De Bordeaux à Rome, Gaspard Koenig a retracé, à cheval, le parcours de Montaigne, 440 ans plus tard À la lueur de ce voyage initiatique, le philosophe livre ses pensées et son traité pour un nouvel humanisme européen. Suivant les notes laissées par Montaigne dans son Journal de Voyage, Gaspard Kœnig a retracé le trajet du philosophe pour le parcourir à son tour, à dos de cheval. Il a ainsi traversé la France et l'Italie passant par le Périgord, la Champagne, les Vosges, la Bavière, la Toscane... Au-delà de cette véritable épopée, il s'agit pour le philosophe d'aller à la rencontre des Européens, dans les pas d'un humaniste qui ignorait les frontières et qui aimait voyager pour " frotter et limer sa cervelle contre celle d'autrui ". Sur le même modèle, Gaspard Koenig nous offre un voyage philosophique, entrepris afin de confronter notre monde contemporain à son passé, et, plus encore, à son avenir pour dessiner, un nouvel humanisme européen.
" Gaspard Kœnig explore d'un seul et même mouvement la France et ses paradoxes, l'époque et ses ambiguïtés, sa propre personne et ses évolutions. " Le Monde
Intrigué par un livre de poche à la recyclerie, je jetai un œil à sa couverture. J’avais en main un livre de Gaspard Koenig, l’auteur d’Humus, ancien candidat à la présidentielle. Je me rappelai qu’il fit un long voyage à cheval de la maison de Montaigne que j’avais visitée jusqu’à Rome sur les traces de l’auteur des Essais. Je reposai le livre sans y prêter attention. De retour chez moi, les évaluations de Goodreads sur cet ouvrage m’ont mis la puce à l'oreille. La fois suivante, le bouquin fut acheté.
Gaspard Koenig a mon âge et c’est notre seul point commun. Né à Neuilly dans une famille de l’élite culturelle de gauche, il passe par le lycée Henri IV, l’ENS Lyon et obtient l’agrégation de philosophie avant de devenir la plume de Christine Lagarde, alors ministre de l'économie.
Son discours est principalement libéral. Il mène une lutte acharnée contre les normes et prône la simplification administrative à tout crin.
Il décide un jour pour se lancer un défi, de parcourir la France à cheval, son pays et ses habitants. On se rend compte alors que cet homme n’a jamais vécu. Il est allé du lycée de l'élite, à l’ENS, de l’ENS à Columbia pour finir enseignant en fac, puis conseiller. Il n’a jamais dû bosser pendant les vacances scolaires autrement que sur ses livres, n’a probablement jamais rencontré un Français hors de sa classe sociale, à part sa femme et les membres de la famille de celle-ci.
Durant son voyage, il rencontre des gens plutôt bobo et s’étonne qu’on lui offre le gîte et le couvert sans contrepartie financière. Le libéral est surpris de ces règles tacites non marchandes d’hospitalité. Il s’est tellement habitué que, quand en Italie, les habitants sont vénaux et lui demandent de payer son repas et son logement au tarif Airbnb, Gaspard le libéral est choqué…. (L’Italie, le pays qui a privatisé les plages avec des transats, il fallait bien s’en douter.)
Gaspard Koenig si prompt à ce que l’on soit libre et prônant l’individualisme (surtout le sien) s’insurge qu’en Sologne, (la région des millionnaires pratiquant la chasse et l'exonération fiscale sur les achats de forêts), les propriétaires mettent des clôtures qui empêchent le cavalier et sa monture Desti de passer…
Ayant toujours vécu à Paris, New York ou Lyon centre et ayant probablement fait ses courses au Monoprix ou à Biocoop, Gaspard découvre la laideur des zones commerciales à 40 ans. Il s’étonne également de la mauvaise humeur des gens qui doivent aller bosser et qui se retrouvent avec leur bagnole derrière un dandy à cheval qui les empêchent d’être à l’heure au boulot pendant que Monsieur vit une expérience proche du peuple…
Il s’arrête durant son trajet dans un grand restaurant spécialisé dans la truffe, fait halte chez des bourgeois, une noble, un ancien chef d’entreprise du Cac40 (piano à queue dans le salon et champagne au frigo) et décide après une seule tentative inconfortable que dormir sous la tente, ce n’est pas pour lui.
