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L'amour de Dieu et le malheur: suivi de de "L'Amour, le Mal et le Malheur"

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Le malheur rend Dieu absent pendant un temps, plus absent qu'un mort, plus absent que la lumière dans un cachot complètement ténébreux. Une sorte d'horreur submerge toute l'âme. Pendant cette absence il n'y a rien à aimer. Ce qui est terrible, c'est que si, dans ces ténèbres où il n'y a rien à aimer, l'âme cesse d'aimer, l'absence de Dieu devient définitive. Il faut que l'âme continue à aimer à vide, ou du moins à vouloir aimer, fût-ce avec une partie infinitésimale d'elle-même. Alors un jour Dieu vient se montrer lui-même à elle et lui révéler la beauté du monde, comme ce fut le cas pour Job. Mais si l'âme cesse d'aimer, elle tombe dès ici-bas dans quelque chose de presque équivalent à l'enfer. C'est pourquoi ceux qui précipitent dans le malheur des hommes non préparés à le recevoir tuent des âmes.
Le texte est suivi dans cette édition de "L'Amour, le Mal et le Malheur", fragments issus du receuil "La Pesanteur et le Grâce".

64 pages, Paperback

Published December 8, 2022

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About the author

Simone Weil

358 books1,939 followers
Simone Weil was a French philosopher, Christian mystic, and social activist. Weil was born in Paris to Alsatian agnostic Jewish parents who fled the annexation of Alsace-Lorraine to Germany. Her brilliance, ascetic lifestyle, introversion, and eccentricity limited her ability to mix with others, but not to teach and participate in political movements of her time. She wrote extensively with both insight and breadth about political movements of which she was a part and later about spiritual mysticism. Weil biographer Gabriella Fiori writes that Weil was "a moral genius in the orbit of ethics, a genius of immense revolutionary range".

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Profile Image for La Berma.
51 reviews1 follower
October 18, 2025
Simone Weil a écrit un petit texte intitulé L’amour de Dieu et le malheur, dans lequel on trouve le passage suivant :

« Le malheur est une merveille de la technique divine. C’est un dispositif simple et ingénieux qui fait entrer dans l’âme d’une créature finie cette immensité de force aveugle, brutale, et froide. La distance infinie qui sépare Dieu de la créature se rassemble tout entière en un point pour percer une âme en son centre.

L’homme à qui pareille chose arrive n’a aucune part à cette opération. Il se débat comme un papillon qu’on épingle vivant sur un album. Mais il peut à travers l’horreur continuer à vouloir aimer. Il n’y a à cela aucune impossibilité, aucun obstacle, on pourrait presque dire aucune difficulté. Car la douleur la plus grande, tant qu’elle est en-deçà de l’évanouissement, ne touche pas à ce point de l’âme qui consent à une bonne orientation. »

L’image du papillon épinglé vivant sur un album et se tordant de douleur se retrouve à divers endroits sous la plume de Simone Weil qui a, pour cette image et pour la souffrance de façon plus générale, une étrange fascination, une terrible attirance. Simone Weil ne se réduit heureusement pas à cette fascination morbide mais cette fascination est là, bien présente, qui traverse son oeuvre.

Cette fascination se retrouve dans une grande partie de l’iconographie et de la littérature chrétiennes (et à moindre degré dans bon nombre d’autres religions et sagesses). Je me souviens de cette cathédrale de Ségovie remplie de tableaux et de statues représentant les souffrances et les blessures du Christ avec un extraordinaire réalisme, comme si la Passion et la souffrance du corps étaient la vérité profonde du message évangélique.

Il y a dans cette façon de voir et dépeindre les choses la tentation de ce que Maurice Bellet appelle le Dieu pervers. Une inversion du message qui conduit à oublier la joie pour ne garder que la repentance, à déconsidérer le plaisir pour exalter la douleur, à rejeter la lumière pour ne garder que l’ombre.

Pauvre Jésus qu’on transforme en Père Fouettard et dont on ne sait plus voir que les larmes et le sang, lui qui est venu pour libérer. Pauvre Christ qu’on nomme le Sauveur et dont on dit qu’il a mis fin au péché du monde mais qu’on présente pourtant inlassablement comme un créancier qui réclamerait sa dette. Pauvre Dieu qui a prêché l’amour et dont on ne retient que la mort !

La mort au lieu de l’amour : ne pas rire, fuir ce qui est bon et doux, ne pas jouer, ne pas jouir, et ne garder de l’amour que ce qui est amer. Aimer, mais seulement ses ennemis ou ceux qui sont lointains car le vrai amour – celui qui se vit et se fait -serait un piège ou une ruse. Parler d’amour mais n’adorer qu’un cœur de pierre.

Quelle tristesse que ce retournement qui, depuis Augustin au moins, enfonce l’homme dans la honte et transforme un message de libération en exigence de contrition.

Quelle tristesse que d’avoir perverti l’amour et sa simple évidence !
Profile Image for Hugo.
17 reviews
June 8, 2023
«El cuerpo juega un rol en todo aprendizaje. En el plano de la sensibilidad física sólo el sufrimiento nos suministra un contacto con esa necesidad que constituye el orden del mundo ya que el placer no encierra esta impresión de necesidad. Únicamente una forma más elevada de sensibilidad es capaz de reconocer una necesidad en la alegría, y eso sólo de manera indirecta a través de un sentido de la belleza. Para que nuestro ser se haga un día enteramente sensible y en todas sus partes a esta obediencia que es la sustancia de la materia, para que se forme en nosotros ese nuevo sentido que nos permite oír al universo como una vibración de la palabra de Dios, la virtud transformadora del dolor y la alegría son igualmente indispensables.»
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