Comment la modernisation du travail a-t-elle assujetti l''être humain à la logique capitalistique et fait de nos sociétés des "dissociétés" ; des sociétés aux liens éclatés dans un monde dénué de tout idéal.Le travail est devenu un bien rare recherché par tous. Nous en ressentons tous le même besoin, le même désir, qui ne se résume pas seulement à l’accès à un revenu, mais à une activité sociale fondatrice. De plus en plus central, le travail devient, plus que jamais, l’activité privilégiée qui confère une identité, une place dans la société, où il représente le principal vecteur de la citoyenneté. Mais il subit des évolutions graves, remettant en causes ses fondements. Par sa logique, le capitalisme conduit à une accélération permanente de la société marchande (gain de productivité, innovation technologique…), avec pour corollaire le développement constant de la consommation qui devient un mode de socialisation. Or de la consommation ne naît pas la socialisation. Et consommer ne revient pas à endosser un rôle social. En réalité, la modernisation du travail est un pas de plus dans la domestication de l’humain aux normes de la rationalité économique. Elle conduit à une dénaturation du rapport de chacun au travail – un travail qui, en perdant tout idéal, perd de son sens et de sa substance.