A History of Civilizations Quotes

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A History of Civilizations A History of Civilizations by Fernand Braudel
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“When the [colonial] contact was violent, in fact, failure was more frequent than success. 'Colonialism' may have triumphed in the past: but today it is an obvious fiasco. And colonialism, typically, is the submergence of one civilisation by another. The conqured always submit to the stronger; but their submission is merely provisional when civilisations clash.
Long periods of enforced coexistence may include concessions or agreements and important, often fruitful, cultural exchange. But the process always has its limits.”
Fernand Braudel, A History of Civilizations
“L'humanisme de la Renaissance se présente comme le dialogue de Rome avec Rome, de la Rome païenne avec la Rome du Christ, de la civilisation antique avec la civilisation chrétienne. Assurément, l'un des plus riches dialogues - jamais interrompu - qu'ait connu l'Occident.”
Fernand Braudel, A History of Civilizations
“[Taoïsme] Il s'agit là d'une expérience mystique, peu saisissable en elle-même, et qui ne s'atteint que par l'ascèse et la méditation. 'N'écoutez pas par l'oreille, mais écoutez par le Cœur' [...]. Le but, c'est d'atteindre par de longues années de méditation et de purifications, par des bonnes actions répétées, ce qu'un privilégié obtient, nous dit-on, en quelques jours: 'Au bout de trois jours, il put se détacher du monde extérieur; au bout de sept jours, il put se détacher des choses proches; au bout de neuf jours, il put se détacher de sa propre existence. Puis... il obtint la pénétration claire, il vit ce qui est l'Unique; après avoir vu ce qui est unique, il put arriver à l'état où il n'y a ni présent ni passé; enfin, il atteignit l'état où il n'y a ni vie, ni mort. Par là le taoïsme rejoint toutes les grandes expériences mystiques, qu'elles soient chrétiennes, islamiques ou bouddhistes.”
Fernand Braudel, A History of Civilizations
“L'Empire romain (c'est-à-dire tous les pays méditerranéens et, du côté de l'Europe, quelques pays en marge de l'olivier et de la vigne) a été l'espace dévolu, au début, à la jeune religion triomphante, l' "aire chrétienne", a dit Paul Valéry en voulant, par ce jeu de mots, marquer les liens du christianisme avec la terre, le pain, le vin, le blé et la vigne, et même l'huile sainte; avec les bases géographiques méditerranéennes que la confession chrétienne devait, par la suite, largement dépasser.”
Fernand Braudel, A History of Civilizations
“La perfection, la sainteté recherchée par les taoïstes, c'est l'union mystique avec le tao éternel: c'est 's'effacer vivant dans cette présence originelle et souveraine qui enveloppe tout sans être jamais enveloppé', dans le 'sans forme qui engendre toutes les formes, dans le tao qui possède une vie éternelle'. Et c'est atteindre, du même coup, l'immortalité.”
Fernand Braudel, A History of Civilizations
“Imaginez, pour en prendre la mesure, ce qu'aurait signifié, en Europe, une série de dynasties impériales qui n'auraient rien perdu de leur pompe, ni de leur signification depuis Auguste jusqu'à la Première Guerre mondiale. [C'est la Chine]”
Fernand Braudel, A History of Civilizations
“L'Église se sauve dans un monde en péril, mais au prix de mille prouesses. Convertir les nouveaux venus; convertir des paysans mal christianisés encore, ou qui se déprennent trop facilement de l'enseignement de l'Église; convertir les habitants des régions nouvelles où s'installe l'Occident; maintenir une hiérarchie liée à Rome et à l’évêque de Rome, le pape, alors que la féodalité brise l'espace occidental en minuscules districts et en multiples évêchés; mener à bien des combats difficiles. (...) Au total, un immense labeur, un enseignement répété, fastidieux, marqué de défaites, de recommencements, tout, sans fin, étant remis en cause. Le développement de la vie monastique (Bénédictins, Cisterciens) aboutit à une colonisation matérielle et spirituelle des campagnes (XI-XIIe siècles), puis, avec les Dominicains et les Franciscains, à une évangélisation véhémente des villes (XIIIe siècle).”
Fernand Braudel, A History of Civilizations
“L'Église a dû faire face constamment à cette déchristianisation régulière, monotone qui n'est souvent que vulgaire décivilisation.”
Fernand Braudel, A History of Civilizations
“La révolution socialiste a commencé, par accident, dans un grand pays le moins industrialisé de l'Europe d'alors. Du coup, il était impossible que la révolution s'y déroulât suivant le schéma marxiste de la prise du pouvoir par le prolétariat. Lénine le déclarait en substance en 1921: 'Nous nous sommes trompés. Nous avons agi comme si l'on pouvait construire le socialisme dans un pays où le capitalisme n'existait presque pas. Avant de vouloir réaliser la société socialiste, il faut reconstruire le capitalisme'. À partir de 1928-1929, Staline se ralliait à l'industrialisation qui fut dès alors entreprise par les moyens du bord, avec les difficultés et, finalement, les succès grandioses que l'on sait.”
