôt original sous l’angle du romanesque, car il y a bien une intrigue dans ce qui pourrait très bien s’appeler aussi « l’édit d’un idiot ». Comme souvent, chez Linda Lê il s’agit d’une réflexion poussée jusque dans ses derniers retranchements sur des thèmes comme l’écriture, l’emprise, la médiocrité. On remarquera ainsi l’épigraphe de Thomas Bernhard : « Cela avait voulu être un monde grandiose, il en est resté un détail dérisoire ».
L’idiot c’est le narrateur, fils d’Ariane la Mandragore, qui rencontre la frêle Mortesaison. Il habite seul dans un « taudis de l’impasse des Deux Anges », entend devenir philosophe et… mais je ne vais pas tout vous dire.
Une référence importante est constituée (page 30 de mon édition de poche) par les « gravures macabres des horribles [selon la mère] dessins de cet Alfred Kubin ».
Un livre de Linda Lê qui contient beaucoup de sarcasme, voire de l’autodérision.
Le roman tout entier s'affranchit de paragraphes et de ponctuation (des points exclamations toutefois et une seule et unique virgule, à la page 46 de l'édition poche « Titres 143 » que je soupçonne d'ailleurs d'être une erreur d'impression). La structure de l'écriture est cependant si solide et si « travaillée », malgré l'apparence de spontanéité, qu'on suit sans difficulté particulière. Il faut préciser qu'il y a aussi un usage raisonné des italiques. Chaque chapitre est à la fois assez accablant pour donner une sensation d'étouffement et assez bref pour que le lecteur reprenne à temps sa respiration. Je vous invite à découvrir cet écrit plutôt original sous l'angle du romanesque, car il y a bien une intrigue dans ce qui pourrait très bien s'appeler aussi « l'édit d'un idiot ». Comme souvent, chez Linda Lê il s'agit d'une réflexion poussée jusque dans ses derniers retranchements sur des thèmes comme l'écriture, l'emprise, la médiocrité. On remarquera ainsi l'épigraphe de Thomas Bernhard : « Cela avait voulu être un monde grandiose, il en est resté un détail dérisoire ». L'idiot c'est le narrateur, fils d'Ariane la Mandragore, qui rencontre la frêle Mortesaison. Il habite seul dans un « taudis de l'impasse des Deux Anges », entend devenir philosophe et… mais je ne vais pas tout vous dire. Une référence importante est constituée (page 30 de mon édition de poche) par les « gravures macabres des horribles [selon la mère] dessins de cet Alfred Kubin ». Un livre de Linda Lê qui contient beaucoup de sarcasme, voire de l'autodérision.