"Alexandre Jollien a subi un accident de naissance. Strangulé par son cordon ombilical, il a brièvement mais trop longuement rencontré la mort dans ces minutes inaugurales consacrées d'habitude à l'épiphanie de la vie. L'oxygène ayant manqué au cerveau, il porte en lui, avec lui, dans le creux de sa matière grise, la trace du souffle de la mort qui, jour après jour, dans le détail, se manifeste dans une démarche, une élocution et des gestes qui ne ressemblent pas à ceux des autres. Pas plus que son intelligence, d'ailleurs, ne ressemble à celle des autres : affûtée, pointue, vive, exercée, habile, et pour cause, elle soulève le moindre signe sous la pierre et décode le plus petit souffle de sens là où il se trouve. Débordant un corps répondant plus lentement aux sollicitations du monde, Alexandre Jollien déploie une pensée claire, lucide et voyante." Michel Onfray
Alexandre Jollien (26 november 1975) is a Swiss philosopher and writer. He mainly writes philosophical essays. One aspect of his life that has a major influence on his work is his disability: his essays often are about the concrete impact of this disability on his life and how to deal with it.
"l'art de tenir debout, de maintenir le cap suppose précisément un horizon plus heureux vers lequel se diriger. Ce qui mine cette progression, ce n'est pas la souffrance, ni l'échec, mais le désespoir. cesser d'espérer, c'est s'avouer vaincu sans même relever le défi, c'est rendre vain chacun de nos efforts. La formation de la personnalité exige, comme singulier point de départ, un dépouillement radical: se (re)connaître vulnérable, perfectible, prendre conscience d'évoluer en terres incertaines, essayer de savoir pourquoi l'on combat.. JOYEUSEMENT"
C'est cette partie du "combat joyeux" qui m'a touché le plus, mais en somme, le livre, ce petit livre bleu (comme on l'a déjà appelé) est un petit trésor, un coin où se réunissent les idées de Nietzsche, Aristote, Alain et d'autres, sans pour autant appartenir au même clan. Alexandre Jollien m'était complètement inconnu, jusqu'au moment où ma mère m'a offert ce livre, et je fus à ce moment surprise comment put m'échapper un auteur, philosophe aussi doué que Jollien. Je recommande vivement la lecture ce merveilleux livre, qui ne nécessite pas plus de 4h, mais qui nous apprend vraiment beaucoup :)
Dans ce tout petit livre Alexandre Jollien nous parle d'humanité, de ce que cela veut dire être un Homme, de ses difficultés, de ses bonheurs...
L'auteur a une vie un peu particulière du fait d'un handicap qu'il a depuis sa naissance. Il raconte donc ses années en centre spécialisé, son sentiment d'être toujours à la marge du reste du monde, le regard des autres souvent empreint de jugement.
J'ai trouvé ce livre touchant et avec des questionnements finalement assez universels même si nous ne sommes pas porteurs d'un handicap ou d'un problème de santé. Il permet de prendre du recul par rapport à des situations que l'on est tous susceptibles de rencontrer et de réfléchir par rapport à nos propres réactions et décisions.
Comme d'habitude la plume d'Alexandre Jollien est très agréable à lire, ses textes sont à la fois percutants, sensibles et accessibles à tous (en particulier à ceux que la mention "philosophie" rebute).
P25 " Ce qui mine la progression ce n'est pas la souffrance , ni l’échec mais le désespoir. Cesser d espérer c'est s avouer vaincu sans même relever le défi, c'est rendre vain chacun de nos efforts.
P41: " Oui derrière la méchanceté , si l'on creuse se trouve presque toujours une plaie ouverte, la frustration de l’échec".
P86: " on veut se hâter et tourner la page. mais les plaies reparaissent et traversent l'existence".
P87 :" La plus perdue des journées est celle où l'on n'a pas ri"
L'auteur a réussi à transformer sa peine et son malheur en tant que handicapé en un livre philosophique qui nous oblige à respecter son esprit plutôt qu'avoir pitié de lui.