Dix ans que les deux hommes s'étaient perdus de vue et puis d'un coup ils se retrouvaient au détour d'une rue, face à face. Le hasard, paraît-il, fait bien les choses. S'il s'agissait de lui, il aurait mieux fait ce jour-là de se mêler de ce qui le regardait, mais il n'y était pour rien. Skender le comprendrait bientôt, ce n'est pas le hasard qui avait mis Max et Madame sur son chemin. Il le comprendrait bientôt..
L’anabase du roman est assez haletante, la clochardisation de l’ancien légionnaire, sa relegation sociale et le triangle entre l’ancien sergent instructeur Max, Skenker et Madame la milliardaire est piquant, sans compter le choix artistique d’alterner les points de vue à chaque chapitre (cela aurait pu être lassant) mais c’est assez réussi.
En revanche à la longue, le style constitué de phrases courtes est usant.
Et la catabase est franchement décevante compte tenu de la montée et de l’enjeu dramatique.
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Très grosse chute de clichés au mètre carré ! La femme riche qui s'organise une battue à l'humain, le légionnaire bourru qui pleure en écoutant Schubert, l'amitié virile, le respect, les valeurs... Et une fin maladroite (il ne pouvait en être autrement). Et pourtant, j'aime beaucoup les films de Lucas Belvaux.
J'ai été happée par le début de ce roman, dont j'ai trouvé la première moitié vraiment prenante et prometteuse. Je voulais en savoir plus, connaître l'issue de l'affrontement.
J'ai vite déchanté à partir de la seconde moitié. Les chapitres étaient longs, teeeeellement répétitifs. L'écriture de l'auteur, qui entretenait le suspense au début du livre, étirait absolument pour rien les pensées des personnages, qui d'ailleurs se ressemblent toutes à partir du dernier tiers. Si c'est peut-être un effet souhaité, il n'aura réussi qu'à me faire lire en diagonale ces chapitres sans fin. La précipitation de la fin et les décisions finales des personnages m'ont vraiment parues sortir de nulle part. Je me suis vraiment demandé à quoi toute cette tension a servi depuis le début.
J’ai adoré l’écriture : rythmée, addictive, poétique et efficace. L’histoire m’a hypnotisée au debut. Je voulais absolument savoir la suite. Le rythme s’est cependant un peu essoufflé et j’ai trouvé certaines longueurs... la fin m’a un peu surprise (pas forcément positivement) et j’aurais aimé voir davantage le personnage de "Madame" dans la seconde partie que je trouvais bcp plus fascinant dans la premiere. Hâte tout de même d’aller voir l’adaptation cinema qui vient de sortir.
Ce livre est vraiment particulier… À part, indéfinissable, j’ai beaucoup aimé.
La pression psychologique est forte, les personnages sombres.
Accepter une grosse somme d’argent contre une chasse à l’homme mortelle, c’est ce qu’accepte Skender, ancien légionnaire et actuellement paumé. Mais au fil du temps, les personnages évoluent et ce qui devait se passer pourra les changer à jamais.
i did not expect it to end like that but wow i really liked it. loved the different point of views and the different psychological effects it had on all of them
Trois personnes tourmentées: Skinder, ex légionnaire (posttraumatique) vit comme un clochard, loin de sa famille et se fait offrir par son ex compagnon d'armes, Max, un contrat complètement amoral. Max a retrouvé sens à la vie auprès de Madame (veuve, férue de chasse, abimée profondément par son ex-mari qui la laisse cependant milliardaire) et dont il est l'homme à tout faire. Dans 6 mois, Skinder deviendra l'homme à tuer pour la "modique" somme de trois millions. Ça se passera sur les terres de Madame qui le prendra en chasse, et ce, pendant trente jours. Pendant ces 6 mois, la prédatrice et la proie s'entraînent. Skinder redevient celui qu'il était et renoue avec sa famille. J'ai aimé ce roman haletant et j'ai trouvé très intéressant le fait que le récit n'est que projection. En effet, chaque chapitre donne la parole à un des protagonistes qui s'imagine au futur. On suit les réflexions, les émotions de ces trois personnages pendant tout le temps qui précède la chasse.
L’histoire avait bien commencé, les sauts de points de vue étaient intéressants, l’analyse des personnages captivante. Mais la chute vers la fin… grande déception. Dans les derniers dix chapitres, j’ai sauté plusieurs paragraphes de suite sans rater de détails importants. Les différents points de vue racontaient la même chose sans valeur ajoutée. Dommage, l’idée était excellente et intrigante. Je n’ai malheureusement pas trouvé au final quelle était la morale de l’histoire.
