« Rapprocher le pouvoir du citoyen... instaurer la « démocratie participative... soutenir le « développement territorial » et l'économie « de proximité »…A l’approche des élections municipales, ces mots d’ordre localistes et décentralisateurs se retrouvent dans tous les discours, de la gauche à l’extrême-droite. La participation des habitants et les promesses de changement « par en bas » sont partout. Par l’action municipale ou régionale les problèmes économiques, sociaux, environnementaux ou démocratiques pourraient être résolus.La « mondialisation heureuse » ayant fait long feu, c’est le « localisme heureux » qu’à présent on cherche à nous vendre. Le terroir, les circuits courts et le régionalisme pour masquer le désengagement de l’État et le recul des services publics.Ce livre s’attache à déconstruire ce mensonge, cette illusion localiste et cette arnaque d’une certaine décentralisation. Car la mondialisation, elle, éloigne le pouvoir du citoyen, tout transformant le local.EXTRAIT Voilà donc le grand paradoxe : jamais on ne nous a autant parlé de « relocalisation », de « décentralisation », de « démocratie participative », de « territoires », de « proximité »… et jamais la prise de décision sur les grandes questions économiques et sociales n’a été aussi éloignée des citoyens. L’État renonce à réguler l’économie, les actionnaires des grandes firmes privées détiennent un pouvoir colossal, bien supérieur à celui de nombreux gouvernements, mais chaque président de la République française veut apporter sa pierre à la décentralisation, de François Mitterrand à Emmanuel Macron en passant par Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy et François Hollande. Le « local » est de tous les dispositifs d’aide ou de planification : chaque « territoire » est invité à affirmer son identité, à organiser la concertation avec ses « acteurs », à concevoir son propre schéma de développement.À PROPOS DE L'AUTEURAurélien Bernier est essayiste et conférencier, il collabore régulièrement au Monde diplomatique. Dernières publications : La gauche radicale et ses tabous (Seuil, 2014) ; La démondialisation ou le chaos (Utopia, 2016); Les voleurs d’énergie (Utopia, 2018).