"Entrez, Entrez, Bonnes Gens ! Bienvenue sur notre théâtre ! Considérez ceci, " Bildungsroman ", pièce, morceau, en trente-six épisodes, actes, strophes, stances, accompagnés d'un envoi, d'une épigraphe, d'un prologue, d'un épilogue, de remerciements, et d'un boniment, avec comme Sujets ou Caractères, entre autres, l'Amour !, l'Art de jouir moderne !, l'Aventure !, la Beauté !, la Concurrence !, le Corps !, le Couple !, le Crime !, le Désir !, le Don !, la Drague !, la Durée !, - pardonnez-moi, je reprends mon souffle... -, l'Echange !, l'Engagement !, l'Ennui !, les Fantasmes !, la Faute !, la Frustration !, l'Habitude !, l'Image du Moi !, et puis encore l'Injustice !, la Jouissance !, le Mal !, le Mensonge !, la Mort !, la Passion !, la Perte !, la Peur !, le Plaisir !, le Rêve !, le Risque !, la Séduction !, le Silence !, la Souffrance !, le Témoignage !, la Traîtrise !, la Transe !, la Vengeance ! Entrez, Entrez, Bonnes Gens ! N'ayez pas peur ! Retrouvez l'impatient Guillaume, le terrible Quentin, le doux Stéphane, le beau Marcelo et tous les autres personnages ! Venez voir et visiter, guidés par notre ambitieux jeune premier, l'Effrayant, le Merveilleux, l'Incroyable Monde du Sss... " (Couinements d'apoplexie. Fin de la Bande.)
Je ne retrouve pas, dans "Plus fort que moi", la beauté et la vivacité de "Dans ma chambre", mais plus une certaine noirceur qui ne lasse pas d'être passionnante. Le livre, par sa capacité à étourdir, à mettre mal à l'aise, restera, sur mon étagère, comme une expérience de lecture.
on termine la première trilogie dustan avec plus fort que moi, qui m’a emporté dans ses descriptions très précises des pratiques sexuelles BDSM qui sont dépeintes ici avec une intensité et une franchise qui dépassent encore les deux ouvrages précédents. sous toute cette baise il y a la colère, la tristesse et la haine, de soi, des autres, du virus. on le sent encore plus ici car guillaume dustan rentre en profondeur sur les rapports qu’il entretient avec les autres et avec lui-même, on est plus dans l’écriture clinique et détachée, on ose s’enfoncer plus loin, se mettre encore plus à nu (dsl mdr). j’ai également aimé les paragraphes dédiés à son processus d’écriture, une mise en abîme qui renseigne sur son projet et qui tissent une toile solide entre ses 3 premiers romans. on passera sur l’évasion qui passe nécessairement par sa mutation professionnelle néocoloniale et ses élucubrations sur le bouddhisme, à l’image des passages racistes dans ses autres livres
Ce troisième volet de l'autobiographie érotique de Guillaume Dustan est plus posé et mature que le premier qui partait à toute vitesse. On peut y lire des détails sur la jeunesse amoureuse et sexuelle de l'auteur, puis la suite de ses plans homosexuels dans toutes sortes de situations. On y suit aussi les débuts de sa séropositivité au VIH, le développement de la maladie et son impact sur sa vie. Les évènements décrits m'ont paru s'étaler sur plus de pages que dans son premier roman, ce que j'ai préféré. Alors que le début du livre laissait supposer que celui qui est "plus fort que moi" aurait pu être son père, la question semble se diluer et disparaître au fil des pages, c'est peut-être ce qui m'a paru le moins convaincant, mais ce n'est pas un grand problème en soi.
To me this feels the most fully realised and mature of Dustan's 'autopornography' trilogy, which looks at life during HIV with an honest and striking ambivalence, keeping the tragedy of the crisis always within purview while also exploring the realities of day-to-day life between both pleasure and pain. Dustan's writing has always provided, for me, a fascinatingly unique perspective on the HIV crisis, and Plus fort que moi is no different.
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Pour moi ce livre est le plus mûr et le plus abouti de la trilogie 'autopornographique' de Dustan, qui analyse la vie pendant la crise du sida avec une ambivalence honnête et frappante où sa tragédie est toujours là, mais la reálité de l'existence quotidien entre le plaisir et la douleur est explorée à la fois. L'écriture de Dustan me donne toujours une perspective singulière sur la crise du sida, est Plus fort que moi n'est pas différent dans ce mésure.