Fernand Braudel, A History of Civilizations
“Il ne s'agit pas ici de faire le procès, encore moins l'éloge de la colonisation européenne de l'Afrique, mais simplement de marquer que cette colonisation comporte, comme presque tous les phénomènes qui résultent des chocs de civilisation, un actif et un passif culturels. Ce n'est pas prendre la défense de la colonisation, de ses laideurs, voire de ses atrocités ou de ses indéniables bouffonneries (achat de vastes territoires contre quelques rouleaux d'étoffe ou un peu d'alcool), que d'admettre que le choc en a été souvent décisif et même finalement bénéfique pour les structures sociales, économiques et culturelles des peuples noirs colonisés. En fait, ç'a été, au lendemain de l'acte final du Congrès de Berlin (1885), la dernière très grande aventure de l'expansion européenne. Et si cette mise sous tutelle tardive a été de brève durée (moins d'un siècle), la rencontre s'est faite à vive allure, alors que l'Europe et l'économie mondiale se trouvaient en plein essor. C'est une société industrielle adulte, exigeante, disposant de moyens modernes d'action et de communication, qui a heurté et investi le monde noir. Et celui-ci est réceptif, plus mobile que les ethnographes ne le supposaient hier encore, capable de saisir des objets et des formes que l'Occident lui propose et, surtout, de les réinterpréter, de les charger de sens nouveau, de les lier, chaque fois que la chose est possible, aux impératifs de sa culture traditionnelle. [...] En parlant d'un certain actif de la colonisation, nous ne pensons pas à ces biens purement matériels, routes, voies ferrées, ports, barrages, à ces mises en marche d'exploitations du sol et du sous-sol que les colonisateurs ont installés dans des buts hautement intéressés. Ce legs, aussi important qu'il paraisse parfois, serait de peu d'utilité et éminemment périssable si les héritiers n'avaient aussi acquis, au cours de la pénible épreuve de la colonisation, de quoi leur en permettre aujourd'hui l’utilisation rationnelle. L'enseignement, un certain niveau de la technique, de l'hygiène, de la médecine, de l'administration publique, sont les meilleurs biens légués par les colonisateurs, la contrepartie positive aux destructions opérées par le contact européen dans les vielles habitudes tribales, familiales, sociales, sur lesquelles reposaient toute l'organisation et toute la culture.”
Fernand Braudel, A History of Civilizations
“L'industrialisation serait l'élément décisif, le moteur. Ce qui revient à expliquer une évidente spécificité occidentale - la science - par une non moins évidente spécificité occidentale - l'industrialisation. Ces deux originalités se feraient écho; en tout cas, elles s'accompagnent. La Chine a possédé très tôt, beaucoup plus tôt que l'Occident, une science, une ébauche de science, assez fine et poussée. Mais pour franchir l'étape décisive, elle n'a pas connu cet élan économique qui a soulevé l'Europe, cette tension "capitaliste" qui, en fin de course ou à mi-course, lui a permis de franchit l'obstacle.”
Fernand Braudel, A History of Civilizations
“Le Tiers-Monde est le nom par lequel nous appelons, par pudeur, cet enfer, ou ce purgatoire des hommes vivants.”
Fernand Braudel, A History of Civilizations
“Le capitalisme, un certain capitalisme, existe depuis toujours, voir dès l'antique Babylone qui a connu des banquiers, des marchands engagés dans des affaires lointaines, et tous les instruments de crédit: lettre de change, billet à ordre, chèque... En ce sens, l'histoire du capitalisme va 'd'Hammourabi à Rockefeller'.”
Fernand Braudel, A History of Civilizations
“Le mérite de l'Occident est d'avoir cherché avec véhémence une riposte sociale, humaine, assez efficace et valable, aux duretés multiples de l'industrialisation. Il a fabriqué un humanisme social.”
Fernand Braudel, A History of Civilizations
“L'Europe s'est engagé dans un même destin d'ensemble par sa religion, sa pensée rationaliste, l'évolution de la science et de la technique, son goût de la révolution et de l'équité sociale, ses réussites impériales. Les diversités nationales sous-jacentes ne sont pas la négation de la réalité de l'Europe. Quelques livres ont regardé de trop près les carreaux d'une mosaïque, qui, vue de haut, révèle de nets dessins d'ensemble. Pourquoi faudrait-il choisir, une fois pour toutes, entre l'ensemble et le détail? Les deux vérités ne s'excluent pas.”
Fernand Braudel, A History of Civilizations
“Nous entendons par unités brillantes, les rencontres, les unissons qui donnent à la civilisation européenne, sur le plan le plus élevé de la culture, du goût et de l'esprit, une allure fraternelle, presque uniforme, comme si elle était envahie par une seule et même lumière.”
Fernand Braudel, A History of Civilizations
“Toute forme artistique, en Europe, dépasse les limites de sa patrie originelle, que celle-ci soit la Catalogne (peut-être centre de dispersion d'un premier art roman), l’Île-de-France, la Lombardie, la Florence du Quattrocento, la Venise du Titien ou le Paris de l’impressionnisme.”
