Notion faussement familière, "l'opinion publique" est utilisée au quotidien par les journalistes, les acteurs politiques, et invoquée via un outil comme le sondage. Elle laisse penser qu'il serait possible d'accéder à une vision globale, même floue, des attentes d'un peuple. Mais dans nos sociétés contemporaines individualistes, peut-on encore parler d'une opinion publique ? Est-elle la somme des opinions individuelles ? Si tel est le cas, comment les recenser ? Et pourquoi saisir l'opinion : pour l'écouter, la contrôler, l'assagir ? Derrière l'opinion publique se cache donc la question du droit à parler et à être écouté dans l'espace public, question intimement liée aux aspirations démocratiques des sociétés. Dans cette synthèse historique de grande ampleur, les auteurs font émerger des "régimes d'opinion", c'est-à-dire des configurations sociales et historiques dans lesquelles une forme d'opinion publique trouve à s'exprimer. Ils se penchent sur la notion et les réalités de l'opinion publique du monde grec à nos jours, dressent un bilan des rapports complexes entre sondages et opinion et proposent une réflexion exploratoire sur l'impact des réseaux sociaux sur l'espace public.
Lecture boulot Conclusion, l'opinion publique n'existe pas ou plutôt on la fait advenir par nécessité, mais elle n'est jamais l'idéal d'une pensée existant en soi. Intéressant. Mais pour mon usage, dommage que le passé (pré 1950) n'occupe qu'un quart. La naissance de la notion et ses acceptions anciennes sont vite éliminées au profit d'une réflexion sur les modes d'expression (social media) ou d'appréhension (la pratique du sondage) de l'opinion depuis le 20e siècle. Un relatif optimisme de fin d'ouvrage qui incite à ne pas juger trop vite négativement l'évolution de notre rapport aux opinions publiques et notamment aux réseaux sociaux, mais qui ne survivraient sans doute pas à 2025/2026 (l'ouvrage est pourtant très récent, 2023).