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Mémoires du baron de Tott sur les Turcs et les Tartares - 1785

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En 1784 parurent, à Amsterdam, pour la première fois les Mémoires du baron de Tott sur les Turcs et les Tartares. Durant les deux années suivantes, ces Mémoires connurent encore quatre éditions en français, qui en firent un véritable best seller de l'époque ! Leurs versions en langues étrangères (anglaise, allemande, danoise et néerlandaise) remportèrent également un grand succès. La traduction anglaise des Mémoires du baron de Tott sur les Turcs et les Tartares fut un des ouvrages les plus empruntés par les membres de la New York Society Library en 1789… Les témoignages romanesques d'une vie d'aventures, les descriptions des sociétés orientales, les analyses philosophiques et politiques du déclin de l'Empire ottoman sont autant de facteurs de cette réussite . Pourtant, depuis la fin du siècle des Lumières, il n'y avait pas eu de réédition critique de cette source importante de l'Époque moderne, lacune maintenant comblée par l'Historien hongrois Ferenc Tóth, qui s'est livré, depuis plusieurs années, à une enquête scientifique sur la vie de l'auteur et sur la genèse de l'ouvrage.

382 pages, Hardcover

First published August 2, 1785

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About the author

François de Tott

78 books4 followers
François, baron de Tott (Báró Tóth Ferenc en hongrois) (1733-1793) est un militaire et diplomate français d'origine hongroise.

Né à Chamigny, près de La Ferté-sous-Jouarre, il fut employé à l'ambassade française de Constantinople de 1757 à 1763. Nommé en 1767 consul de France en Crimée, il eut part au rétablissement de Qirim Giray, khan des Tatars.

Appelé en Turquie près de Mustapha III, il y rendit d'importants services : il réforma les pontons et l'artillerie, défendit les Dardanelles contre la flotte d'Orlov, et donna les moyens de mettre à couvert la frontière turque du côté d'Otchakov et de la Crimée ; mais il trouva chez les Turcs tant d'antipathie pour les améliorations qu'il se dégoûta et revint en France.

Il fut chargé de l'inspection générale des consulats dans les Échelles du Levant et en Barbarie. Il émigra en 1790, et mourut à Bad Tatzmannsdorf, alors en Hongrie (1793).

Le baron de Tott possédait à fond la langue turque et connaissait bien les institutions et les mœurs de la Turquie : il a publié des "Mémoires sur les Turcs et les Tartares" 1, Amsterdam (Paris), 1784, 4 volumes in-8°. L'ouvrage est traduit et lu dans toute l'Europe avec intérêt, accréditant la thèse d'un Empire ottoman moribond. Ainsi sa traduction anglaise est l'un des ouvrages les plus empruntés de la New York Society Library pour l'année 17892;

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Profile Image for Yann.
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February 15, 2014
Ces mémoires ont été écrites par le baron de Tott, un noble franco-hongrois de la fin du XVIIIème siècle qui avait eu la chance d’apprendre la langue Turque. Ayant une formation militaire, il fut envoyé en mission par le quai d’Orsay, siège du ministère des affaires étrangères à Paris, pour plusieurs missions en Asie. Les quatre parties de l’ouvrage relatent chacune d’entre elles. Il faut en effet rappeler que la France entretenait d’excellents rapports avec la Sublime Porte Ottomane depuis le XVIème siècle. Les inimitiés entre le roi très chrétien et l’empereur, qui se disputaient le nord de l’Italie, avaient précipité ce rapprochement de circonstance, en dépit des préjugés religieux qui avaient par le passé laissé sans réponses les entreprises diplomatiques Ottomanes. Les forces engagées par les Habsbourg contre les Turcs soulageaient les Français en prise avec les Espagnols dont ils étaient entourés. Mais au XVIIIème siècle, l’empire Ottoman n’est plus que l’ombre de lui-même, et c’est tout l’art de la diplomatie de faire en sorte que cette faiblesse ne soit découverte, en gênant les entreprises de Catherine II de Russie qui compte bien prendre pied en Mer Noire.

