Magie et défiance, voilà ce qui me vient à l’esprit quand je pense aux Fééries d’Eshad. Merci à NetGalley et à Scrineo pour l’obtention de ce service presse.
J’ai commencé Les Fééries d’Eshad car je connaissais la plume de Cindy van Wilder (Les Outrepasseurs chez Gulf Stream). Ici, on se retrouve aussi avec un univers original, mais pas du tout féérique comme son nom le laisserait penser. On est davantage sur une ambiance un peu plus sombre, envoûtante et légèrement troublante.
Dans ce roman, on est obligé de penser à Hunger Games : l’inspiration est réussie et surpasse le concept initial. On part du même principe : des jeunes vont être sacrifiés lors d’un tournoi dont on ne sait rien, ce sont les fameuses fééries. Le tournoi, on en entendra peu parler au final, on se concentrera davantage sur l’évolution de notre héroïne Ari. Elle est pétrie de doutes, ses souvenirs se sont dissous, elle inspire directement notre empathie. Je me suis vite attachée à Ari et à sa bande de comparses.
En détail, on découvre un univers où Arcanes (possédant la magie) et Esharis (plutôt tech et centrés sur les découvertes) sont opposés. Les premiers sont opprimés par les seconds. Les Arcanes se sont battus, mais ont été asservis par les Esharis à cause de leur magie et de leurs croyances (de jolis passages sont consacrés aux divinités élémentales qu’ils vénèrent). Depuis les Arcanes doivent regagner leur liberté, mais c’est quasiment irréalisable.
On suit justement Ari qui est une Arcane particulière, qui cache ses talents. Elle est définie comme une Ordinaire parmi son peuple, surtout que sa barbe la désigne comme un monstre de foire, une honte parmi les siens.
En parlant de monstres, c’est un peu l’impression que j’ai eue. Je me suis imaginé le cirque de The Greatest Showman dans les premiers chapitres. Ambiance années 1920 et injustice se dégageaient de ma lecture, le tout avec des touches de steampunk grâce à la technologie apportée par la famille Harringwood.
Le cirque, c’est là qu’Ari et ses amis sont retenus : ils tentent d’en échapper mais sont vendus aux fééries contre leur gré. Les fééries, se déroulent justement au manoir Harringwood. J’arrivais très bien à visualiser les décors : à la fois majestueux, avec des vitraux scintillants partout mais avec quelque de corrompu, de singulier qui s’en dégageait. Pendant les premiers jours aux fééries, on découvre que les Esharis ont tapissé le domaine avec des cristaux qui ont un étrange pouvoir sur Ari et son ami Théo. Leurs dons sont exacerbés et ça promet des choses intéressantes pour la suite. On se dit que tout tourne autour des cristaux alors que des disparitions inquiétantes surviennent au manoir.
C’est créatif, plein d’idées et avec une identité travaillée. On oppose deux mondes bien différents. Cette lecture, c’était aussi l’occasion pour moi de découvrir l’écriture inclusive, dont je suis peu familière mais à laquelle je me suis rapidement habituée au fil des pages.
J’ai aimé les différents twists du roman, que je n’avais vraiment pas vu venir (Les Autres vous avez dit ?) et ce côté vraiment original et affirmé. J’avais l’impression de lire quelque chose de nouveau et pas une énième copie d’un roman jeunesse.
On est pris dans l’aventure, on cherche, comme Ari un moyen de s’échapper, mais on est surtout curieux de la manière dont l’auteurice va réussir à désamorcer la situation ! Pour découvrir cet univers singulier, à vous de mettre la main sur Les Fééries d’Eshad qui sortira le 18 janvier 2024 !