Ma maison n’est pas juste une maison, c’est la peur et la porte qui mène à la cave, mon père et maman, et tous ceux qui s’aiment mal. C’est les épaules de mémère plus anciennes que tout, des promesses de promenades juste nous deux ensemble que ma grande sœur Lucille ne tient jamais, des fleurs desséchées entre les pages jaunies de l’Officiel du Scrabble, la télé tout le temps ouverte comme la bible sur la table de chevet de ma tante Solange; c’est tout ça, un trésor de fossiles sculptés à même une falaise, et tout ce que je crois connaître.
Dans ce qu’on pourrait qualifier de fusion étrange entre le récit d’enfance, l’autofiction et un épisode particulièrement intense de La famille Addams, Steph Rivard raconte l’existence de William, un jeune garçon de douze ans qui grandit tant bien que mal entouré de sa famille élargie dans une immense maison aux accents tant gothiques que banlieusards.
Les fausses couches, c’est un coming of age par le deuil, la maladie mentale et la magie, mais c’est aussi une lettre d’amour à l’importance des liens familiaux, aussi désaxée cette famille soit-elle.
***1/2 Quelle curieuse lecture que cette famille incroyablement dysfonctionnelle et dérangeante! Le côté indomptable de cette réalité anarchique est très touchant et l'histoire est vraiment bien réfléchie. À mon sens, la fin est vraiment douce, elle finit bien le roman, mais j’aurais aimé avoir plus d’indices sur certains détails laissés en suspens. Cela reste toutefois une lecture dérangeante et intéressante, dont l’univers lugubre et naïf vaut la peine d’être visité.
Plus 3.5 Très imagé, ce petit roman était touchant et j’ai remarqué plusieurs magnifiques phrases. Sans en connaître les détails, on peut bien saisir le ressentit des événements qui surviennent dans cette famille. On n’a pas réponse à tout, j’en aurait pris un peu plus, mais j’ai quand même aimé ma lecture.
Je dirais plutôt 3½. (Je déteste ce système d'étoiles, je l'ai déjà dit.)
J'avais commencé à lire ce livre il y a quelques mois, puis je l'ai « perdu » dans mes affaires, commencé d'autres livres, etc. J'avais pas accroché tant que ça la première fois mais je voulais continuer, sans trop savoir pourquoi; je trouvais ça étrange. Quand je l'ai retrouvé, dernièrement (je l'ai recommencé du début bien sûr, c'était comme une toute nouvelle lecture. C'est en effet très étrange. Et c'est ce que j'ai le plus aimé.
On entre chez une famille dysfonctionnelle, isolée, très décalée par rapport à la réalité. On devine selon quelques indices que ça se passe en Mauricie, mais j'aurais jamais pu dire quand, où, comment ce qui est raconté pouvait avoir lieu. Les anecdotes bien ficelées, jamais plates, on faites en sorte que je n'ai jamais perdu le fil ni même ressenti de longueurs, ce qui est plutôt rare pour moi qui suis facilement déconcentrée quand je lis.
L'abus de métaphores ou de comparaisons m'a peut-être un peu agacée au début, mais en même temps, c'est le style de l'auteur je m'y suis fait, ça finit par bien couler. Je crois que ça ajoute quelque chose à cette histoire de famille compliquée qui pourrait avoir l'air banale autrement.
Genre de livre qui me passe 10 pieds en haut de la terre. Il m'a attiré parce que je trouve que la couverture ressemble aux dessins de Orgasme à Moscou d'Edgar Hilsenrath.