«Ce livre est le récit de la découverte de l'adolescence et de l'exil, des mystères de Paris, du monde, de la féminité. Aussi, surtout sans doute, de l'appropriation de la langue française. L'expérience de Buchenwald n'y est pour rien, n'y porte aucune ombre. Aucune lumière non plus. Voilà pourquoi, en écrivant Adieu, vive clarté..., il m'a semblé retrouver une liberté perdue, comme si je m'arrachais à la suite de hasards et de choix qui ont fini par me composer une sorte de destin. Une biographie, si l'on préfère moins de solennité.Même si le hasard ou la chance m'avaient évité de tomber dans le piège de la Gestapo, même si mon maître Maurice Halbwachs n'avait pas agonisé dans mes bras, au block 56 de Buchenwald, j'aurais été ce garçon de quinze ans qui découvrait l'éblouissante infortune de la vie, ses joies aussi, inouïes, à Paris, entre les deux guerres de son adolescence.M'y voilà de nouveau.»Jorge Semprun.
Jorge Semprún (Madrid, 1923-París, 2011) fue testigo de algunos de los peores cataclismos políticos del siglo xx y participó activamente en la lucha contra los totalitarismos. Hijo de una familia de la alta burguesía, el estallido de la guerra civil le condujo al exilio en Francia. Miembro activo de la Resistencia francesa contra la ocupación nazi, es detenido y enviado a Buchenwald, donde permanece prisionero hasta abril de 1945. Tras la liberación, convertido ya en militante comunista, será durante los años cincuenta una pieza fundamental de la lucha clandestina contra la dictadura franquista. Sin embargo, tras advertir los métodos dictatoriales que empleaba el propio Partido Comunista, y enfrentado a Carrillo, acabó expulsado del partido, junto con Fernando Claudín. Jorge Semprún inició en los años sesenta una carrera literaria en la que explora las tragedias y los horrores de la historia reciente con títulos tan imprescindibles como La escritura o la vida, Aquel domingo o El largo viaje.
Jorge Semprún Maura was a Spanish writer and politician who lived in France most of his life and wrote primarily in French. From 1953 to 1962, during the era of Francisco Franco, Semprún lived clandestinely in Spain working as an organizer for the exiled Communist Party of Spain, but was expelled from the party in 1964. After the death of Franco and change to a democratic government, he served as Culture Minister of Spain from 1988 to 1991. He was a screenwriter for two successive films by the Greek director Costa-Gavras, Z (1969) and The Confession (1970), which dealt with the theme of persecution by governments. For his work on Z, Semprun was nominated for an Oscar. In 1996, he became the first non-French author elected to the Académie Goncourt, which awards an annual literary prize.
J'aime beaucoup Jorge Semprun. L'homme, le résistant, l'écrivain partagé entre deux pays adorés. J'ai énormément aimé L'écriture ou la vie ou Quel beau dimanche!, mais j'avoue avoir eu un peu plus de mal avec Adieu, Vive Clarté... L'histoire est fascinante, et les références culturelles et historiques foisonnantes sont un délice, mais le style plus fouillis, plus répétitif dessert l'oeuvre. Le livre reste bon, bien entendu, mais je ne recommande pas de commencer par lui pour découvrir Semprun et sa vie si riche et belle.
Bon, je n'accroche pas à Semprun. Même problème avec L'Écriture ou la vie. C'est dommage, son parcours semble admirable. C'est peut-être mesquin mais j'ai jalousé ses origines ultra-bourgeoises. Ses longues citations de poètes espagnols et français (Baudelaire, Rimbaud) m'ont laissé froide.