Ce livre ne sert principalement qu'à critiquer des normes (agricoles, d'urbanisme, transport, ONF, sportives) mais Koenig oublie que celles-ci protègent le consommateur. Le contrôle technique, les normes environnementales et les diagnostics énergétiques sont des normes indispensables. Je connais un agriculteur qui ment sur l’origine des produits, un garagiste capable de changer un embrayage non usé deux fois sur la même voiture à quelques années d’écart… Il part du principe que les gens sont bons et qu’en enlevant toutes les normes, ils agiront avec honnêteté par gratitude. C’est faux. Beaucoup de gens sont mauvais et j’en connais pas mal (je bosse parfois en prison). Si vous mettez des règles, les gens s’amusent à les contourner. Enlevez les et ce sera le far west.
Gaspard se promène en France comme une poule devant un couteau. Il découvre “la vraie vie” et les “vrais gens”.
A la lecture, on se rend compte qu’un libéral est un anarchiste qui a de l’argent : un type qui ne veut pas s’arrêter au feu rouge quand il n’y a personne, que ses enfants pratiquant l'équitation mettent un corset même si c'est pour leur sécurité… Bref, comme dit l’adage, quand on n'a qu'un marteau, tous nos problèmes ressemblent à des clous. Pour Koenig, tout est un problème de normes et son marteau est le libéralisme. Or si des normes ont été érigées, il devait bien y avoir une raison, même obscure pour M. Koenig.
Cela reste un livre bien écrit et courageux car il est parfois seul un bon moment dans des endroits perdus sans réseau téléphonique et pour seul repas une barre de céréales.
Ce livre donne l’impression d’un déracinement total de l’auteur. On dirait une multitude de Martine ou d'Astérix (mais version Gaspard) : Gaspard chez les pauvres, Gaspard chez les bourgeois, Gaspard dans les centres équestres, Gaspard chez les Teutons, Gaspard chez les Transalpins, Gaspard dans une ferme bio, Gaspard chez Madame la Comtesse… Ce type a l’air de vivre la majorité de l’année avec une élite politique culturelle technocentrée et de devoir se forcer à s’isoler 4 mois et demi sur un cheval pour découvrir ce qu’est la réalité. Je ne sais pas s’il faut se réjouir de sa démarche ou de s’inquiéter que des tas de gens comme lui existent et nous gouvernent (sans pour autant faire l'effort qu'il a fait).
Il y a des livres où on se dit : « je veux une interview de la femme de l’auteur. »
Koenig laisse femme et enfants un peu moins de 6 mois pour galoper dans les pas de Montaigne à travers l’Europe, et il a plus de mots gentils pour sa jument que pour sa femme mdr
Mon livre favorite de 2022, quelle aventure humaine. Un bourgeois Parisien qui se met au cheval dans les traces de Montaigne. Des chapitres comme étapes et de rencontres imprévu une merveille de l'humanité et raconté humblement dans laquelle le livre trouve sa force. Le courage ce trouve dans l'aventure que l'écrivain a cherché et avec laquelle qu'il s’est engagé avec le cheval comme compagnie et relation particulier. Le courage dites intellectuelle semble moins courageux que le courage humain. C'est comme l’écrivain ne semble pas vouloir cracher dans la soupe qui lui nourrit, ou quelque chose dans cet ordre, même s'il va beaucoup plus loin en étant beaucoup plus libre dans ces réflexions que beaucoup d'autres. Mais c'est comme il y a une frontière invisible qu'il ne veut/peut pas dépasser pour ne pas perdre pied. La liberté impose ces limites et il faut les respecter. Garder le survol intellectuel en gardant la neutralité, qui peut-être n'est pas une neutralité mais une protection émotionnelle et intellectuelle ?! Le « vide » qui nous cherche et challenge nous tous quand nous sommes un peu curieux et voulons mieux comprendre l'inconnu .....avec passion. Chacun entre nous essaie de se débrouiller comme on peut.
Chapeau et merci beaucoup pour ce bel ouvrage plein de courage et partage humaine, c'est une grande et belle force que nous avons tous besoin.
Partisan du se perdre pour se trouver, Koenig sort de sa zone de confort pour éprouver sa pensée en compagnie du meilleur des compagnons de route : le cheval. Sur les traces de son idole il part explorer les concepts d'humanisme et de liberté, sa jument le ramenant toujours à des préoccupations concrètes et tangibles. Ce journal de bord est aussi un journal de pensées, la sienne évolue tout au long de ce fabuleux voyage.
Gaspard Koenig part sur les traces de Montaigne à cheval, à travers l’Europe, de Bordeaux à Rome. L’occasion de se replonger dans la philosophie de Montaigne, mais aussi de réfléchir à la vie en société l’importance et l’impact des normes et des lois, la convivialité et l’accueil, l’hospitalité, la liberté.
Un essai philosophique, qui prend la forme d’un journal avec le cheval pour support. Intéressant à lire aussi bien sur le fond que sur la forme.