Au début, vous regardiez vos mails une ou deux fois par jour. Combien de fois le faites-vous aujourd’hui ? Vous arrive-t-il de consulter vos messages compulsivement toutes les cinq minutes, comme si votre vie en dépendait ? Cherchez-vous parfois votre mobile avec plus de fébrilité que vos clés ? En un mot, seriez-vous accro à Internet ? Cet outil inventé pour nous aider à mieux communiquer ferait-il de nous des esclaves ?
Épuisé par quinze ans d’hyperactivité en ligne, Thierry Crouzet, gourou des réseaux sociaux et auteur de nombreux ouvrages sur les nouvelles technologies, entame une cure de désintoxication. Il prévient ses milliers d’amis Facebook et Twitter qu’il les quitte durant six mois. Il disparaît du Net pour se sevrer. Au fil des jours, il nous raconte avec humour ses crises de manque, sa vie « débranchée », puis comment il se reconstruit, en quête d’un art de vivre à l’époque d’Internet.
Ancien journaliste, auteur chez Fayard de J'ai débranché (2012), le récit d'un burn-out numérique, Thierry Crouzet a été l'un des premiers internautes français. Il a publié près d'une trentaine de guides de vulgarisation, vendus à plus de 300000 exemplaires. Depuis la sortie du Peuple des connecteurs (2006), il décrypte sur son blog l'influence politique et littéraire des nouvelles technologies. Dans La quatrième théorie (2013), un James Bond oulipien, il met en scène ses idées à coups de tweets.
Il a cru au 5e pouvoir avant tout le monde, convaincu que l'intelligence collaborative allait changer le monde. Un peu désabusé par la tournure des événements (si le web 2.0 change le monde, ce ne sera pas en 3 tweets!), il fait son burnout numérique avant tout le monde et partage ses états d'âme. Allez savoir pourquoi, ce livre - très bien écrit, au passage - me parle! Si vous ne vérifiez pas vos mails la nuit en allant faire pipi, si vous n'avez jamais eu l'intime conviction que le web social et collaboratif sauverait le monde, si la surcharge d'information à laquelle vous vous exposez ne vous fait pas exploser le cerveau, si twitter ne vous stresse pas, alors ce livre n'est pas pour vous. Et tous les autres, précipitez-vous-y. Et quand vous l'aurez lu, si vous arrivez à vous abstenir d'en parler sur les réseaux sociaux pendant au moins 3 semaines, alors, il y a peut-être encore quelque chose à tirer de vous, ne désespérons pas ;)
Ce livre ne se lit pas très facilement malgré le peu de pages et le découpage très fin qui rappelle la longueur d'articles de blogs. On voit bien la difficulté d'un accro aux réseaux sociaux à déconnecter.
Mais ce qui m'a déçu, c'est l'égocentrisme assez fort que j'ai ressenti de la part de l'auteur: c'est sa femme qui gère tout le reste "matériel" pendant qu'il était connecté, et qui continue à le faire pendant sa déconnexion. Ca part dans des réflexions culturelles, philosophiques, psychologiques etc... heureusement qu'elle gère le reste! Le fait de ne pas travailler et d'habiter dans la nature c'est quand même sympa comme cadre: il y a des conditions plus difficiles pour déconnecter. On se demande comment ils gagnent leur vie, j'aurais tendance à penser de la rente?
Bref la vie de l'auteur est bien décalée par rapport à la plupart des gens, et bien que le sujet de se déconnecter est réel et actuel, ce n'est pas un livre que je recommanderais.