Peu d'institutions sont à la fois aussi explorées et mal connues que la famille. Elle fait l'objet d'un discours politique et médiatique qui se renouvelle sans cesse, sans jamais s'épuiser, et chacun d'entre nous en possède par ailleurs une connaissance intime mais nécessairement partielle, voire partiale. La présente édition a été très profondément remaniée par rapport aux précé il s'imposait de prendre en compte maints bouleversements récents, qui plus que jamais font de la famille une institution paradoxale qui, tout en se transformant, reste la même. Entre la publication initiale (1981) et celle-ci, on perçoit les points focaux des mutations de la famille comme les changements dans le regard sociologique et ethnologique porté sur elle. Cette nouvelle sociologie de la famille, qui est, par la même, une sociologie de la famille nouvelle, s'attache plus particulièrement à prendre en compte trois dimensions qui caractérisent l'entrée de l'institution dans le XXIe siè la question des groupes sociaux qui se manifeste dans le phénomène de l'exclusion (on ne peut plus parler de comportements «moyens» de la famille); l'ethnicisation des rapports sociaux, particulièrement visible dans la question de la famille; les manifestations de la dimension européenne qui, avec le temps, s'imposera davantage dans le paysage national.