La première partie relate le quotidien du baron et de sa femme à Istamboul, en tant que secrétaire d’ambassade. Sa parfaite maîtrise du Turc et sa position lui permettent d’être tout à fait à l’aise avec les grands du royaume. C’est dans ce volume qu’il va s’étendre le plus sur les mœurs locales, dont il a pu être un fin observateur, étant resté sur place pendant des années. La curiosité dont il fait preuve n’est d’ailleurs pas exclusive, les ses connaissances turques ne manquent pas une occasion de se mêler à la société des européens, dans leurs fêtes, ni d’inviter chez eux leurs familles. Un point choquant, c'est l'injustice et la brutalité avec lesquels les non-musulmans sont traités, les exemples ne manquent pas pour l'illustrer. Sont passées en revues toutes les suites néfastes du manque d'esprit civique, de la rapine et de la violence qui mine la société. Mais le point principal sur lequel s’attarde le baron, c’est la place de la femme dans la société, qui offre d’autant plus de contraste avec ce qu’il connaît qu’en France qu’elle a été particulière au XVIIIème siècle, au point de faire crier les plus prudes. Un usage qui ne laisse pas d’étonner notre auteur, c’est le fait de cacher la fiancée à son futur. Mais il s’agit surtout pour Tott de tordre le cou à la turcomanie à la mode dans les romans de l’époque, comme les Lettres Persanes, le Sopha, ou les Bijoux Indiscrets, par lesquels le public se faisait des idées fausses et idéalisée de ce que pouvait être l’existence des femmes dans les sérails et les harems. Il peint une réalité moins enchantée, et de l’existence de ces esclaves condamnée à l’oisiveté et à la jalousie, et de leur mari, réduit à l’indifférence pour le plaisir du fait de la satiété. Une scène navrante, cette rencontre fortuite dans le palais:
Un enfant d'environ quatre ans, nuds pieds, mal vêtu, vint lui baiser la main. Le Mollach le caresse, et lui demande qui est son père? C'est vous répondit-il vivement. Quoi! Je suis ton père?... Et comment te nommes-tu?... Jussuf... Mais quelle est ta mère?... Katidgée. Ah! Bon, Katidgée... Oui vraiment me dit froidement l'effendi: je ne les connaissais pas.

La seconde partie relate sa mission en tant que consul de France chez les rustiques Tartare du Kam de Tartarie, en Crimée. Les difficultés pour se rendre sur place sont immenses, et demandent des travaux infinis pour vaincre les obstacles offerts par la nature. Mais ce qui choque le plus Tott, ce sont les moyens par lesquels les Turcs qui l’accompagnent lui procurent le nécessaire pour arriver à leur but : les châtiments corporels sans raisons, et l’extorsion pure et simple. Comme les vivres acquis avec une telle injustice lui restent en travers de la gorge, Tott ne se prive pas de le faire savoir à son protecteur, qui pour son édification, le laisse faire ainsi qu’il l’entend. Hélas, la manière douce finit en catastrophe, et Tott doit s’en remettre bien malgré lui à la discrétion de son protecteur, lequel n’est pas fâché d’avoir démontré sa supériorité. Arrivé chez les Tartares, Tott se sent très bien, et apprécie beaucoup le caractère des habitants, dont il loue sans réserve la simplicité, la cordialité et l’honnêteté des mœurs. Les démonstrations qu’il fait avec l’électricité, pour amuser le Khan, lui donnent rapidement une réputation de magicien, et il doit bientôt cesser ces démonstrations qui lui attirent des foules de visiteurs. Dans ces contrées éloignées de toute civilisation, les dangers sont nombreux, et donnent au baron l’occasion de plusieurs petites aventures qui lui permettent d’illustrer sa bravoure et son à-propos.

