Il m'arrivait de me réveiller la nuit et de penser jusqu'à l'angoisse à nos proches lendemains : je me penchais alors sur le visage de Nora qui, dans l'abandon du sommeil, reflétait une confiance si enfantine que j'en étais honteux. Saurais-je me montrer digne des espoirs qu'elle mettait en moi ? Une femme n'est jamais aussi belle que lorsqu'elle dort et se laisse rêver. J'effleurais ses lèvres, entrouvertes comme celles d'une paysanne qui dort sous l'arbre, écrasée de fatigue, après la vendange. Nos souffles se mêlaient et Nora passait la main sur son visage, gémissait, balbutiait : des mots qui lui venaient de la vie d'où je commençais à être exclu et qui étaient comme les bulles qui crèvent à la surface du marais et témoignent d'une sourde activité sous l'au dormante... Si elle avait ouvert les yeux à ce moment-là, je lui aurais crié mon amour.
This is an excellent novel of the Corsican realist school. It describes the experience of growing up gay in a profoundly macho, Mediterranean society. It won the Prix Femina in 1971 but is now largely forgotten.
Although its theme has now been grotesquely over-worked, La Maison des Atlantes still deserves an audience.