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Grenko morje

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roman o aleksandrinkah

296 pages, Hardcover

First published January 1, 2002

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Marjan Tomšič

16 books3 followers

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Displaying 1 - 5 of 5 reviews
Profile Image for Bruno Menetrier.
312 reviews4 followers
October 7, 2025
Le récit, au ton un peu désuet, de ces femmes slovènes qui acceptèrent de partir au début du siècle dernier pour Alexandrie ou Le Caire. Quelques années d'un difficile exil pour gagner quelques sous et permettre de sauver la ferme, les champs, la famille qui croule sous les dettes.

Le slovène Marjan Tomšič (récemment décédé) est né en 1939 : il avait pratiquement l'âge des enfants de l'une de ces Alexandrines dont il retrace le parcours dans son livre.
Les Alexandrines est son premier roman traduit en français (par Andrée Lück Gaye).
Une histoire d'exil au-delà des mers qui est comme un écho douloureux à celle de l'australienne Jojo Moyes (Les fiancées du Pacifique) ou celle de la japonaise Julie Otsuka (Certaines n'avaient jamais vu la mer).

Elles sont trois. Trois femmes venues de Gorica, au fin fond agricole de la Slovénie, qui était à l'époque (vers 1930) sous le joug fasciste italien avant d'intégrer la future ex-Yougoslavie.
Trois goriciennes parmi une multitude d'autres femmes slovènes qui acceptèrent de partir au début du siècle dernier pour l'Égypte, pour Alexandrie ou Le Caire.
Quelques années d'un difficile et douloureux exil pour gagner quelque argent et permettre de sauver la ferme, les champs, la famille : là-bas au pays, de l'autre côté de la Méditerranée, le paysan croule sous les dettes.
« Tu iras à Alexandrie car il n’y a pas d’autre solution . La seule qui peut nous sauver, c’est toi. Tu travailleras comme nourrice jusqu’à ce qu’on ait réglé nos dettes. Si on ne rembourse pas cet emprunt, on se retrouvera tous sur le pavé.
[...] Pourquoi s’était-elle mise en route ? Par quelle fatalité se retrouvait-elle sur un paquebot qui l’emportait loin de son fils, de son nourrisson ? Loin de son village, de son mari, de sa mère et de son père, de tous les siens. Que lui arrivait-il, quel rêve atroce faisait-elle, quel cauchemar ? »
Ces Alexandrines, seront donc nourrice, femme de ménage, domestique, dame de compagnie, chez de riches européens, anglais, français, ou chez de puissants commerçants, turcs, grecs, arabes, ...
Elles laissent derrière elles leur village, un mari ou un fiancé, leurs enfants, leur langue, les futures nourrices abandonnent leur bébé, car « dans tout Alexandrie et Le Caire, et aussi ailleurs, les Slovènes étaient depuis longtemps extrêmement recherchées et respectées. Elles avaient la réputation d’être travailleuses, honnêtes et fidèles. »
Nous allons suivre le parcours de la très pieuse Merica, la très jeune et très belle Vanda et d'Ana, la débrouillarde.
Toujours travailleuses, souvent belles, les tentations (et les dangers) ne vont pas manquer dans une Alexandrie cosmopolite où elles vont côtoyer de riches anglais ou français, des arabes ou grecs influents.
Pour certaines d'entre elles, viendra ensuite le temps du retour, tout aussi difficile, « un retour long et pénible [...] plein de silence, de soupçons et d’humiliations et de vexations qu’il vaut mieux ne pas raconter ».

Au premier abord, le style de Marjan Tomšič va sembler déroutant. Le ton est un peu suranné, démodé, et les émois amoureux de la jeune Vanda ou de la pieuse Merica nous paraissent quelque peu vieillots : « il y avait en effet beaucoup de cas d’amourettes entre une Slovène et un homme qui avait une autre religion, par exemple orthodoxe, musulman ou protestant et, parfois aussi, une autre couleur de peau. »
Le récit date d'une époque révolue et ne s'accorde plus trop avec nos grilles de lecture d'aujourd'hui.
Mais notre intérêt pour le destin de ces femmes, notre curiosité pour cette Alexandrie en pleine mutation après l'ouverture du Canal de Suez, vont faire que cette histoire captivante ne va plus nous lâcher.