La troisième partie est particulièrement intéressante, car Tott est mandaté pour rien moins que mettre en place la défense des Dardanelles et d’Istamboul contre la flotte Russe de l’amiral Orlov qui vient la menacer avec sa flotte. Rapidement repéré par la Porte pour son industrie et son efficacité, tous les moyens sont mis à sa disposition pour les mettre en place des défenses dignes de ce nom. Il va même, sans aucune expérience préalable et avec le seul secours de l’Encyclopédie, créer de toute pièce une fonderie de canon, et former leurs servants. Mais s’il ne manque pas de volonté, il lui faut vaincre mille difficultés propres aux circonstances : ce sont l’ignorance, le fanatisme et le despotisme, qui travaillent de concert à rendre presque impossible toute entreprise. Il les prend quand même au final plus à la manière de Démocrite qu’à celle d’Héraclite. Les autorités, qui sont en réalité pour certains bien loin de toute bigoterie, le soutiennent à fond, et rient avec lui de la manière dont il se débarrasse des importunités des coquins enthousiastes. Les anecdotes qu’il relate sont propres à faire sentir toute l’impatience qu’il a pu éprouver, mais que son industrieuse activité a réussi à vaincre toutes les contretemps, au point de susciter la vive reconnaissance de la Porte, et la colère de Catherine dans sa correspondance avec Voltaire.

La dernière partie relate ses voyages dans les différents pays sous domination de la Porte, avec une attention particulière pour l’Égypte. Tott émet l’hypothèse nouvelle pour l’époque, car elle contredit l’écriture sainte, mais sûrement exacte, selon laquelle les pyramides et tous les monuments d’Égypte n’ont pas été construits par des foules esclaves mais par des hommes libres. C’est encore l’occasion de pester contre les suites malheureuses du despotisme qui affaiblissent cruellement les Ottomans, et détruisent peu à peu tous les ressorts de la société. Comme dans les relations de Constantin François De Volney, qui lui avait appris l’arabe, il fustige la fumeuse théorie des climats soutenue par Montesquieu dans son esprit des loi, car elle ne souffre pas l’expérience réelle : c’est bien plutôt une cause politique qui explique ce dépérissement de la chose publique. Mais s’il ne ménage pas ses critiques à l’égard de l’allié affaibli, il ne faut pas croire pour autant qu’il soit partial : il n’hésite pas non plus à reconnaître la supériorité de ses hôtes sur certains points, en particulier la manière dont sont traités les esclaves, infiniment plus douce selon lui en Barbarie que dans les colonies américaines. En tout cas, j’ai pris un plaisir extrême à la lecture de ces mémoires, tel que je n’en avais pas connu depuis la lecture des aventures du chevalier de Seingalt, au point de me passionner pour le mémoire écrit par son employeur ambassadeur, le comte de Saint-Priest.
Profile Image for İzzet.
1 review2 followers
April 5, 2025
Çevirmen M. Reşat Uzmen, kitapta da bahsedilen “Osmanlı kibiri” hastalığına yakalanmış bulunmakta. De Tott’un yaptığı eleştirilere, önce kendi ülkesine baksın, seviyesinde dip notlar vermesinden anlayabiliyoruz.

Bunlardan bir kaç örneği aynen naklediyorum:

“Yazarın bizde tenkit ettiği adaletsizliğin, kendi ülkesinde bir kaç yıl sonra korkunç bir ihtilâle sebep olduğunu unutmamak gerekir.”

“Yazarın Türklerin yayık yağı yapmayı bilmiyor demesinde önemli bir yanlışlığa düştüğünü sanıyoruz.”

“Yazar asıl Türklerle karşılaşmamış olup, yalnızca yozlaşmış Osmanlıları gördüğünden bizim hakkımızda pek iyi bilgilere sahip değildir.”


18. asır İstanbulunu ve Kırımını anlamak için şahane bir kitap fakat görüldüğü üzere rezalet bir çeviriye imza atılmış, imkanı olanların Fransızca aslından okumasını tavsiye ediyorum.
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