Alors qu’il arrive au seuil de la trentaine, un ex-adolescent des années 2000 est insatisfait de sa vie terne : il s’ennuie dans son travail de téléconseiller, fréquente une femme qu’il a connue lors d’un Erasmus en Angleterre avant de s’en désintéresser et vit dans un sentiment croissant de flottement et d’irréalité. Son seul exutoire : la fascination qu’exerce sur lui Anna, sa demi-sœur d’une famille recomposée. Il sent partout sa présence et éprouve le besoin toujours plus vif de renouer avec elle. Un jour, il trouve un moyen de la surveiller en permanence ; son obsession prend alors le pas sur tous les aspects de son quotidien – au risque de mettre au jour ses zones d’ombre. Écrit dans une langue étonnante de maîtrise et de maturité, récit d’une obsession trouble, Anna partout dépeint l’état de nos vies quand la frontière entre réel et virtuel s’effrite et que les violences se révèlent. C’est aussi un formidable roman-puzzle où la pièce manquante réside peut-être dans l’esprit d’un narrateur plus qu’incertain…
un formidable, étourdissant roman, une plume tu as peur tellement elle plume all the way, un narrateur tu as peur parce qu'il fait juste peur, une histoire tu as peur parce que purée c'est à la fois si banal et si épouvantable, brillant regard, brillante écriture d'Internet, brillant récit de la façon dont les hommes réifient et traquent et mangent les femmes, brillant brillant brillant tout est bien c'est tellement bien que c'est ce genre de livre où tu captes pas tout mais où tu captes quand même ce que tu ne captes pas car tout est pensé agencé conçu exactement là où il le faut comme il le faut, j'avais repéré UN truc où je m'étais dit "héhé ça c'est une incohérence je l'ai relevée je suis trop forte..." et page 250 Chloé Ronsin Le Mat m'a dit EH NON HAHAHAHAHA C'EST FAIT EXPRES TIENS DANS TA GUEULE et la fin me donne envie de tout casser et le livre est une tuerie sans mauvais jeu de mots lol bref bravo bravo, c'est un incroyable premier roman il faut lui donner des droits
très très bon premier roman omg, si vous aimez les trucs angoissants foncez vous serez pas déçu. There is nothing i love more than unreliable narrator, et celui-là était particulièrement unreliable et angoissant, Holden Caulfield pourrait passer pour un enfant de chœur à côté
(3.5/5) Le sujet et le narrateur sont glaçants et l'atmosphère pesante est maîtrisée, y a de vrais beaux moments dans l'écriture mais j'ai survolé pas mal de passages que j'ai trouvés longs et assez inutiles et j'ai trouvé le rythme un peu étrange, un peu brusque... Et side note : c'est très bizarre de lire ça en s'appelant Anna
Superbe plume qui sert parfaitement un récit féministe glaçant et qui me fera revenir au travail de Chloé Ronsin Le Mat à 100% dans le futur. Le gros plus de ce roman c'est les multiples facettes de la domination masculine et des violences faîtes aux femmes qu'il aborde de façon très fine et tout le système de violences patriarcales qu'on voit se déplier derrière. Notamment j'ai trouvé qu'il mettait en scène des violences bien plus insidieuses, se déroulant dans l'ombre, en comparaison à des violences peut-être plus "spectaculaires" comme le féminicide ou le viol et qui sont peut-être plus abordées quand on veut bien traiter des violences faîtes aux femmes. Surtout, c'est un roman qui montre l'escalade de la violence jusqu'au point de non-retour.