Une claque ! Je n'avais lu que les premières pages et c'était déjà le sentiment que j'avais. Les premières pages sont d'une puissance époustouflante. Il est rare d'être engagé aussi rapidement dans un récit. Et ça ne faiblit pas. On continue la lecture essoufflé, avec ce rythme d'écriture saccadé mais fluide, âpre mais addictif, propre à Lucas Belvaux.
Skender est un clochard, mais il ne l'a pas toujours été. Il était légionnaire, combattant, puis mercenaire. Il était braqueur mais aussi père et mari. Il s'est perdu en chemin. Il a été broyé par le jeu de la guerre et s'est retrouvé enfin survivant à la lisière de la société, traînant avec lui cauchemars et honte.
Madame est riche, très riche. Mais elle ne l'a pas toujours été. Aujourd'hui, elle évolue dans un monde où règnent le raffinement, l'art, la culture et l'argent. Avant, elle était une petite fille issue d'une famille pauvre du Laos. Aujourd'hui, elle est passionnée par la chasse.
Et puis il y a Max, trait d'union entre ces deux mondes inconciliables. Il a plongé dans l'abîme avec Skender, mais il a su s'élever pour être à la hauteur d'être un satellite de Madame. Il a donc pu organiser cette rencontre improbable entre un chasseur qui peut offrir beaucoup et un démuni dont la vie ne vaut plus grand-chose.
L'idée n'est pas nouvelle. Il y a plusieurs années, déjà, j'avais lu bouleversée ce petit roman américain, "Raphaël : derniers jours", un bijou de violence, qui racontait la cruauté des puissants et le désespoir digne de ceux qui n'ont rien.
L'idée est même beaucoup plus ancienne. Il y a toutes les variantes, des Misérables aux romans contemporains. Depuis des décennies, il y a des riches prêts à tout pour tromper leur ennui, mesurer leur puissance, tutoyer le pouvoir des dieux. Et des démunis qui veulent s'acheter une sortie moins honteuse et un avenir à leurs bien-aimés.
Mais "Les Tourmentés" est tout de même particulièrement original, avec son traitement, la justesse des descriptions, la profondeur des personnages, la capacité de capturer toutes les nuances de sentiments qu'une âme humaine peut contenir. Et puis l'espoir, l'amour, la beauté comme un fin rayon de soleil au milieu de toute cette noirceur.
Un gros coup de cœur ♥️ Max et Skender se sont connus dans une autre vie, ils ont été légionnaires puis mercenaires. Leurs chemins se sont éloignés depuis qu’ils sont de retour à la vie civile. Skender père de deux garçons qu’il a eu avec Manon est sans-abri car toute cette violence a laissé des traces indélébiles en lui … Max est au service de Madame, une jeune femme veuve passionnée par la chasse. Il est son homme à tout faire, de ménage, coach sportif et ils partagent la passion de l’art à travers les livres, la musique, les films … Mais Madame a tout chassé, tout sauf l’homme. Max fait l’entremetteur entre Skender et Madame. Serait-il prêt à mourir pour ses enfants ? À combien estime-t-il sa vie ? 3 millions. Une coupe de champagne pour signer cette accord qui satisfait chaque partie. Ils ont rendez-vous dans 6 mois pour le début de cette chasse à l’homme … Que trouveront-ils à l’issue de cette partie qui promet la mort de l’un d’entre eux ?
Un premier roman au style nerveux en parfaite adéquation avec le thème et au rythme haletant du début à la fin crée par des chapitres très courts. Les points de vue des protagonistes en alternance sont chaque fois à la première personne, un point qui déstabilise de prime abord mais qui crée comme une surprise au début de chaque chapitre, on est à l’affût d’indices pour découvrir dans la tête de quel personnage on se situe. Malgré l’alternance des personnages d’un chapitre à l’autre, le lien est parfaitement tissé entre chacun, le récit n’en est absolument pas décousu au contraire il y a une belle fluidité dans les enchaînements et les points de vue sont très intéressants et se complètent. Un roman psychologique parfaitement maîtrisé 👏 j’ai adoré 👌👌👌 autant la forme que l’histoire et les personnages ! Je voulais le lire depuis sa sortie en 2022, je suis ravie d’avoir pris le temps de le lire !
