Le romantisme n'est pas fini : c'est une affection chronique qui affecte l'imaginaire collectif en Occident. Mme persuads que rien n'est plus comme avant, nous restons sous l'emprise des principes intellectuels, artistiques et moraux qui se sont imposs partir d'environ 1500, o les potes anglais remplacent le hros par le "gnie" crateur de lui-mme comme inspirateur et modle. La littrature et les arts sont dsormais lancs dans une perptuelle fuite en avant, o il ne s'agit plus d'explorer la condition humaine, mais de la renouveler par le dfi, comme Baudelaire l'a saisi le premier. L'imaginaire ainsi faonn en Occident a rsist au positivisme scientiste et aux idologies qui tentaient de rtablir des paradigmes sans mystre ni tragique. Mais la qute perdue de sensations indites, facilite par le dveloppement des techniques de production et de diffusion, a priv le verbe de sa puissance d'vocation potique et abouti un snobisme litiste. D'o et comment renatra un peu de cette posie dont l'homme a besoin, parce qu'elle contribue son honneur et mme son bonheur Ce dfi est galement lanc " l'Eglise ". La "nouvelle" vanglisation doit en tenir compte, ne pas miser sur le romantisme moribond qui rduit la foi une adhsion subjective et rappeler qu'elle est un a "donn" dans la dynamique de l'lection o Dieu agrge son Peuple les nations baptises.