Sob a forma de uma longa entrevista, Pierre Manent traça em O Olhar Político o seu percurso intelectual e descreve a sua abordagem à filosofia política. Nascido em Tolouse, Manent fala das suas primeiras influências intelectuais. No período do pós-guerra, ainda muito novo, desperta para as questões e problemáticas políticas. Apesar dos estudos secundários na via científica, descobre finalmente que é a filosofia que lhe desperta mais interesse. Na Sorbonne, mostra-se relativamente indiferente à efervescência ideológica do Maio de 68. Esta entrevista autobiográfica e filosófica oferece uma excelente introdução à obra de um dos mais importantes filósofos políticos contemporâneos. Aqui, Manent apresenta a sua reflexão filosófica e política, que se estrutura a partir do estudo da génese do pensamento político antigo, com os Gregos e os Romanos, passando pela redescoberta dos grandes textos liberais modernos, em especial Alexis de Tocqueville, Rousseau e Maquiavel. E procede ao questionamento da importância do pensamento político na experiência moderna contemporânea, numa tentativa constante de «compreender as coisas humanas. E, mais especificamente, compreender a política ou as coisas políticas».
Je recommande la lecture de ce passionnant livre de philosophie politique. L’auteur a travaillé avec Raymond Aron et est l’un des fondateurs de la revue “Commentaire”. Il présente notamment dans ce livre une histoire des formes politiques en s’interrogeant sur la manière dont les deux formes d’organisation humaine qui prévalaient dans le monde ancien, à savoir la cité (grecque) et l’empire (Alexandre/romain), ont finalement été dépassées et substituées par la nation à l’époque moderne. Il explique également comment le développement de l’occident procède de la succession de trois vagues – païenne (anciens), chrétienne et puis moderne (lumières) – chacune naissant de la poussée et des défaillances de la vague précédente. L’auteur fait également une analyse que je trouve pertinente de la désaffection des Européens pour la chose politique et de ce qu’il appelle leur conviction “spirituelle” d’appartenir à l’humanité. Or, dit-il, la foi démocratique des Européens, la foi de l’unification de l’humanité est contraire à toute l’expérience humaine. En d’autres termes, l’aspiration des Européens à un monde uni et adoptant la forme politique occidentale (démocratique libérale) n’est pas forcément partagée par les autres grandes communautés humaines (Brésil, Chine, monde musulman, etc.). Il est donc urgent que les Européens réintègrent leur condition politique et réinventent un système politique dépassant l’état nation et dans lequel ils souhaitent partager une communauté de destin tout en tenant leur rang dans le monde (Europe politique forte). Le livre fourmille de références à de grands penseurs – Tocqueville, Machiavel, Platon, St. Augustin, Weber, etc. – auquel l’auteur fait référence tantôt pour étayer sa pensée, tantôt pour l’y confronter et parfois exprimer un désaccord.