[1932]
Cesare della Riviera. Il Mondo Magico degli Heroi ; reproduction modernisée du texte de 1605, avec introduction et notes de J. Evola. (G. Laterza e Figli, Bari). – Ce traité hermétique, tout en étant loin d’être réellement aussi explicite et dépouillé d’énigmes que l’auteur veut bien le dire, est sans doute un de ceux qui montrent le plus nettement que le « Grand Œuvre », qu’il représente symboliquement comme la conquête de l’« Arbre de Vie », ne doit point être entendu au sens matériel que les pseudo-alchimistes ont voulu lui donner ; le véritable hermétisme y est à chaque instant opposé à ses déformations ou à ses contrefaçons. Certains des procédés d’explication qui y sont employés sont vraiment curieux, notamment celui qui consiste, pour interpréter un mot, à le décomposer en lettres ou en syllabes qui seront le commencement d’autant d’autres mots dont l’ensemble formera une définition ; ce procédé peut sembler ici un pur artifice, mais il imite celui qui est en usage pour certaines langues sacrées. L’introduction et les notes sont aussi dignes d’intérêt mais appellent parfois quelques réserves : M. Evola a été visiblement séduit par l’assimilation de l’hermétisme à la « magie », entendue ici en un sens très éloigné de celui qu’elle a d’ordinaire, et par celle de l’Adepte au « Héros », où il a cru trouver quelque chose de semblable à ses propres conceptions, ce qui l’a entraîné à des interprétations quelque peu tendancieuses ; et, d’autre part, il est à regretter qu’il n’ait pas insisté plus qu’il ne l’a fait sur ce qui se rapporte au « Centre du Monde », et qui nous paraît tout à fait essentiel, étant en quelque sorte la clef de tout le reste. Enfin, au lieu de « moderniser » le texte comme on a cru devoir le faire, peut être eût-il mieux valu le reproduire tel quel, quitte à expliquer les mots ou les tournures dont l’archaïsme pouvait rendre la compréhension difficile.