Partant de l'analyse des conséquences humaines d'un système économique axé sur le profit et le culte des "richesses mortes", ce livre réunit deux proches d'Ivan Illich dans une réflexion commune. Pour Majid Rahnema et Jean Robert, si la pauvreté continue d'être codifiée en termes de calculs économiques abstraits - le pauvre extrême étant défini par un revenu de un dollar par jour -, des formes toujours plus pernicieuses de misère élargiront sans cesse l'abîme entre nantis et miséreux.
Constatant l'échec des certitudes établies et des fausses solutions qu'elles engendrent, les auteurs proposent des outils nécessaires à une autre lecture du monde et de ses «devenirs révolutionnaires». Ils dialoguent avec ces grands morts que sont Spinoza, Gandhi, Foucault et Deleuze, mais aussi avec des vivants multiples tels que les zapatistes du Mexique, les Sans-Terre du Brésil, les Indiens du mouvement Janadesh, et d'autres encore, moins connus, qui ouvrent tous les jours de nouveaux possibles. Car les voies de l'espérance passent par la redécouverte par chacun de sa propre puissance d'agir.
Selon Robert et Rahnema la pauvreté n’est pas quantitative, elle n’a pas rapport à un manque de pouvoir d’achat ou à une position de démunis sur l’échelle de la pyramide sociale contemporaine. Mais elle est une façons d’être qualitative, une forme de mieux vivre dans la simplicité volontaire et la limitation , une épistèmé, une grille d’analyse du réel. Ces « pauvres »sont porteurs d’une forme de puissance intériorisée car ils sont encrés dans des processus de subsistances et de réciprocité caractéristique des sociétés pré-moderne et vernaculaires. Contrairement aux êtres économique modernes ( au sens de l’économie de marché ) aux pouvoirs externalisés utilisant les machines, l’argent et le marché pour parvenir à leur fin. Bonne critique de la modernité, de l’économie de marché, de la société technicienne aliéné. Lecture hardis au niveau de la forme avec des concepts pas totalement clair ( comme ce que les auteurs appelles les pauvres ) et parfois un peu lunaire comme une remise au goût du jour boiteuse de la philosophie spinoziste ainsi que quelques chapitre en format question-réponse entre les 2 auteurs empreinte de subjectivité individuelle et de prise de position personnelle.