En cette année 1916, dans un coin perdu de l'immensité sénégalaise, Demba et son frère Sékou surveillent les quelques têtes de bétail qui permettent à toute la famille de subsister. Demba a 25 ans, il est respecté pour son courage, sa droiture et sa grande force qui l'a bien souvent permis d'aider son prochain. Malgré des conditions de vie précaires, la vie est douce pour ces jeunes sénégalais. Et pourtant quelques mois plus tard, on retrouvera les deux frères englués dans la glaise des tranchées de Verdun. Traumatisés par le froid, terrorisés par les combats, ils essaieront de donner le meilleur d'eux-mêmes pour honorer leur peuple. L'un deux recevra une médaille quelques années plus tard. Une médaille bien amère au regard de ce qu'il aura du faire et subir pour s'en sortir…
Senghor : "Passant, ils sont tombés fraternellement unis pour que tu restes français."
Le dessin est inégal et le scénario m'a paru manquer de quelque chose pour me toucher vraiment, mais c'est un bel hommage, nécessaire, (et trop marginal : on devrait crouler sous ce genre de témoignages !) aux africains colonisés, regroupés sous l'intitulé "sénégalais", qui ont été sacrifiés dans nos tranchées glaciales et boueuses pour la gloire de l'occupant. Quelle ironie.
Les tirailleurs sénégalais (soldats africains) enrôlés plutôt de force que de gré sont utilisés en premières lignes dans une guerre qui n'était pas la leur pour sauver la patrie du colonisateur.
Connaissant ce que les français, anglais, allemands, belges .. ont commis comme crime en Afrique et ailleurs. Quelle ironie quand on lit à la dernière page, cette phrase de Senghor : Passant, ils sont tombés fraternellement unis pour que tu restes français.
Celui ou celle qui sortira l'Afrique de la misère et lui rendra l'honneur n'est pas encore né !