J'ai sauté quelques passages qui m'ont paru longs et qui, je crois, ne m'ont pas manqué pour comprendre l'histoire, même si je pense que leur utilité était dans la construction de l'état psychologique du narrateur et qu'en ce sens ils remplissent très bien leur tâche. Je ne sais pas si je suis tout à fait convaincue par ce qu'on apprend à la fin, ça me semble un peu moins subtile que le reste de l'histoire et en même temps il s'agit d'une réalité à laquelle certaines n'échappent pas... (c'est flou, j'essaie de dire sans dire pour ne pas spoiler)
La violence du regard du narrateur m'a mis mal à l'aise. La description des femmes, de leur centre d'intérêt, je me suis honnêtement sentie insultée durant toute la lecture. J'ai ressenti le malaise que je peux ressentir à la lecture d'un article sur les incels.
Le style m'a perturbé au debut, et notamment le fait de sauter d'années en avant ou en arrière d'un paragraphe à l'autre. J'ai parfois sauté des passages (les dialogues de la télé-réalité à beverly hills) mais j'ai malgré tout aimé le style.
Tout fait sens compte tenu de la narration, j'ai réussi à oublier qu'on ne pouvait s'y fier (alors que le résumé nous prévient, on réussi à oublier !).
Sur une note plus légère, dur de réaliser qu'en tant que trentenaire je n'ai jamais vécu une expérience inédite dans ma vie d'enfant (pitié les ados qui qualifient leur camarade de "crevette" ... le retour de trauma).
Une structure narrative expérimentale et travaillée, une très belle écriture, un jeu de pistes et de miroirs autour d'un narrateur qui se démultiplie et joue à nous perdre dans les méandres de sa mémoire, tout semble réunit pour faire de ce livre un petit bijou littéraire. Pourtant quelque chose est off, attendu, un peu ennuyeux. Malgré cette écriture ciselée je me suis forcé à finir ce livre, que j'ai trouvé un peu convenu et long. Les questionnements autour du numérique/virtuel et de la dématérialisation de nos interactions,si ils sont intéressants, ne servent que de contexte sans être vraiment approfondis, et la thématique cachée du livre (pour ne pas spoiler) n'est pas vraiment une surprise: j'ai trouvé son traitement trop poétisé et restant un peu en surface.
pfiouf la construction de ce livre. D'abord intriguée dans la première partie, puis un peu paumée, puis complètement happée. Arrivée aux trois quarts, je suis revenue en arrière pour relire certains passages du début avec un autre oeil (sans spoiler). Et puis la fin, brillante. une écriture faussement simple, un premier roman hyper maîtrisé, j'ai adoré.
Une très bonne surprise, le roman pousse le lecteur à interroger nos propres usages du virtuel et la manière dont ils transforment notre rapport à l’autre (entre autres) Il ne faut pas se laisser décontenancer par le style fragmenté du premier quart du livre, tout fait sens et se construit au fur et à mesure comme un puzzle.
Et dire que j’étais à deux doigts d’abandonner. Chapeau a l’autrice d’avoir élaboré une telle mécanique pour son livre : tout prend sens une fois qu’on finit notre lecture. Ce livre est dérangeant as fuck, mais il montre extrêmement bien les rouages, les hommes et leurs manières de manger les femmes, de les détruire. C’est terriblement glaçant. Par contre les longueurs et le milieu du livre (mais qu’on comprend 1000 fois plus une fois qu’on arrive au bout du livre), BON
Le narrateur me dégoute tellement, c’est horrible de voir l’histoire se dérouler sous son regard de détraqué, surtout lorsqu’on comprend que tout ne s’est pas toujours passé exactement comme lui le décrit. L’ambiance malaisante est présente du début à la fin et affecte toutes les interactions du narrateur avec les autres personnages. On n’a jamais le point de vue des femmes qui partagent sa vie et elles apparaissent donc superficielles, ininteréssantes, voire stupides. Un vrai incel comme on les déteste.
J’ai passé beaucoup de temps dans la cabane à ne rien faire et dormir, à me souvenir juste, parfois les yeux ouverts et parfois non. Je passe tellement de temps perdu dans mes pensées que j’ai l’impression de rêver toute ma vie une seconde fois. Bien sûr les rêves sont un peu arrangeants avec la réalité, ils se décalent vers la douceur ou vers l’absurde.