La mondialisation a profondément modifié la façon dont se posent lesquestions de contrôle et d’aménagement de l’espace, tout comme lesrelations des individus à leur cadre de vie. Le développement destechnologies de l’information, l’ouverture économique libérale etl’accroissement de la circulation physique des biens, des capitaux etdes personnes ont entraîné l’émergence d’une diversité d’acteurs quiprennent part à la construction des territoires, qu’il s’agissed’environnement, de patrimoine, d’identité ou de production.L’État souverain est ainsi concurrencé par des interventions de plusen plus variées, sous l’influence des discours et des pratiques decitoyens, de collectivités ou d’entrepreneurs de toute nature et detoutes origines.Ce sont aussi les formes d’expression territoriale qui se sontdiversifiées, donnant lieu à des territoires plus labiles, auxcontours parfois imprécis, régis davantage par des logiques de réseauxque de contiguïté, fondés sur des mouvements spontanés, des projetsportés par la société civile ou par des acteurs économiques puissants.Pour autant, cette diversification est-elle synonyme d’unedémocratisation des sociétés? Qui sont ces acteurs qui se mobilisentpar et pour le territoire? Quels sont leurs objectifs? À quelleséchelles agissent-ils et comment s’immiscent-ils dans des paysagesinstitutionnels déjà construits? Comment négocient-ils entre eux?Comment les formes de mobilisation organisées autour d’unerevendication territoriale s’articulent-elles avec des prises deposition basées sur des solidarités sociales, économiques oupolitiques?