Comment vivre pleinement sans renoncer aux souvenirs ?
Lorsqu'il débarque en Espagne, où son père est censé avoir refait sa vie, Gontran découvre un veuf esseulé, écrasé par le poids des souvenirs et du chagrin. Le fils décide d’aider le père. Mais comment le soutenir et combler le vide laissé par la femme qui rendait à l’un et à l’autre la vie si extraordinaire ?
Chroniqueur sur Europe 1, secrétaire général du Guide du Routard, Gavin’s Clemente Ruiz est aussi romancier. Après le succès de La divine comédie de nos vies, il signe un roman tendre et sensible sur la perte et la renaissance.
Très beau roman sur le lien père-fils. Une écriture sincère, avec quelques pointes de sarcasmes.
« Et on a passé le week-end au bord de l’eau, tous les trois. C'est là que t'as fait tes premiers pas. Au Touquet. Ta mère a pleuré de joie. Moi aussi. […] - C'est la photo sur le frigo ? - Oui, c'est celle-là. J'ai adoré ce week-end improvisé. Souvent, les meilleurs moments de ta vie n’ont pas besoin d'être planifiés longtemps à l’avance. Pourquoi tout prévoir ? Avec ta mère, c'était du sport, mais au moins, on s'amusait. Pas deux journées ne se ressemblaient. Je ramasse un peu de terre que j'effrite entre mes doigts. Je me vois en train de tout programmer avec Claire, les week-ends, les soirées, les dîners, les sorties. À quoi bon ? Je me sens bête et envieux de tous ces moments heureux dans la vie de mes parents. - Au début, après la mort de ta mère, je n'ai pensé qu'à ses derniers jours. Aux énièmes rendez-vous avec le chirurgien, les oncologues, les infirmières. C'est pour ça que j'ai eu besoin de tout couper. De partir ailleurs. Et le temps m'a aidé. J'ai oublié toutes ces contraintes. Tous ces allers-retours à l'hôpital. Maintenant, quand je pense à ta mère, je ne retiens que ces moments drôles, intenses, si précieux. Et j'ai compris que les jours heureux ne s'oublient pas, Gontran. On peut dire tout ce qu'on veut, tout ça reste là, en nous, au fond de nous. Tu vivras d'autres moments forts avec Claire. Je te le souhaite. Je ne sais pas à quoi ressemble votre vie. Je ne veux pas savoir. Mais il faut que tu le saches. Gontran vient lécher le visage de mon père. Léo le suit de près. Ils nous observent en silence. Solennels, tous les deux. Puis s'échappent à nouveau. - On ne sait pas pourquoi on aime les gens, Gontran. Quand ils sont là, on agit, on fait, on vit. Ce n'est qu'après leur départ qu'on sait. Moi, j'ai compris pourquoi j'aimais ta mère depuis sa mort. J'ai compris que j'avais un rôle auprès d'elle. Et que j'étais programmé pour vivre avec elle le plus beau rôle de ma vie. » p149
C’était un plaisir de lire ce livre qui parle d’un fils qui va aller voir son père qui ne va pas très bien. On apprends plus sur la vie du père et du fils. On voit leur relation évoluer au fil du temps passé ensemble. J’ai trouvé les personnages intéressants et attachants. Une lecture bien agréable.