Fernand Braudel, A History of Civilizations
“L'Europe est depuis longtemps saisie dans les mailles d'une économie unitaire; à chaque époque, sa vie matérielle tourne autour de centres autoritaires, privilégiés. Durant les derniers siècles du Moyen Âge, tout conflue à Venise, tout en repart. Avec les débuts de l'Âge moderne, le centre de gravité se situe un instant à Lisbonne, puis à Séville, ou mieux oscille entre cette dernière ville et Anvers, jusqu'au dernier quart du XVI siècle. Ensuite, avec les débuts du XVII, s'instaurent les suprématies marchandes d'Amsterdam, jusqu'aux premières années du XVIII, puis celles de Londres qui dureront jusqu'en 1914, même jusqu'en 1939. Il a toujours eu un orchestre et un chef d'orchestre.”
Fernand Braudel, A History of Civilizations
“La nature sud-américaine a fabriqué, elle fabrique encore des hommes admirables, pauvres, dur à la peine: le gaucho de la pampa, le caboclo brésilien, le paysan mexicain, le peón (peão). (...) Le misérable isolé du monde par la nature, l'espace, ou sa seule misère, reste toujours le héros littéraire par excellence.”
Fernand Braudel, A History of Civilizations
“La Corée a été victime de sa singulière position stratégique, entre l'archipel japonais, la Mandchourie, la Sibérie et la Chine. Elle est l'exemple des dangers qui menacent les petits États au voisinage des grands qui se croient tout permis à leur endroit, aujourd'hui comme hier. Elle a comme l'Italie le malheur d'être un chemin naturel.”
Fernand Braudel, A History of Civilizations
“Soutenir que l'Islam naît en quelques années, avec Mahomet, est très exact, en même temps inexact, peu compréhensible. La Chrétienté, elle aussi, est née avec et bien avant le Christ. Sans Mahomet et sans le Christ, il n'y aurait eu ni Chrétienté ni Islam; cependant ces religions nouvelles ont, chaque fois, saisi le corps de civilisations déjà en place. Chaque fois, elles en furent l'âme: dès le départ, elles eurent l'avantage de prendre en charge un riche héritage, un passé, tout un présent, déjà un avenir.”
Fernand Braudel, A History of Civilizations
“La civilisation musulmane, comme l'occidentale, est une civilisation dérivée, du second degré, pour reprendre la terminologie d'Alfred Weber. Elle ne s'est pas édifiée à partir d'une table rase, mais sur le tuf de cette civilisation bigarrée et très vivante qui l'a précédée dans le Proche-Orient.”
Fernand Braudel, A History of Civilizations
“Une civilisation 'seconde': comme le christianisme a hérité de l'Empire romain qu'il prolonge, l'Islam se saisira, à ses débuts, du Proche-Orient, l'un des plus vieux, peut-être le plus vieux carrefour d'hommes et de peuples civilisés qui soit au monde.”
Fernand Braudel, A History of Civilizations
“Le petit peuple gréco-macédonien a colonisé le Proche-Orient, ce vaste morceau d'Asie, comme l'Europe, plus tard, colonisera l'Afrique, lui imposant sa langue, son administration. La conquête romaine s'est étendue, elle aussi, à l'Asie Mineure, à la Syrie, à l'Égypte, sans interrompre cette ère coloniale gréco-macédonienne: derrière la façade romaine, la civilisation grecque reste en place et redevient dominante à la chute de l'Empire romain, au Ve siècle, quand Byzance prend la relève - Byzance, soit encore la civilisation grecque.”
Fernand Braudel, A History of Civilizations
“L'Islam, durant le printemps de son expansion, ne fait que rendre vie à l'antique civilisation orientale (...). Il s'agit là d'une civilisation solide e édifiée sur des régions fort riches, auprès desquelles l'Arabie fait très pauvre figure.”
Fernand Braudel, A History of Civilizations
“Les Arabes ne triomphent pas en Asie Mineure, au VIIe siècle, parce que leurs chameaux ne peuvent résister aux froids vifs des plateaux de l'actuelle Anatolie. Le Sahara, lui, est le prolongement du désert d'Arabie.”
Fernand Braudel, A History of Civilizations
“Les régions de l'Islam s'étendent depuis le Maroc et le Sahara atlantique jusqu'à la Chine et à l'Insulinde, de 'Dakar à Djakarta'.”
Fernand Braudel, A History of Civilizations
“C'est en Méditerranée que s'est joué le sort maritime, mondial de l'Islam. Là, il aura gagné, désespérément combattu et, finalement, perdu.”
Fernand Braudel, A History of Civilizations
“L'Islam du XIVe siècle abonde en déracinés de ce genre - comme les compatriotes de Ceuta que Ibn Batouta rencontre en Chine - que l'hospitalité musulmane (pareille à l'hospitalité russe) accueille sans défaillance, de l'Atlantique au Pacifique.”
Fernand Braudel, A History of Civilizations
“L'apogée, la splendeur de l'Islam se situent entre VIIIème et XIIème siècles. Mais la perte très dangereuse de vitesse n'a guère commencé pour lui qu'avec le XVIIIème siècle, c'est-à-dire, à l'échelle lente des civilisations.”
Fernand Braudel, A History of Civilizations

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