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Voyage au Maroc en 1803

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Ali Bey Al Abbassi se nomme en réalité Domingo Badia y Leblich. Il est né en 1767 à Madrid où il a appris l'arabe. Un voyage scientifique en Afrique lui ayant été refusé par l'Académie espagnole, il entreprend seul le voyage. Il débarque à Tanger en juin 1803, déguisé en Arabe, se prétendant musulman, et décrit minutieusement ce qu'il voit. Il est le premier Européen à rapporter une description du Maroc de cette époque (avant Caillé et De Foucauld). Les informations qu'il consigne tendent visiblement à préparer l'occupation espagnole de Tanger. Chassé par le sultan qui le considère à juste titre comme un espion, il doit rentrer en Espagne en 1805 où il est nommé préfet de Ségovie.
Ali Bey dresse un tableau précis et vivant de la civilisation du sultanat marocain au début du XIXè siècle. Ses observations sont aujourd'hui précieuses au moment où le nord du Maroc, en pleine expansion économique, doit se poser la question de la réforme sociale, politique et religieuse qui doit l'accompagner et la rendre durable. Le récit du voyage d'Ali Bey au Maroc n'a pas été réédité depuis sa parution originale en 1814.

185 pages, Paperback

First published January 1, 1999

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About the author

Domènec Badia i Leblich

17 books2 followers
Ali Bey el-Abbassi (علي باي العباسي), was the false name/pseudonym that Domènec Badia i Leblich (Barcelona 1766 – Syria 1818), a spaniard explorer and spy in the early 19th century, used for several years in his travels to North Africa and the Middle East. Notably, he witnessed the Saudi conquest of Mecca in 1807.

After receiving a liberal education, Badía devoted particular attention to the Arabic language, which he studied in Valencia and London, and made a special study of the manners and customs of Arabian lands. Under the name of Ali Bey al-Abbasi, pretending to be a descendant of the Abbasid Caliphs of the West, and in Muslim dress, he spent two years (1803-5) in Morocco on terms of high favor with the emperor. He then went to Mecca, at that time in the possession of the Wahabites, ostensibly to perform the hajj. On his way there, he stopped in Tripoli, Cyprus, and Egypt. On his way back, he stopped in Jerusalem and prominent places in Syria, and reached Constantinople in the autumn of 1807

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Displaying 1 - 4 of 4 reviews
Profile Image for Yann.
1,413 reviews395 followers
December 7, 2015



Le voyage au Maroc d'Ali Bey Al Abbassi est la relation d'un espagnol, Domingo Badia y Leblich, né vers la fin du XVIIIè siècle, et qui a entrepris en 1803 d'explorer le royaume du Maroc en devenant islamite, afin de pourvoir être admis partout, puis se fait passer pour un levantin érudit ayant voyagé par l’Europe, faisant escale en Afrique du Nord avant de regagner sa nation. Il a si bien réussi sa mystification que le Sultan lui-même, émerveillé par ses connaissances astronomiques, va rechercher activement sa compagnie en lui prodiguant moult marques d’intérêt et d’amitié.

Lorsque j'ai commencé la lecture, j'ai eu du mal à avaler le regard extrêmement européocentrique de Domingo : tout lui parait affreux, arriéré, sale, laid, inférieur à ce qui existe en Europe à la même époque, et la lecture de son continuel mépris sarcastique inquiète et glace d’abord le cœur. Mais heureusement, le ton change peu à peu, à mesure qu’on avance dans le récit, qu’il a des relations avec les grands, et il finit même par concéder des louanges sur certains points. Celles-ci paraissent d’autant plus éclatantes qu’il s’est montré particulièrement négatif au début du récit.



Domingo décrit les mœurs dans les villes, et la vie de tous les jours : cuisine, loisirs, promenades, conversations, commerce. A cette époque, le commerce anglais a remplacé l’usage du café par celui du thé. Domingo est particulièrement choqué par la manière peu amène avec laquelle les juifs sont traités, qui bien que tolérés, sont régulièrement victimes d’avanies et de violences. J’ai été intrigué par la description d’un jeu amusant, qui oppose deux équipes, dans lequel il faut deviner où se trouve une pièce cachée sous une tasse parmi un grand nombre : une des équipes le sachant, le sel de l’exercice consiste à lire dans la physionomie de ces derniers si l’on se dirige ou non vers celle qui faut éviter.

