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Les Signes Parmi Nous: Tableau

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Dans ce livre, Ramuz explore les thèmes de l'aliénation et de l'isolement à travers l'histoire d'un personnage mystérieux qui apparaît dans une petite ville. Les lecteurs seront entraînés dans une expérience émotionnelle profonde et réfléchiront sur la nature de la solitude et de la communauté. This work has been selected by scholars as being culturally important, and is part of the knowledge base of civilization as we know it. This work is in the "public domain in the United States of America, and possibly other nations. Within the United States, you may freely copy and distribute this work, as no entity (individual or corporate) has a copyright on the body of the work. Scholars believe, and we concur, that this work is important enough to be preserved, reproduced, and made generally available to the public. We appreciate your support of the preservation process, and thank you for being an important part of keeping this knowledge alive and relevant.

258 pages, Paperback

First published January 1, 1919

9 people want to read

About the author

Charles-Ferdinand Ramuz

147 books33 followers
C.F. Ramuz was a French-speaking Swiss writer. Born in Lausanne and educated there he moved to Paris in 1903 where he first published a collection of poems, 'Le petit village.' At the outbreak of WWI in 1914 he returned to Switzerland and devoted his life to writing which included the libretto for Igor Stravinsky's 'Histoire du Soldat' in 1918. He died near his home town. His image now appears on the 200 Swiss Franc note and his foundation awards the quintannual Grand Prix C.F. Ramuz.

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Displaying 1 - 2 of 2 reviews
Profile Image for Etienne Mahieux.
547 reviews
January 21, 2020
Pour commencer, ce titre irrésistible, qui pourrait passer pour une définition de la littérature.
"Les Signes parmi nous" est un bref roman qui se concentre sur une petite bourgade vaudoise et ses alentours, par une journée brûlante de l'été 1918. Un jeune colporteur, Caille, parcourt l'endroit en tâchant de vendre des brochures qui reproduisent le texte de l'Apocalypse, et pendant longtemps la narration se contente de le suivre. Ramuz déploie alors le tableau — genre revendiqué par le sous-titre de l'oeuvre — de ce petit monde cerné par la guerre européenne, dont les échos et les conséquences, malgré la paix garantie par la neutralité suisse, le pénètrent sans cesse plus profondément : ces francophones prennent plus ou moins clairement le parti des Alliés ; les pays en guerre ne sont pas bien loin et le conflit constitue une menace diffuse ; l'inflation et le rationnement sont bien là, eux, et les réfugiés ; la grippe commence à tuer ; sans parler des rêves d'émancipation plus ou moins violente qui font écho à la révolution russe.
C'est bien un tableau : il serait abusif de parler d'intrigue, et l'on doit attendre plus d'un tiers des quelque cent cinquante pages avant de voir simplement reparaître un personnage autre que Caille. Simplement, à mesure que celui-ci poursuit sa tournée, et que la chaleur devient insupportable, on croit discerner dans le paysage, l'angoisse née de la guerre mondiale aidant, les Signes précurseurs de la fin des temps, tels que les décrit le livre visionnaire de saint Jean ; le récit est bien sûr cousu de citations bibliques, et particulièrement et explicitement de cette Apocalypse que Caille tente de distribuer de maison en maison, tantôt bien, tantôt mal reçu.
"Les Signes parmi nous" est un roman d'une impressionnante modernité.
Premièrement, il s'agit de la description d'une canicule effroyable, qui rabat sur la vallée les fumées de la verrerie et du chemin de fer, qui rendent l'air irrespirable. Les organismes sont mis à rude épreuve et l'événement climatique exceptionnel déclenche des peurs de fin du monde. C'était il y a cent ans.
De plus Ramuz est en pleine possession de sa manière, qui mêle allègrement passé et présent, première et troisième personne… Sous la plume de mes élèves ces incohérences ne font naître que la confusion. Chez Ramuz, elles sont calculées avec une précision telle qu'il semble que le narrateur soit un courant d'air, un souffle de vent qui passe de lieu en lieu, de personnage en personnage, empruntant soudain leur première personne quand il passe entre leurs deux oreilles. Nous sommes plusieurs années avant la splendide ouverture de "Mrs. Dalloway", qui suit le parcours d'un avion dans le ciel de Londres comme Ramuz suit son colporteur et semble virevolter autour de lui comme un oiseau. Il est fort douteux que Woolf ait lu "Les Signes parmi nous" : c'est là un signe des temps, de l'urgence d'un modernisme littéraire.
Ramuz écrit et publie son roman en 1918-1919, moins de trois ans après la parution du "Cours de linguistique générale" de son compatriote Saussure. Et voici qu'il interroge la possibilité d'une sémiologie des choses, voire de l'univers. Les phénomènes dont sont témoins les personnages, et qu'ils lisent, influencés par les brochures de Caille, comme des signes annonciateurs, sont-ils des signes ? L'univers est-il le signifiant sublime d'un signifié cosmique, divin ? La réponse de Ramuz est sceptique : son style heurté, râpeux évoque avec puissance la présence sensuelle, immédiate des choses, qui ne semblent pas avoir besoin d'autre justification que les moissons, ou le rapprochement inattendu des amants dans un grenier. En France, quelques années plus tard, se lèvera son disciple Giono, d'abord dans une veine très proche ; et même après l'autre guerre, "Le Hussard sur le toit", malgré tout son romanesque stendhalien, me semble se souvenir des "Signes" dans l'errance initiale d'Angelo au milieu du choléra et d'une autre canicule, avant que petit à petit Giono ne se résolve à proposer une intrigue (et quelle intrigue !)
J'ai pris sur le présentoir ce petit livre vert qui ne payait pas de mine en espérant y retrouver la patte de son auteur, que j'admire sans l'avoir beaucoup lu ; et je découvre un jalon, une pierre blanche sur le chemin de la littérature.
Profile Image for Alexandre Andrade.
Author 24 books41 followers
December 5, 2021
Un très beau livre qui m'a donné l'envie de continuer à découvrir l'oeuvre de cet écrivain suisse. Je suis choqué par le fait que si peu d'utilisateurs l'ont lu sur Goodreads.
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