Depuis longtemps l'univers des trains nourrit l'imagi-naire des romanciers et des poètes. Dans le bercement des wagons, en marge de la vie ordinaire, bien des songes peuvent naître, bien des rencontres avoir lieu. Dans ces récits - chacun inspiré par une gare parisienne -, la romancière de La Bicyclette bleue se laisse aller à des rêveries plus audacieuses. Séduction instantanée, appels muets, fantasmes irrépressibles conduisent ses héroïnes à vivre de ces instants que l'on n'avoue pas à ses proches... Petits chefs-d'oeuvre de littérature érotique, ces six contes sont aussi des évocations finement ciselées de l'imagerie ferroviaire, du mouvement incessant, fascinant et toujours renouvelé des grandes gares.
Born in Montmorillon, Vienne (but currently living in Paris), she is sometimes called the "High Priestess of French erotic literature." Deforges was the first woman to own and operate a publishing house in France. Over the years, she has been censored, prosecuted, and heavily fined for publishing "offensive" literature. She was formerly president of the Société des Gens de Lettres de France and a member of the Prix Femina jury.
At first I wonders what I’d let myself in for but I read it at one sitting and got the point of it. The descriptions of the various Paris railway stations are lovely.
Rencontres ferroviaires débute par une belle préface en hommage à cet univers ferroviaire si particulier et aux diverses ambiances qui peuvent régner dans ces lieux. Selon Maurice Normand, il y aurait un récit à écrire pour chacune des gares parisiennes : c’est ce que Régine Desforges a fait pour six d’entre elles au gré de ses voyages en train.
Bercée par le bruit des roues sur les rails, la narratrice, qu’on peut assimiler à l’auteure elle-même (en raison du prénom dans l’une des nouvelles, du métier – auteure de romans érotiques – dans d’autres et de la recherche d’inspiration pour l’écriture de nouvelles ferroviaires), se laisse aller à la rêverie et aux souvenirs d’autres voyages. Avant cela, elle erre souvent dans la gare, seule ou accompagnée, en regardant les gens passer. J’ai beaucoup aimé la reconstitution de cet univers ferroviaire, oscillant entre présent et passé, entre enfance et âge adulte, de même que les souvenirs plus personnels associés à certaines villes ou trajets.
En revanche, l’autre versant – érotique – de ces nouvelles m’a une nouvelle fois déçue : je l’avais déjà été dans les Contes pervers, et ce sentiment a persisté dans ce recueil. Les scènes érotiques m’ont semblé trop soudaines, voire mal insérées, et presque mécaniques, comme rédigées selon un schéma usé, qu’on n’utilise plus que par habitude. Certains textes n’auraient rien perdu sans ces épisodes d’après moi. Dans d’autres par contre, ils s’accordent bien à la rêverie de la narratrice et s’y insèrent harmonieusement. Le problème se déplace alors malheureusement au niveau de la cohérence narrative : une voix narrative qui change brusquement sans transition, un personnage encombrant qui disparaît subitement sans qu’on sache où ni comment, entre autres.
En conclusion, un recueil de nouvelles un peu décevant pour moi, malgré un bon projet narratif initial.