Sa réputation grandit, et il ne tarde pas à être connu par le Sultan, qui le cherche activement, et le comble d’honnêtetés. Ce souverain lui apprend à lire, se préoccupe de la taille de sa moustache, lui fait parvenir du pain. Passionné de science, ce dernier ne se lasse pas d’examiner le ciel en sa compagnie, et de s’étonner des expériences avec l’électricité qu’il se fait expliquer ensuite en détail. Cela m’a rappelé les voyage que le baron de Tott avait fait quelques années auparavant chez les Tartares, et où il s’était attiré autant de célébrité que d’importunités en produisant le même genre d’expériences (Mémoires du baron de Tott sur les Turcs et les Tartares - 1785). Quoiqu’il en soit, ces démonstrations d’amitié ne laissent pas d’étonner Domingo qui se montre à partir de ce moment moins revêche.

Loin de rester oisif, Dominguo multiplie les voyages, sillonnant le pays de villes en villes, passant par les campagnes, les montagnes. Il aperçoit même depuis le cap Spartel les vaisseaux de lignes de l’amiral Nelson, lequels s’apprêtaient à infliger une sévère défaite aux flottes françaises et espagnoles à Trafalgar. Rien n’échappe à son industrieux examen, plantes, minéraux, relevés astronomiques, contenu des bibliothèques, fortifications, vocabulaire de dialectes locaux. Mais il doit composer devant les gens de sa suite pour ne pas éveiller l’attention, et avoue feindre ne moissonner que nonchalamment, sans presse, comme par hasard, pour tromper l’ennui.



Tout un chapitre décrit de manière générale la religion musulmane sunnite qu’il a embrassé, ses différentes sectes, leurs différences, les rites, calendriers et fêtes. S’il respecte la religion, il n’hésite pas à égratigner la superstition qui prospère, ici comme ailleurs, sur l’ignorance et la pusillanimité. La description des saints qu’il a rencontré n’en laisse pas une impression des plus positive : il fait même avouer à l’un d’eux son imposture. Il faut dire que ces hommes profitent de leur bonne fame pour en vivre comme d’un état qu’ils transmettent même à leurs descendants et membres de leur famille. Domingo se réjouit par contre du fait qu’il n’y ait pas de moines comme au Levant.

Il est impossible de ne pas faire le parallèle avec Volney, et son voyage effectué quelques années avant en Égypte et au Levant (Voyage en Syrie et en Égypte & Considérations sur la guerre des Turcs). Chez les deux auteurs, tous deux un peu espion, d’esprit Voltairien, le même regard sans fard ni aménité, la même érudition exigeante qui rejette l’autorité des auteurs anciens dont le témoignage est démenti par les faits, le même caractère trempé, la même soif de connaissance et de voyage. Domingo finira d’ailleurs par rejoindre la France, le camp qu’il choisira lorsque Napoléon se rendra maître de la péninsule, et qu’il aura à faire face à une guérilla appelant au retour du roi. A la chute de l’empire, il doit partir, étant identifié comme Afrancesado.

Au final, j’ai plutôt apprécié cette lecture, qui donne un regard d’il y a deux cent ans sur la partie la plus occidentale du « monde musulman ». Il a semble-t-il continué ses voyages plus loin, j’en lirais bien les relations (http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6...).
Profile Image for Daniel González.
25 reviews
July 16, 2019
Desde luego, no es uno de los mejores libros escritos por este autor.
Entretenido
Profile Image for Paky.
1,037 reviews13 followers
October 17, 2022
Un clásico de los viajes que tenía pendiente, una aventura realmente curiosa e interesante la de este catalán en los comienzos del siglo XIX, en una época en que confluían en Marruecos los intereses de distintos países europeos. Interesante por las notas históricas, las descripciones geográficas, los relatos sobre sus relaciones con los habitantes y las costumbres y tradiciones de estos pueblos. Algo sorprendente resulta la facilidad con la que se hace pasar por príncipe oriental y el espléndido trato que recibe.
Profile Image for Sara y Miguel.
56 reviews1 follower
March 28, 2020
Simplemente un genio. Sus descripciones muy minuciosas para conocer Marruecos, sus gentes y costumbres.
Displaying 1 - 4 of 4 reviews

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