René Barjavel raconte son enfance dans la boulangerie provençale de ses parents. Au fil des pages et des souvenirs, parfois précis, parfois flous comme des couleurs dans la brume, nous voyons vivre un petit garçon naïf et ébloui, qui découvre les merveilles familières du monde. Autour de lui, c'est un bourg de Provence qui surgit, au temps de la Grande Guerre de 1914. Et si les hommes qui sont loin, au front, s'entre-tuent avec des moyens très modernes, à Nyons c'est encore la civilisation paysanne et artisanale qui subsiste, la civilisation de la main et de l'outil. Et les enfants regardent le charron fabriquer pièce par pièce un chef-d’œuvre : la grande charrette bleue qu'un paysan lui a commandée et qui va porter dans cette histoire le signe du destin. Mais déjà le premier aéroplane, aux ailes de toile, se pose dans un champ...
René Barjavel, né le 24 janvier 1911 à Nyons (Drôme) et décédé le 24 novembre 1985 à Paris, est un écrivain et journaliste français principalement connu pour ses romans d'anticipation.
Certains thèmes y reviennent fréquemment : chute de la civilisation causée par les excès de la science et la folie de la guerre, caractère éternel et indestructible de l'amour (Ravage, Le Grand Secret, La Nuit des temps, Une rose au paradis). Son écriture se veut poétique, onirique et, parfois, philosophique. Il a aussi abordé dans de remarquables essais l'interrogation empirique et poétique sur l'existence de Dieu (notamment, La Faim du tigre), et le sens de l'action de l'homme sur la Nature. Il fut aussi scénariste/dialoguiste de films. On lui doit en particulier le scénario du Petit monde de Don Camillo.
C’est un récit autobiographique pur et dur de Barjavel qui se dissimule derrière ce titre, tellement simple et anodin à première vue, mais mettant en avant son enfance assez particulière (jusqu’au collège).
Ce roman est une suite de bribes de doux et tendres souvenirs d’enfance, enchaînés avec grande harmonie au lecteur et captant son intérêt en vue d’en venir à bout.
L’ambiance y prévalant est celle champêtre, nous conviant à découvrir de près une civilisation paysanne et artisanale qui subsistât à Nyons, une civilisation de la main et de l’outil !
Le style de narration et l’environnement dans lesquels se déroulent ces faits nostalgiques me rappellent quelque peu l’univers de Marcel Pagnol, très tendre à lire et étudier au demeurant, j’en garde certainement la même impression sur ce récit en particulier.
Positivisme est ce qui teinte ce beau récit : Barjavel y déploie en toute spontanéité et enthousiasme les moments forts de son enfance, malgré la prédominance de guerres (1ère Guerre Mondiale) et épidémies. Nonobstant cela, le cadre général penche vers des notes de bonheur dans lesquelles un amour naïf marque fortement ses empreintes dessus.
On y découvre l’émerveillement sans limites des enfants pour les choses les plus simples, ou parfois inhabituelles du quotidien, sans pour autant omettre cette tristesse insondable qui se retrouve dans les passages les plus poignants !
La solidarité entre les gens, l’amour familial et la joie de vivre, sa rencontre avec la lecture et le tout début de sa carrière d’écrivain forment tout bonnement « La Charrette Bleue » qui figure bel et bien dans le récit en tant que principal symbole renvoyant à ces beaux souvenirs d’enfance !
« M. Delavelle devint mon professeur de français quand j’entrai en cinquième. Un matin du premier trimestre, à ma grande stupéfaction, il lut en classe ma rédaction. C’est-à-dire le devoir qu’il nous donnait chaque semaine à faire à la maison. Je regrette de ne pas me rappeler quel en était le sujet. Sans doute quelque chose comme : « Quelle est votre saison préférée ? Dites pourquoi. » Ou bien : « Racontez votre partie de pêche avec l’oncle Jules. »
J’appris ce jour-là que ce que j’avais écrit était bon, et j’en fus aussi surpris que si j’avais, sans m’en apercevoir, traversé la Manche à la nage.
A la sortie, M. Delavelle me retint, me regarda avec une espèce de curiosité étonnée, puis me dit :
– Barjavel, vous êtes intelligent, il faut travailler… »
This summer I enjoyed a wonderful week in the Drome area of Provence. The Drome is René Barjavel’s region, who grew up in Nyons. In « La Charrette Bleue » (« The Blue Wagon » not available in English), he describes with little touches his childhood in this nice little city whose downtown area must not have changed much in a century. As the men went fighting on the front during World War I, the children are growing up without too many constraints. René’s family runs a bakery in one of the main streets. He discovers this world of artisans and peasants where ordering a new wagon to the wheelwright is a considerable investment. He gets passionate about reading. Gradually, however, the news from the war reach the city at the same time as the first automobiles and airplanes make their way in the valley.
El carro azul es la memoria de los primeros años de Barjavel. Está escrito en la buena y emotiva prosa que siempre cultivó, así que es una lectura amable y sentimental, sobre sucesos de la antigüedad (son casi 100 años).
Una lectura personal
Barjavel pertenece al grupo que Sebreli categorizó con maestría, los que asedian la modernidad. Está en el capítulo de los románticos que postulan que todo tiempo por pasado fue mejor. Que cuando todas las manos eran callosas, ahí estaba el Edén perdido. Y en este libro lo dice con todas las letras. Pero imperceptiblemente también muestra los beneficios de la modernidad. Postula que la vida en el campo es la mejor, la sigue la del pueblo, ya la ciudad es mala, y la metrópoli un horror. Le da pena que sus nietos piense que el campo es Cromagnon, ¡pero Barjavel escribe y vive en Paris! Pobre la mamá, muere joven, picada por una mosca tse tsé (o un tábano portador del tripanosoma). Y menciona que ahora esa enfermedad se cura así nomás. No entiendo como no reflexiona que esas muertes evitadas son consecuencia directa del progreso tecnológico. Porque antes dice que el panadero que amasaba desde las 3 de la mañana con sus propias manos el pan, tenía la mejor de las vidas (aunque muchos muriesen por respirar demasiada harina), y que el avance técnico aniquiló esas hermosas profesiones. Cuando el autor era niño murieron y fueron mutilados enorme cantidad de franceses en una larga y horrorosa guerra de trincheras, ¡y luchaban por unos kilómetros de frontera! Hoy es impensable que una nación democrática lleve a millones de ciudadanos a morir. Dije millones, no miles; a miles todavía el estado puede mandar a morir por unos millones de barriles de petróleo, por ejemplo. En la década del setenta -cuando supongamos escribió estas memorias- ya era un hecho la rebelión ciudadana contra las demasiadas (e irracionales) muertes en guerras poco claras. No dice Barjavel -tan amante de los idus del 68- que la rebelión contra el estado guerrero sea un progreso. Y sí dice que es un progreso rechazar la tecnología. Concluyo, Barjavel, enorme escritor, sociólogo equivocado.
Joli livre, simple et émouvant. Ça sent la campagne au petit matin et l'encre de l'école communale. Une très belle lecture pour des jeunes en primaire.