Quelle histoire étrange que celle de Madame qui, ayant chassé les plus gros gibiers, souhaite ajouter l’homme à son palmarès. Elle a à son service Max, un ancien légionnaire qui lui trouve la personne idéal : Skender, devenu SDF après son retour à la vie civile.
Je n’aime pas la chasse, mais j’ai aimé suivre tour à tour les pensées de chacun : Skender acceptera-t-il et moyennant combien d’argent ?
J’ai aimé Max qui a découvert la musique, la littérature et l’art en général grâce à Madame.
J’ai aimé que Madame soit laotienne, Skender serbe et Max un homme noir.
J’ai découvert avec horreur l’histoire de Madame : le bienfaiteur du village l’a pris sous son aile, l’a instruite dans des internats de filles en France.
J’ai aimé découvrir la femme et les deux fils de Skender, son aîné Jordie qui adore éplucher les patates. J’ai aimé que Skender accepte le deal avec Madame pour préparer une meilleure vie à sa famille.
J’ai eu de la peine pour Skender qui doit mentir à sa famille.
Une émotion particulière lorsque Skender découvre dans l’appartement parisien de Madame une photographie d’une magnifique vallée afghane pleine de couleurs et de vie ; Skender se rappelle qu’avec Max, ils y avaient fait la guerre.
Un roman très fort sur le destin et la guerre avec des personnages qui réfléchissent.
L’image que je reteindrai :
Celle de Madame se croyant protéger par ses chiens alors que Max sait très bien comment les mettre hors course.
Livre très original qui vous coupe le souffle. J'ai trouvé difficile de le poser. J'ai vécu un voyage inconnu à travers les différents personnages à la fois énigmatiques et néanmoins compréhensibles. Ecriture précise, riche, délicate, qui met en valeur les caractères tourmentés.
Origineel verhaal dat je de adem beneemt. Ik vond het moeilijk om het boek weg te leggen. Een weergaloze reis door de levens van raadselachtige, maar toch begrijpelijke personages. Heel precies geschreven in rijke, verfijnde taal. Hierdoor kregen de gekwelde karakters een menselijke kant.
3,5/5 Une lecture prenante, à l’écriture effrénée, où on peut à peine reprendre son souffle. J’ai aimé l’originalité du scénario et de la narration, on saute des pensées d’une personne à l’autre, dans ses doutes, ses angoisses, ses remises en question, ses colères, ses joies. On vit l’instant à travers les mots soufflés, lâchés, grimacés, criés. Ce livre était un cadeau : « Il paraît qu’il est génial » m’a-t-on dit, et c’était effectivement à la hauteur de ses promesses, car je ne m’y attendais pas, et j’ai beaucoup aimé cette originalité!
J’ai beaucoup aimé ce livre notamment l’écriture ! Le fait de changer un peu de style en fonction des personnages, même de façon assez subtile j’ai trouvé ça super. Il y a derrière ce récit une vraie réflexion sur la valeur de la vie et sur ce qui compte, sur ce qu’on est prêt à faire pour ceux qu’on aime.
Une intrigue originale qui aurait pu emprunter dix autres chemins au moins. Le roman tient en haleine jusqu’au bout , prépare des pistes pour mieux les abandonner et nous induire en erreur. Le style est soigné et le ton presque poétique.
Une histoire bizarre et un style lancinant. Un roman choral fait uniquement de monologues intérieurs qui tournent un peu en rond. Il n'y a guère de différences de style dans les pensées des adultes et trop de reprises, de questionnements identiques à mon goût. J'ai eu du mal à terminer.
Je ne suis pas habituée à ce style de lecture mais j’ai beaucoup aimé. J’ai trouvé les différents points de vue et l’évolution dans la psychologie des personnages vraiment sympa. C’est un roman qui se lit très rapidement parcontre je suis pas complètement convaincu de la fin
Une lecture rapide qui me laisse un sentiment mitigé. Pas fan du style, et du changement incessant de narrateur. L histoire est globalement assez mince, habillée de beaucoup de couches d introspections diverses. La trame est simpliste, et déjà vue ou entendue. Mais malgré tout cela, les personnages m ont touchée, et il y a une certaine force d évocation qui rappelle le Lucas cinéaste. De quoi faire un beau film avec des acteurs à la hauteur de l incarnation.