Cassandre est belle, drôle et seule. Aujourd’hui, jour de son anniversaire, elle préférerait être belle, drôle et entourée. Commence alors une chasse aux invités – personnel travaillant au dépanneur du coin et autres inconnus croisés par hasard – qui la mènera bien plus loin qu’elle ne le croit. Agréable mélange d’absurde, d’humour noir et de poésie, ce texte est une tragédie festive où les genres comme les gens s’entrechoquent et s’apprivoisent sur le chemin de la solitude, de l’ouverture et de la vulnérabilité, car peut-on toucher sans être piqué?
Pas mauvais! Les répliques sont crues et font éclater de rire, mais il s'agit bien souvent d'un rire jaune. Ce que David Paquet expose ici est plus réel que ce que l'on pense et c'est ce qui charme et dérange, tout à la fois.
Du théâtre surréaliste...québécois, c'est rare! Je découvre un dramaturge (également avec sa pièce Le brasier) que je rêve maintenant de mettre en scène!
"Je ne veux pas avoir zéro en fond" disait Kubrick à un journaliste qui lui demandait ce qui était le plus important entre la forme et le fond. David Paquet prend le chemin opposé: la langue est ici l'essentiel de l’œuvre, loin devant l'histoire (il n'y en a pas vraiment) ou les personnages, qui restent un peu désincarnés. Ce n'est pas surprenant que la pièce ait été jouée à l'international dès sa création: le joual est une délicieuse langue exotique pour qui ne vit pas au Québec, et l'auteur la manie avec grand talent. Et puis, il y a un côté fou qui est invitant. Reste que le manque d'ambition pour ce qui est de contenu m'a empêché d'apprécier pleinement le texte. Ça, et la fin un peu prétentieuse.