Et puis bientôt le lecteur comprend que Marjan Tomšič ne se contente pas de suivre le parcours de ses trois héroïnes. Ces femmes et leurs consœurs ont de nombreuses occasions (comme le dimanche à la messe chez les Sœurs !) de partager leurs peines souvent, leurs joies parfois, leur nostalgie du pays et le souvenir de leurs familles. Ces discussions sont alors le prétexte à se raconter le destin de Marija, Katica, Ančka, Olga, ...
Et ce sont bien des dizaines d'Alexandrines que nous allons côtoyer au fil des pages.
« Katica n’était pas la seule qui vivait ses vieux jours à Alexandrie, faute de pouvoir rentrer chez elle.
[...] Elle trima, trima, et envoya sagement son argent à sa famille. Des décennies passèrent et quand elle voulut rentrer chez elle, il lui arriva ce qui était arrivé à bien d’autres. Pour elle, au pays, il n’y avait plus ni chambre ni pain. »
Un récit qui prend parfois l'allure d'un conte des mille et une nuits.
Profile Image for Derja.
4 reviews
June 1, 2024
i like the plot but its always repeating same things.
1,378 reviews56 followers
September 30, 2025
Qui étaient ces « Alexandrines », femmes slovènes d’origine modeste et rurale, parties travailler en Égypte juste après l’ouverture du canal de Suez de la fin du XIXe siècle aux années 1950 ? Nourrices, gouvernantes, cuisinières, elles étaient appréciées par la société cosmopolite d’Alexandrie pour leur propreté, leur honnêteté et leur intelligence.

Les trois héroïnes, Merica, Ana et Vanda, embarquent à Trieste sur un bateau à vapeur pour rejoindre Alexandrie. Là-bas, elles travaillent en tant que nourrice, femme de chambre, dame de compagnie pour envoyer de l’argent à leur famille restée au pays.

J’ai aimé suivre ces trois femmes au destin si différent : Ana travaille dans un hôtel et monte vite en compétences ; Merica a du mal à allaiter le bébé d’une riche famille anglaise ; Vanda ne perçoit pas les tractations du vieux couple chez qui elle travaille comme dame de compagnie.

J’ai découvert des jeunes femmes slovènes obligées de s’exiler en Egypte pour « gagner des sous » car dans leur village, leur famille est endettée.

Ce sont des jeunes femmes qui apprennent facilement les langues étrangères (français, anglais, italien et l’arabe en le pratiquant sur place).

Ces sont des jeunes femmes qualifiées de propres, honnêtes et intelligentes. Elles n’exercent donc pas les métiers les plus salissants et sont parfois admises à la table de leur employeur.

Si j’ai aimé le leitmotiv des sous qu’il faut envoyer au pays, la continuelle obsession de leur famille slovène, j’ai moins apprécié la répétition des qualités des jeunes exilées (propreté, honnêteté et intelligence).

J’ai eu de la peine pour celles qui rentraient au pays : d’une part parce qu’elles sont devenues d’autres femmes (elles s’habillent différemment, se comportent différemment), et d’autre part parce qu’elles ont sans cesse envie de repartir plus forcément pour gagner des sous, pour bénéficier d’une autre vie plus aisée.

Leur famille aussi, parfois, ne souhaite pas qu’elles rentrent une fois leur travail terminé et les laisse vieillir et mourir en Egypte.

J’ai souri chaque fois que le mot damote apparaissait : il désigne les alexandrines qui reviennent et se comportent comme des dames de la haute société qu’elles ont cotoyées.

J’ai aimé que Merica incarne cette femme tiraillée entre son bébé Mihec laissé à la ferme avec son mari et Thomas, le bébé anglais dont elle s’occupe et avec qui elle joue. Une fois rentrée en Slovénie auprès de sa famille qui lui a tant manquée, elle aussi rêve de repartir.

J’ai aimé que ce roman raconte d’autres vies et expériences que celles des trois personnages principales.

J’ai aimé découvrir une ville cosmopolite où juifs, musulmans et européens vivent ensemble dans la chaleur étouffante et la végétation luxuriante.

Quelques citations :

Si nous, les Egyptiennes, on n’était pas là, une baraque sur deux serait vide ou vendue aux Ritals pour quelques sous. (p.61)

Les rusés prennent les imbéciles dans leurs filets. Il existe deux filets : l’un est utilisé par les églises du monde entier et l’autre par la politique. Des rêves ! Ces rêves perfides et mensongers auxquels tant de croyants naïfs se laissent prendre. (p.332)

L’image que je retiendrai :

Celle du port de Trieste en Italie d’où partent les Alexandrines pour gagner des sous pour leur famille.

https://www.alexmotamots.fr/les-alexa...
Profile Image for Sebastjan.
25 reviews
January 13, 2014
iz pripovedi neke aleksandrinke: "če pustiš doma svojega dojenčka , in ko prideš sem, dojiš enega tujega, mu daješ svoje mleko, svojo kri, svoje življenje, in traja to dve leti, tudi več, in si mu potem še varuška nekaj let, in ko se po petih letih vrneš domov, saj te tvoj lastni otrok ne pozna in ti njega tudi ne. Gledata se kot tujca..."
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